RCAAQ - Un vingtième anniversaire

Il s'en passe des choses en 20 ans. Le Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ) a débuté modestement, avec 17 membres. Il en compte maintenant 60. D'année en année, le Regroupement s'est solidifié, a été engagé dans différentes luttes et a réorienté ses actions en fonction des nouvelles réalités de la société québécoise.

Un centre d'artistes autogéré est un organisme à but non lucratif formé et dirigé par un collectif d'artistes pour favoriser la recherche, la diffusion et la production d'oeuvres du domaine des arts visuels et des arts médiatiques.

Lorsque 17 centres d'artistes autogérés ont décidé de former le RCAAQ en 1986, c'était d'abord pour se doter d'une voix auprès des instances gouvernementales provinciales et municipales. «À ce moment-là, les centres d'artistes autogérés n'étaient aucunement représentés auprès du gouvernement du Québec et des autorités municipales. C'était important de le faire si nous voulions avoir davantage de soutien financier», explique l'un des membres fondateurs du RCAAQ et directeur général de l'organisme pendant 16 de ses 20 années d'existence, Bastien Gilbert.

Un réseau solide pour les artistes

Le RCAAQ ne se contente toutefois pas de prendre la défense des intérêts des centres d'artistes auprès des instances gouvernementales. Plusieurs services sont offerts aux membres, tels des ateliers de formation. «Dans les centres, les artistes sont aussi gestionnaires, alors ils doivent acquérir des connaissances dans le domaine de l'administration. Nous leur permettons d'apprendre à faire des demandes de bourses, à réaliser un portfolio, à gérer un conseil d'administration, à lire et à produire des états financiers, à envoyer des oeuvres à l'étranger, etc.», indique M. Bastien.

Le RCAAQ produit également le Répertoire des centres d'artistes autogérés du Québec. «C'est un outil indispensable pour les artistes qui souhaitent faire circuler leurs oeuvres puisqu'en plus de contenir une liste et une description de tous les centres d'artistes québécois, le Répertoire contient maintenant toutes les adresses privées, publiques ou gouvernementales qui diffusent de l'art au Canada. Il y en a près de 1000», précise le directeur général.

Le RCAAQ a également su prendre le virage technologique et en tirer profit. L'organisme est présent sur Internet depuis 1996 et en 2002, le site du RCAAQ est devenu un véritable portail d'information. Il comprend entre autres une version électronique de la description des centres d'artistes autogérés du Québec. «C'est très important puisque les centres d'artistes sont éparpillés dans presque toutes les régions de la province. Internet devient donc pour tous les membres un point de repère et de communication», soutient le membre du conseil d'administration du RCAAQ et coordonnateur du centre d'artistes Zocalo, Gilles Prince.

Regard vers l'avenir

Le RCAAQ est en constante évolution et ses administrateurs travaillent toujours à tenter de répondre davantage aux besoins des membres. Prochainement, le site Internet devrait être revu. «Déjà, le portail reçoit 20 000 visiteurs par mois et nous voulons maintenant le retravailler pour qu'il soit encore davantage axé sur les services offerts aux membres. Nous croyons qu'il sera ainsi possible de doubler la fréquentation du site», soutient M. Prince.

Enfin, M. Bastien concentre son attention sur une priorité pour les mois à venir; celle des résidences. En effet, plusieurs centres d'artistes invitent au Québec des artistes de l'étranger pour venir travailler sur un projet pendant quelques mois. «Il faut les payer, ces artistes! En ce moment, les centres s'organisent comme ils peuvent, mais il n'existe pas encore de véritable programme pour les résidences au Conseil des arts et des lettres du Québec [CALQ]. Le printemps dernier, l'organisme a organisé un important forum pour discuter de la situation des arts visuels au Québec et il a été question de cette problématique. Nous attendons maintenant les conclusions de ce forum et nous espérons qu'il y aura des améliorations», conclut M. Bastien.

Collaboratrice du Devoir

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