Arts visuels - Le MAP prend le large

Le Mouvement art public (MAP), qui expose dans les espaces publicitaires non vendus des abribus et des couloirs de métro, vient de concrétiser ses projets d'expansion internationale. Avec succès, si l'on se fie à la réaction suscitée au Mexique.

Le groupe, dirigé par l'artiste montréalais Manuel Bujold, tenait conférence de presse une semaine avant Noël, marquant ainsi le coup d'envoi d'une aventure en 2000 affiches destinées aux abribus, boîtes aux lettres et autres pièces de mobilier urbain. À Mexico et dans 13 autres villes du pays.

«L'exposition de photos Si se puede / Try Harder n'a ni projecteurs ni cadres en bois, pas plus qu'elle n'est protégée d'alarmes ou de la présence de policiers [...]», commente le journaliste de l'El Universal, un des grands quotidiens de la capitale. Un constat qui semble être appuyé par un des titres d'un autre prestigieux journal, La Jornada. «Un effort de démocratisation de l'espace public», lit-on dans l'édition du 17 décembre.

Premières pages des cahiers culturels, grandes photos (El Universal en reproduit même trois), reportages télé et Web, la presse nationale semble enthousiaste à l'égard de l'initiative du MAP. Joint par courriel, Manuel Bujold était étonné de l'ampleur de cette attention médiatique.

«Je n'avais aucune attente, reconnaît-il, je suis venu seulement parce que j'en ai eu la possibilité. La réponse du Mexique est claire, il y a toujours eu une présence, une histoire d'art public. La réaction, je crois, vient un peu de ce que les artistes ont créé comme dialogue avec les habitants de Mexico.»

L'exposition mexicaine du MAP, qui comprend douze artistes (dont deux Mexicaines et les Québécois Carlos et Jason Sanchez), est essentiellement celle présentée à Montréal. Elle a été possible grâce à l'appui financier et au coup de main de la délégation générale du Québec à Mexico, dont l'attaché culturel (Dominique Decorme) assistait à la conférence de presse. Mais aussi par le travail d'une codirectrice mexicaine, Naomi Palovits. Une exposition plus mexicaine suivra dans trois mois, dans laquelle Manuel Bujold souhaite intégrer des artistes québécois, afin de poursuivre «un échange culturel».

«Le travail sera fait par quelqu'un qui connaît le Mexique et ses artistes, dit-il. Il en fera une vraie intégration d'art dans l'espace public. On n'aura plus besoin de mettre le gros logo MAP, puisque les gens sauront d'où vient cet effort. C'est ce que j'ai toujours voulu faire à Montréal, sans en avoir encore eu la possibilité.»

Le Mouvement art public ne s'arrêtera pas aux frontières mexicaines. La firme Eumex, qui a la charge des abribus mexicains, propose d'investir le mobilier urbain de sept autres pays. Mais les appels viennent aussi d'ailleurs. «Nous avons été invités par les consulats du Venezuela et de la Colombie, en pleine conférence de presse», confie Manuel Bujold.

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Collaborateur du Devoir

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