Paris - Une exposition fait revivre les grandes heures du quartier Montparnasse

Paris — Modigliani, Picasso, Soutine, Man Ray... Ils se sont tous fréquentés dans le quartier de Montparnasse, à Paris. À travers une exposition agrémentée par la diffusion de documentaires de Jean-Marie Drot, le musée du Montparnasse se fait l'écho de leurs aventures.

À partir de 1910, les ateliers deviennent moins chers à Montparnasse qu'à Montmartre, où une spéculation immobilière fait des ravages. Les artistes chassés de la butte investissent alors la Ruche, cité d'artistes disposant d'une centaine d'ateliers, ainsi que d'autres lieux du quartier. Picasso sera l'un des premiers à venir y installer son atelier, en 1911.

En 1925, Montparnasse vit son apogée. La plupart des pauvres artistes d'avant-guerre ont été rattrapés par le succès. Et les aventures de Franco Modigliani, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau, Moïse Kisling, Chaïm Soutine, Pablo Picasso, Tsuguharu Foujita ou Kiki resteront gravées dans la mémoire du quartier.

C'est pour leur rendre hommage que le musée du Montparnasse réalise un retour aux sources avec sa dernière exposition, «Les Heures chaudes de Montparnasse». Situé dans l'ancien atelier de Marie Vassilieff, qui y organisait des banquets avec ses amis artistes, l'établissement, niché dans une allée verdoyante, est le lieu idéal pour un tel retour en arrière.

Une fois franchie l'entrée du Chemin de Montparnasse, le visiteur se retrouve totalement coupé de la bruyante circulation parisienne. À l'intérieur du vieil atelier, l'exposition a été mise sur pied par le réalisateur Jean-Marie Drot, sur la base de 14 documentaires dans lesquels il avait recueilli, dans les années 60 puis 80, les confidences de dizaines d'artistes, comme Cocteau, Alberto Giacometti, Jacques Prévert, Apollinaire ou Joseph Kessel.

Ces documentaires sont diffusés sur trois écrans installés au rez-de-chaussée et à l'étage du musée, apportant un éclairage original sur les 58 tableaux présentés et les photos des archives de Jean-Marie Drot. De Marc Chagall à Man Ray, en passant par Modigliani, Foujita, Kisling, ou Giacometti, dont une sculpture étonnante est exposée, une multitude de styles peuvent être admirés.

C'est une «exposition documentaire», a expliqué hier Sylvie Buisson, commissaire de l'événement et spécialiste de Foujita.