Camera obscura

À l'heure de la photo numérique, Patrick Dionne et Miki Gingras réalisent plutôt des clichés à partir de boîtes de conserve transformées en camera obscura. Ces deux photographes ont abandonné depuis longtemps leurs Leica pour offrir leur savoir à des enfants d'Amérique du Sud forcés de travailler pour survivre.

Aux enfants, ils donnent la possibilité de devenir photographe et de saisir sous un angle nouveau le monde qui est le leur. Les caméras ne sont que de simples boîtes de fer blanc. Sur le côté, on pratique un petit trou. De cet orifice viendra la lumière qui influencera un papier photosensible déposé au fond de la boîte. Il s'agit alors d'apprendre à manier ce dispositif fragile pour produire des clichés qui, au développement, se révèlent parfois prodigieux. Tout apparaît doux dans le rendu de ces photos dont les thèmes sont pourtant très durs. L'infini du paysage n'est jamais bridé par les limites focales d'un objectif moderne. Cela permet de suggérer, dans des tonalités de gris plus ou moins diffuses, la profondeur de douleur de tout un univers.