«Je crois en cette institution»

Avec son sourire contagieux et sa feuille de route chargée d'expositions internationales, la nouvelle conservatrice en chef du Musée d'art contemporain de Montréal (MACM) a tout ce qu'il faut pour sortir cette institution du marasme. Mais Marie Fraser ne se voit pas en super-héroïne.

«Je ne suis pas une bouée de sauvetage, dit-elle d'emblée. J'ai accepté parce que j'ai pleinement confiance dans la direction actuelle. Je crois en cette institution et en son potentiel pour jouer le rôle qui lui revient.»

Autrement dit, elle marque ses distances avec la grogne entendue ces derniers mois. Marie Fraser n'a ni signé la lettre des contestataires ni assisté à la «Journée d'étude» de cet automne. Membre du comité de programmation depuis peu, la nouvelle conservatrice en chef semble pourtant faire l'unanimité.

«Je me sens acclamée. Mes collègues de l'UQAM ont été les premiers à me féliciter, même un en particulier [Laurier Lacroix, instigateur de la fronde]. Il m'a semblé sensible et rassuré.»

À titre de commissaire indépendante, Marie Fraser a monté deux expositions pour le Musée national des beaux-arts du Québec (Le Ludique, Raconte-moi), en collaboration avec des institutions européennes. Les commissaires indépendantes et les expositions internationales, deux réalités qu'elle compte introduire au MACM.

«C'est un rêve que de poursuivre des collaborations à l'international. C'est une de mes priorités», dit celle qui voit en la mondialisation de la scène artistique un beau problème. «Le rôle et le mandat d'un musée d'État sont complexes. Mais on doit s'assurer que le MAC participe à la vitalité de l'art québécois sur la scène internationale.»

Au sujet des commissaires indépendants, elle assure y être «plus que favorable». «Les commissaires indépendants, je le sais pour l'avoir vécu, ont un effet positif sur les équipes en place. À partir de Ludique, le MNBAQ a pris un virage dans sa présentation de l'art contemporain.»

Quant à la recherche, autre point faible du musée souvent décrié, elle la voit comme un élément de base à ce qu'elle appelle «le développement d'idées». Elle gardera d'ailleurs une attache avec l'UQAM et compte tisser des liens entre ses activités universitaires et muséales.

Marie Fraser, qui n'occupera ses fonctions à temps plein qu'en juin, croit que ses premières marques transparaîtront dans la mise en place de la programmation «très excitante» déjà déterminée pour les prochaines années. La deuxième Triennale québécoise, repoussée à l'automne 2011, «sera la première grande manifestation à laquelle je participerai».

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