La dispute autour de La Joute se poursuit

La lutte s'organise autour de la sculpture La Joute de Jean-Paul Riopelle. Pendant que des proches et des personnalités du monde culturel écrivent à la ministre de la Culture pour appuyer le transfert de l'oeuvre au centre-ville de Montréal, le «Comité SOS La Joute dans Hochelaga-Maisonneuve» demande l'intervention du premier ministre Bernard Landry pour bloquer le déménagement.

«Nous appuyons le projet de mise en valeur de La Joute», écrivent ainsi 11 personnalités à la ministre Diane Lemieux dans une lettre datée du 14 mai et signée par Phyllis Lambert, fondatrice du Centre canadien d'architecture, Yseult Riopelle, fille de l'artiste, et Huguette Vachon, sa dernière compagne. La démarche est soutenue par l'artiste Michel Goulet, l'auteur et animatrice Denise Bombardier et l'urbaniste Claude Marsan.


Le Comité SOS, qui s'oppose au transfert, compte aussi sur des appuis de poids, dont ceux des artistes Madeleine Arbour, Pierre Gauvreau, Gilles Vigneault et Guido Molinari. Une conférence de presse est convoquée aujourd'hui à midi autour de la sculpture «pour dire non à ce déménagement insensé qui dénature l'oeuvre», selon le communiqué.


L'oeuvre de Riopelle appartient au Musée d'art contemporain de Montréal, une société d'État. Elle croupit sur le site du Parc olympique depuis plus de 25 ans. Elle devrait être restaurée et déplacée autour du Palais des congrès au cours des prochains mois. Le Quartier international travaille au transfert depuis plus de deux ans. Riopelle est décédé l'hiver dernier.


«Le projet de mise en valeur de La Joute compte sur l'appui enthousiaste des proches et de la famille de Riopelle», écrivent les signataires de la lettre à la ministre, dont Le Devoir a obtenu copie. «Ceux-ci ont été associés à l'ensemble de la démarche. Qui plus est, Riopelle, par l'entremise de ses représentants, a signifié clairement son accord au projet de mise en valeur [...]. De même, tous les intervenants institutionnels et gouvernementaux concernés ont été associés à la démarche et ont participé activement à la réalisation du projet.»