Arts visuels - Abou Dhabi se dotera d'un ensemble de musées unique au monde

Abou Dhabi — Quatre musées de grand standing, dont un Guggenheim et sans doute une version locale du Louvre: Abou Dhabi, la paisible capitale des Émirats arabes unis, s'apprête à faire une entrée en force sur le marché du tourisme culturel.

Les autorités de l'émirat d'Abou Dhabi, le plus riche des sept formant la fédération des Émirats arabes unis, ont décidé de construire sur l'île de Saadiyat (l'«île du Bonheur»), une réserve naturelle de 27 km2 située à 500 mètres de la côte, un complexe touristique de grand luxe unique au monde puisqu'il comprendra un «district culturel» qui abritera ces quatre musées, ainsi qu'un centre de spectacles.

Maquettes et plans à l'appui, ce projet colossal devait être officiellement présenté hier à Abou Dhabi lors d'une cérémonie présidée par le prince héritier de l'émirat, cheikh Mohammad ben Zayed al-Nahyane, en présence de «quatre des architectes les plus célèbres du monde», selon le promoteur du projet, la Compagnie pour l'investissement et le développement touristique (TDIC), une entreprise contrôlée par l'émirat.

Déjà créateur du Guggenheim de Bilbao (Espagne), l'architecte américain Frank Gehry, qui a été choisi pour concevoir le «Guggenheim Abu Dhabi» (GAD), sera une de ces quatre sommités de l'architecture mondiale, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la TDIC, Bassam Terkawi.

Musée d'art contemporain, le GAD aura une superficie de 30 000 m2, ce qui en fera le plus grand de tous les musées de la Fondation Guggenheim, qui en compte cinq à l'heure actuelle (New York, Berlin, Bilbao, Las Vegas et Venise). La construction doit durer cinq ans, selon l'accord annoncé en juillet dernier entre l'émirat et la fondation.

Un deuxième musée, d'art classique celui-là, devrait porter le label du Louvre, le prestigieux musée parisien, si les négociations entre les deux parties, très avancées, aboutissent.

Ce projet a suscité une levée de boucliers dans les milieux de l'art en France, où des voix se sont élevées pour dire que les musées français «ne sont pas à vendre». «Les discussions se poursuivent toujours», s'est borné à dire à l'AFP M. Terkawi alors que, selon des informations de presse, l'émirat pourrait s'adresser à d'autres grandes institutions, comme l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, en cas d'impasse.

Les deux autres musées prévus seront un musée d'art maritime, dédié à l'héritage et aux traditions maritimes de la région du Golfe, qui vivait de la mer avant la découverte du pétrole, et un musée national, qui exposera la culture des Émirats et la civilisation islamique et portera le nom de cheikh Zayed.

Le complexe touristique, qui doit être achevé d'ici 2018, aura 150 000 résidants.