Renouer avec le passé

Une partie de l’exposition à la galerie SBC
Photo: SBC Une partie de l’exposition à la galerie SBC

Les coïncidences de programmation font parfois bien les choses. Alors que la Galerie de l'UQAM présente les travaux des Guerrilla Girls et leurs revendications féministes, la galerie SBC tient de son côté une exposition collective aussi portée par un thème féministe. Art contemporain et féminisme sont rarement ainsi mis de l'avant.

À titre d'exemple récent, au Québec, mentionnons Beyond Feminism, une exposition de groupe présentée en 2006 à la Parisian Laundry qui explorait le thème de l'iconographie féminine. Malgré le désir d'actualiser les approches, l'exposition décevait.

À la galerie SBC, les commissaires Leisure Projects, collectif composé des artistes Meredith Carruthers et Susannah Wesley, ont d'abord été inspirées par le passé.

Trentenaires, tout comme les quatre artistes retenues pour l'exposition, les commissaires ont voulu mesurer l'héritage laissé par les artistes femmes des années 1970-1980, legs dont elles ont pris connaissance à travers les catalogues de deux expositions qui ont marqué l'histoire du féminisme au Québec: Art-femme 75 (1975) et Art et féminisme (1982).

Le bien-fondé de cette reconnaissance est indéniable. Cependant, l'exposition, qui ne prétend pas avoir l'envergure des exemples cités, n'offre pas un aperçu stimulant sur l'actualité des enjeux féministes que plusieurs rattachent d'ailleurs à une troisième vague. Les oeuvres réunies, que ce soit le montage vidéo d'Aleesa Cohene, les photomontages de Lucie Stahl, l'installation de Lili Reynaud-Dewar ou la sculpture en feutre suspendue de Luanne Martineau — dont on s'attend d'avoir un meilleur aperçu au Musée d'art contemporain de Montréal cet hiver — participeraient plutôt d'un certain retour aux sources. L'hommage prend le pas sur la prospection.

En complément à cette exposition, les commissaires ont programmé quatre «salons» de discussion pour réunir les générations féministes, pratique trop peu fréquente selon elles. Il faut saluer cette initiative, qui mettra à l'honneur en janvier la réputée théoricienne Amelia Jones (salon complet) et un après-midi de projection de films ayant pour thème les femmes et le cinéma d'avant-garde (le 14 janvier à Concordia).

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Collaboratrice du Devoir


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