Un Musée populaire de la photo à Drummondville

La collection du musée comprend notamment des appareils qui ont été donnés au Village québécois d'antan, ceux de photographes locaux ainsi que diverses pièces de collection trouvées ici et là, notamment chez des brocanteurs.

Jean Lauzon a aussi intégré sa collection personnelle à l'ensemble, tout en y investissant une part de ses économies. «Je rêve de ce musée de la photographie depuis plus de trois ans. J'en ai visité en Europe, notamment en France et en Suisse, avant de me décider à lancer celui-là, avec l'appui de la ville de Drummondville et de différents partenaires privés.»

Le Musée populaire de la photographie offre aux visiteurs une exposition permanente d'approche toute classique. On y retrace, selon une trajectoire chronologique, l'évolution de la photographie à partir d'une esquisse du visionnaire Léonard de Vinci en passant par des reconstitutions de divers appareils aux origines du genre, dont ceux de Niépce (1827) et de Talbot (1835) jusqu'aux appareils 35 mm contemporains. Les reconstitutions soignées des plus vieux appareils du musée, construits en laiton, en bois et en verre par l'artisan Réal Manseau, comptent parmi les plus belles pièces de l'ensemble.

Au fil de la visite, on découvre les premières «boîtes à photos» commercialisées, tout comme les appareils à soufflet, petits et gros. Le musée donne à voir deux jolis exemples de lanternes magiques, ces boîtes de métal qui projetaient des images de rêve avec l'aide de l'électricité ou, pour les plus vieilles, de petites lampes à pétrole. À côté de ces lanternes, les projecteurs Kodak en plastique des années 1950 apparaissent comme des merveilles de très haute technologie! La dernière section du musée, qui jouxte un modeste espace de lecture, propose de vieilles caméras cinématographiques. On s'étonne, en bout de course, de devoir constater que l'aspect numérique de la photographie, si présent depuis quelques années déjà, est pourtant absent de ce musée, tout comme certains procédés autrefois populaires, tel le sténopé. Ces deux types de photographie pourraient d'ailleurs permettre aux visiteurs d'interagir avec un étalage historique pour l'instant très statique.

Au centre du Musée, une exposition temporaire présente des photographies anciennes, dont quelques ferrotypies, ces images produites sur de fines feuilles métalliques. On y trouve aussi des originaux de quelques photographes d'importance, dont Guy Le Querrec et Tina Modotti. Le musée devrait présenter d'ici peu des expositions de photographes québécois connus, dont Antoine Désilets.

Les locaux du Musée sont situés dans le vaste sous-sol de l'église Saint-Frédéric, un beau bâtiment de pierres d'inspiration gothique construit dans les années 1920.«À une époque où le patrimoine religieux est menacé, c'est une façon de réinvestir un espace populaire de belle façon», croit Jean Lauzon qui, en marge d'une carrière de photographe et d'études supérieures en sémiologie des arts visuels, a déjà été le président de la Société d'histoire de la municipalité de Drummondville.