En bref - Entre le Kosovo et le Mexique

À 91 ans, Fernand Leduc (signataire de Refus global, Prix Borduas en 1988) expose encore. Deux fois plutôt qu'une, en ce mois de mai.

À la galerie Graff (963, rue Rachel Est), il présente une production toute récente, exécutée l'an dernier au Mexique. Les deux corpus, Série Mexicana et Ciels d'hiver à Chapala, signifient presque un retour vers une gestuelle plus prononcée, des couleurs plus lumineuses et une ligne d'horizon presque perceptible. Tout un contraste avec l'autre exposition, chez Roger Bellemare (372, rue Sainte-Catherine Ouest). Le galeriste du Belgo présente sous le titre Kosovo, dévoile même, un travail de 1999 jamais montré, fait à la lumière très sombre de la guerre. Beaucoup plus proche de sa touche formaliste et monochrome, de ses Microchromies des années 1970, exercices de lumière uniques en leur genre, les grands tableaux Viol de nuit et les petits formats Nuits éclatées nous plongent dans une envolée hautement dramatique. Qui dit qu'art abstrait ne rime pas avec émotion? Revenu d'un long séjour européen en 2006, Fernand Leduc n'arrête pas depuis de faire parler de lui. La rétrospective méritée (Musée national des beaux-arts du Québec), un dernier honneur (Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2007) et puis ces deux expos presque inattendues. Peintre jusqu'à la fin. Les expos se poursuivent jusqu'au 24 mai (Graff) et au 31 mai (Roger Bellemare).