Le plan d’action de la politique culturelle reporté au printemps

La nouvelle ministre de la Culture, Marie Montpetit, lors de son assermentation dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale, le 11 octobre dernier
Photo: Francis Vachon La Presse canadienne La nouvelle ministre de la Culture, Marie Montpetit, lors de son assermentation dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale, le 11 octobre dernier

Le plan d’action qui permettra d’activer concrètement la nouvelle politique culturelle du Québec est reporté au printemps, alors qu’il était initialement prévu en décembre par le ministre précédent, Luc Fortin. C’est ce qu’a annoncé au Devoir Louise Bédard, chef de cabinet de la nouvelle ministre de la Culture, Marie Montpetit. « On comprend qu’il peut y avoir de l’inquiétude, même de l’impatience [de la part des milieux culturels], a expliqué Mme Bédard. Nous aussi, on a très hâte de présenter la prochaine politique ! Mais la prochaine étape, c’est une rencontre prébudgétaire. Notre objectif, c’est le budget du printemps, pour le plan d’action de la politique culturelle. »

Louise Bédard répondait ainsi aux préoccupations de La culture, le coeur du Québec. Cette coalition, qui représente près de 85 % du milieu culturel, ainsi que 150 000 de ses 176 000 travailleurs, déplorait publiquement mercredi que la mise à jour économique du ministre des Finances, Carlos Leitão, ne prévoie pas d’argent supplémentaire dans l’immédiat pour la culture. « On est déçu, très déçu d’être oublié encore une fois, dans cette redistribution des surplus accumulés au fil des années ; surplus fait en partie par des compressions effectuées notamment dans le milieu de la culture », précisait de vive voix le directeur général de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, Gilles Charland, porte-parole pour La culture, le coeur du Québec. « Lors du remaniement du conseil des ministres en octobre dernier, le premier ministre, Philippe Couillard, a nommé cinq priorités, poursuivait M. Charland, soit la réduction du fardeau fiscal, la qualité de vie des citoyens, l’innovation, la vitalité des régions et la jeunesse. La culture n’y est nulle part. Ni dans le discours de M. Leitão. On n’en fait simplement pas état. »

« Le fait que les arts et la culture restent absents des discours comme des mesures budgétaires nous inquiète », a indiqué la directrice générale du Regroupement québécois de la danse, Fabienne Cabado. « À voir la façon dont les choses se déroulent, modère-t-elle, on garde bon espoir que tout le travail effectué par les comités de travail auprès du ministère de la Culture et des Communications (MCC) depuis l’été dernier portera ses fruits, dans le plan d’action de la politique culturelle, avec des investissements financiers qui feront qu’il pourra être mis en oeuvre. »

Des associations représentant toutes les disciplines artistiques ont oeuvré dans ces comités, auprès de fonctionnaires du MCC. Ces rencontres auraient permis au ministère de cibler 18 enjeux et 65 pistes de solution. Mais comme la dernière réunion s’est déroulée le 12 octobre, soit au lendemain de l’annonce du changement de ministre de la Culture de M. Fortin à Mme Montpetit, il persiste dans le milieu culturel une crainte que le boulot abattu ne tombe aux oubliettes. « On réitère donc officiellement nos demandes. Et on tient à signifier qu’on n’abandonnera pas le dossier », a surligné Mme Cabado.

Mais le suivi devrait se faire, insiste Louise Bédard, du cabinet du MCC, précisant que l’approche de Mme Montpetit se fera tout en constance avec celle de M. Fortin. « On travaille dans la continuité. C’est le premier message que la ministre est allée porter aux gens de l’industrie, et c’est pourquoi elle est beaucoup sur le terrain. » Le ministère a donc changé sa cible de dépôt du plan d’action pour le printemps, « pour être vraiment à l’écoute du milieu. C’est le budget qui s’en vient, notre objectif, c’est là-dessus qu’on travaille ardemment avec notre collègue des Finances. Et on a l’écoute des Finances aussi, a ajouté Mme Bédard. Le gouvernement est très conscient de nos demandes, et de celles du milieu. Là, on est au lendemain de la mise à jour économique [au moment de l’entrevue], et j’ai déjà eu des discussions avec mon collègue des Finances, juste tout à l’heure, pour parler des considérations prébudgétaires. Je vous assure qu’on est très à l’écoute », a conclu la chef de cabinet.

La sortie médiatique est en quelque sorte préventive, admet la coalition La culture, le coeur du Québec. Car les premières prises de contact avec Marie Montpetit sont positives, selon les sources consultées par Le Devoir. « On est convaincu de l’engagement de notre nouvelle ministre à défendre notre cause, et on est derrière elle, a précisé une source tout en préférant conserver l’anonymat. Mais l’éternel problème, c’est que les ministres de la Culture n’arrivent souvent pas à faire entendre leur voix au sein du conseil. Et Mme Montpetit est aussi une toute nouvelle ministre. » Arrivera-t-elle avec des réponses concrètes, sonnantes et trébuchantes ? La réponse viendra avec le printemps…

1 commentaire
  • Daniel Lemieux - Abonné 23 novembre 2017 08 h 51

    Pitoyable

    La culture ne fait-elle pas partie des « vraies affaires » ?

    La nomination d'une néophyte qui aura besoin de 6 mois pour s'installer traduit bien le désintérêt total de ce gouvernement envers la vie culturelle.

    Encore une fois, le manque de vision de ce gouvernement finira par nous perdre.