Marc Mayer remplacera Pierre Théberge au Musée des beaux-arts du Canada

L'actuel directeur du Musée d'art contemporain de Montréal (MACM) remplacera Pierre Théberge à la tête du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), selon les informations obtenues par Le Devoir.

M. Mayer est en poste à Montréal depuis à peine quatre ans. Pierre Théberge a annoncé en janvier dernier qu'il quitterait ses fonctions à la fin de 2008. L'arrivée de M. Mayer met fin à une douloureuse course à la succession pour piloter le navire amiral de la flotte muséale canadienne. Bon an mal an, environ 400 000 personnes le fréquentent et son budget voisine les 60 millions.

Le nouveau ministre du Patrimoine canadien, James Moore, duquel relève le MBAC, doit annoncer le choix du nouveau directeur d'ici quelques jours. Une alternance «linguistique» informelle guide habituellement la promotion à la tête de cette institution canadienne, comme quand il s'agit de choisir un président pour la Société Radio Canada. Marc Mayer est d'origine franco-ontarienne et a été éduqué à Montréal. Il est aussi à l'aise en anglais qu'en français. Il possède la double nationalité canadienne et américaine.

Sa nomination pourrait apaiser l'institution canadienne. Cet été, le directeur du MBAC, Pierre Théberge, a cherché à licencier le conservateur David Franklin, qui menait une campagne pour lui succéder. Un accord a finalement permis au muséologue de conserver son poste. M. Franklin aurait notamment mis en doute la capacité de son patron à continuer son travail en raison de son état de santé. Pierre Théberge souffre de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années.

Ce directeur doublé d'un grand communicateur a contribué de manière exceptionnelle à la grande mutation de la muséologie québécoise et canadienne au cours des dernières décennies. Historien de l'art, spécialiste de Paul-Émile Borduas, il a complètement transformé le Musée des beaux-arts de Montréal en le pilotant de 1986 à 1997. M. Théberge a alors programmé la présentation d'expositions telles que Pablo Picasso. Rencontre à Montréal et Miró à Montréal. La rétrospective consacrée à Jean-Paul Riopelle en 1991 fut présentée dans le nouveau bâtiment du musée, rue Sherbrooke Ouest.

L'éminent directeur a continué à Ottawa d'exploiter cette veine des grandes expositions thématiques et populaires. Le MBAC vient par exemple de présenter cet été Les Années 1930 - La fabrique de l'«homme nouveau», sur l'art au temps des régimes totalitaires.

En prenant la tête du MACM en 2004, Marc Mayer lui-même a remplacé un autre personnage important de la muséologie québécoise, l'abbé Marcel Brisebois, resté en poste pendant plus de 20 ans. Originaire de Sudbury en Ontario, diplômé de l'université McGill, il a occupé différentes fonctions à New York et à Paris, avant de diriger la Power Plant Contemporary Art Gallery à Toronto (1998-2001) et d'agir comme directeur adjoint au Brooklyn Museum (2001-2004).

Sous sa gouverne, le musée montréalais a multiplié les expositions consacrées à des artistes québécois ou canadiens (Pascal Grandmaison, Yannick Pouliot, Rodney Graham, Brian Jungen) avec un point d'orgue international particulièrement frappant, l'exposition Anselm Kiefer: ciel et terre, présentée en 2006. Par contre, Marc Mayer a échoué dans sa tentative d'agrandir les espaces d'exposition du MACM. L'institution est à l'étroit dans son immeuble postmoderne, sur le site de la Place des Arts. Le directeur souhaitait occuper une partie du Silo No 5 dans le Vieux-Montréal, notamment avec des oeuvres modernes et contemporaines du pays. Mais le projet n'a jamais décollé.
1 commentaire
  • Lara Ariane - Inscrite 17 décembre 2008 10 h 01

    Légèreté

    Un conservateur n'est pas un muséologue....