Le Musée des beaux-arts du Canada veut relancer le projet du silo no. 5

L’idée de créer un grand musée d’art moderne dans le silo no 5 avait été poussée par M. Mayer alors qu’il était aux commandes du Musée d’art contemporain.
Photo: Jacques Nadeau L’idée de créer un grand musée d’art moderne dans le silo no 5 avait été poussée par M. Mayer alors qu’il était aux commandes du Musée d’art contemporain.

Si ce n'est depuis Montréal, c'est depuis Ottawa que le nouveau directeur du Musée des beaux-arts du Canada, Marc Mayer, entend mener à bien le projet de créer un grand musée d'art moderne dans le silo no. 5. Maintenant aux commandes d'une institution fédérale, il espère jouir d'une voie rapide pour relancer le projet de transformation des élévateurs à grains situés dans le Vieux-Port.

Celui qui vient d'arriver à la tête du MBAC a même rencontré le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, pour le mettre au parfum de ce projet culturel et immobilier d'environ 100 millions, qui était dans les cartons du Musée d'art contemporain de Montréal depuis 2005.

«J'en ai parlé au ministre Moore, qui s'est montré très intéressé. Son assistant a pris beaucoup de notes», a indiqué hier M. Mayer, qui était de passage à Montréal pour dévoiler la programmation du MBAC pour les prochains mois.

L'idée de créer un grand musée d'art moderne dans le silo no. 5 avait été poussée par M. Mayer alors qu'il était aux commandes du Musée d'art contemporain (MAC). Trop à l'étroit dans ses quartiers généraux du centre-ville, le MAC espère depuis 2005 déployer dans le Vieux-Port une partie de sa collection d'art moderne témoignant de la naissance de l'art abstrait.

L'administration portuaire avait d'ailleurs retenu pour étude trois propositions, dont celle du MAC en décembre 2005, pour revaloriser les monstres de béton laissés à l'abandon depuis 1994. «Ça demeure un rêve pour moi. Je continue donc de pousser le dossier même si je sais que ça peut prendre des années», a indiqué Marc Mayer, qui affirme que le projet est toujours à l'état embryonnaire.

Par ailleurs, ce dernier juge que les négociations pour y arriver pourraient être simplifiées maintenant que les interlocuteurs dans le dossier, dont le MBAC, seront bientôt rattachés au même ordre de gouvernement. Le Port de Montréal doit en effet transférer les terrains des élévateurs à grains à la Société immobilière du Canada, qui décidera de leur vocation future.

«J'aimerais commencer à planifier un vrai musée. Ça emballe beaucoup de gens. C'est un site extraordinaire qui rappelle la richesse du Canada et le rôle historique qu'a joué la métropole dans le commerce du grain», a-t-il ajouté hier.

Cela dit, Marc Mayer affirme ne pas vouloir mettre en échec l'idée caressée à l'époque par son ancien employeur, et croit plutôt que son projet pourrait intéresser plusieurs institutions muséales. «C'est vrai qu'il s'agit d'un site fédéral et que les voix de communication sont plus faciles. Mais rien n'empêche un partenariat entre plusieurs musées, dont le MAC qui a la plus importante collection d'art contemporain à Montréal et le Musée des beaux-arts de Montréal», dit-il.

Selon M. Mayer, Montréal aurait ainsi le potentiel de devenir la capitale incontestée des arts visuels aux Canada et de se positionner ainsi entre New York et Londres, paradis de l'art contemporain.

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