Art contemporain - Tim Lee reçoit le prix Sobey

Le prix Sobey 2008, cinquième du genre à être accordé par le groupe d'épiciers à un artiste de moins de 40 ans, a été attribué hier soir à Toronto à Tim Lee, de Vancouver. Un honneur de 50 000 $ bien sonnants, qui récompense cette fois un vidéaste et photographe bien habile dans sa manière de repenser le cadre habituel des images.

Récompense pancanadienne, le prix Sobey est devenu un événement attendu. Son gros lot, si rare en art contemporain, mais aussi son processus (cinq finalistes, chacun représentant une région du pays), en fait notre Turner Price (le prix récompensant un artiste britannique).

En choisissant Tim Lee, de la côte ouest, le jury a voulu souligner une démarche liant art conceptuel et formalisme, une signature dotée d'un grand «impact visuel». «Son travail, lit-on dans le communiqué diffusé hier par la Sobey Art Foundation, est une méditation sur la vision et ses incertitudes, sur la nature instable de l'identité.»

C'est la deuxième fois qu'un artiste de la Colombie-Britannique sort primé, après Brian Jungen en 2002. L'art du Québec a aussi été honoré deux fois, dont l'année dernière avec Michel de Broin. Ce qui laissait sans doute peu de chances cette fois à la finaliste québécoise Raphaëlle de Groot.

«Je ne me sens pas défavorisée, a-t-elle dit, 24 heures avant l'annonce du lauréat. Au contraire, c'est positif que je me retrouve finaliste. [Les gens de la fondation] ont été très clairs. Le prix est un lieu de discussion sur l'art, pour susciter les débats. Ce n'est pas un profil de carrière qu'ils reconnaissent, mais une démarche. Et je suis persuadée qu'à cette étape, ils oublient [notre] provenance.»

Les autres candidats malheureux, dont chacun repart néanmoins avec 5000 $, étaient Daniel Barrow (Prairies et Nord), Terence Koh (Ontario) et Mario Doucette (Maritimes).

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Collaborateur du Devoir