Le Musée des beaux-arts de Montréal inaugurera un nouveau pavillon en 2010

Un nouveau pavillon du Musée des beaux-arts de Montréal verra le jour dans deux ans, grâce à l'apport des gouvernements canadien et québécois, mais aussi du secteur privé, dont un don de la famille Bourgie.

L'implication financière de cette famille de mécènes, qui s'était d'abord fait connaître dans les services funéraires, est d'une telle importance que le nouveau pavillon portera le nom de «Claire et Marc Bourgie».

Le musée réalise donc le projet sur lequel il travaillait depuis des années, qui consiste à devenir propriétaire de l'église Erskine & American, située tout à côté de son plus ancien pavillon, rue Sherbrooke Ouest, versant nord.

Le projet d'agrandissement s'élève à 40 millions de dollars. Ottawa et Québec contribuent chacun 13 millions, pour un total de 26 millions, et le musée a rassemblé 14 millions du secteur privé. En fait, 12 millions sont confirmés et il reste encore deux millions à trouver, mais, selon le président du conseil du musée, Bernard Lamarre, «c'est à peu près conclu et je sais où aller les chercher».

Ni la famille Bourgie ni le musée n'ont voulu révéler le montant versé par la famille, qui s'élève vraisemblablement à plusieurs millions.

L'annonce d'hier a été faite par le ministre des Travaux publics du Canada, Michael Fortier, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le député provincial du comté, Jacques Chagnon, en plus de M. Lamarre.

Les travaux doivent commencer début 2008, et le pavillon Bourgie devrait ouvrir ses portes en 2010, à temps pour le 150e anniversaire du Musée des beaux-arts de Montréal.

L'art canadien et québécois

Le nouveau pavillon sera entièrement consacré à l'art canadien et québécois, «de la Nouvelle-France au Refus global», selon une porte-parole du musée. Il permettra de doubler la surface actuelle consacrée à l'art canadien. «On trouve actuellement dans les coffres du musée des oeuvres formidables, explique Michael Fortier, du Groupe des Sept, de Riopelle, de Borduas, de Pellan, et c'était presque un crime culturel de ne pas les exposer.»

Le manque de place au musée devenait de plus en plus criant ces dernières années. Le projet de 40 millions permet donc au musée d'acquérir l'église Erskine & American, une oeuvre d'art en soi, qui date de 1894 et dont les vitraux Tiffany sont uniques au monde. L'entrée de l'église servirait pour les expositions temporaires et les concerts; derrière, on construira un nouvel édifice de cinq étages, avec un corridor souterrain le reliant au pavillon voisin.

L'Office de consultation de Montréal avait recommandé cet été d'apporter quelques modifications au concept architectural retenu, pour mieux l'harmoniser avec l'église. Hier, Bernard Lamarre affirmait en avoir tenu compte, en diminuant légèrement la hauteur du nouveau pavillon.

Nouveauté importante: l'accès à ce nouveau pavillon sera gratuit.

Le projet est financé grâce au ministère de la Culture et des Communications du Québec et au programme d'infrastructures du gouvernement canadien, mais il est clair que l'implication du secteur privé était essentielle. «La condition principale, explique Bernard Lamarre, c'était que le coût de fonctionnement du nouveau pavillon soit pris en charge par le privé.»

Le Musée des beaux-arts a donc créé un fonds de financement de 14 millions, dont les revenus permettront d'assumer en totalité les coûts de fonctionnement du pavillon.

Le ministre Fortier a d'ailleurs encouragé «d'autres familles à suivre le leadership de la famille Bourgie».