Juste pour rire met le cap sur l’Afrique du Sud

« Il y a autant de styles que d’humoristes », estime Eugene Khoza, artiste de Pretoria.
Photo: Facebook « Il y a autant de styles que d’humoristes », estime Eugene Khoza, artiste de Pretoria.

Déjà implanté à Toronto, à Vancouver et même à Sydney, la ville la plus peuplée d’Australie, Juste pour rire jette maintenant son dévolu sur l’Afrique, et plus particulièrement sur les pays de langue anglaise du continent. En 2018, l’antenne anglophone Just for Laughs tiendra une première édition à Durban, en Afrique du Sud.

Le développement international du festival de l’humour est en plein essor. Depuis trois ans, Gilbert Rozon, son fondateur, voyage dans le monde afin de semer les grains d’un projet multinational. La création de Just for Laughs Africa est le résultat de ces efforts.

« C’est le résultat d’une vision que Gilbert [Rozon] a imposée à son entreprise, expliquait mercredi en conférence de presse Gilles Morin, vice-président du Développement international à Juste pour rire. Ça nous a permis de faire des rencontres incroyables, notamment celle qui aboutit aujourd’hui à Just for Laughs Africa. »

La nouvelle entité n’en est qu’à ses premiers pas, et les organisateurs venus d’Afrique du Sud, Moyikwa Sisulu, directeur général, et Rabin Harduth, directeur de la programmation, n’ont fait le déplacement à Montréal que pour parler des grandes lignes. On souhaite réunir le meilleur de l’humour local et africain, appuyés par quelques vedettes internationales.

Dans les prochains mois, Just for Laughs Africa se manifestera par le biais de micro-événements. Le budget, la durée et le nombre de spectacles du premier véritable festival sont encore à déterminer. M. Harduth s’est seulement avancé à dire que c’est le mois de juillet 2018 qui était visé.

Continent de l’avenir

L’édition montréalaise de Just for Laughs a déjà ouvert ses portes à des humoristes du continent noir, tels que les Sud-Africains Trevor Noah et David Kau, le Zimbabwéen John Vlismas et le Nigérian Basketmouth. Pour beaucoup d’entre eux, l’événement québécois fait figure de « Jeux olympiques de l’humour ».

Pour Gilles Morin, responsable des récentes visées planétaires du festival, l’Afrique représente une niche des plus riches. « C’est le continent de l’avenir, clame-t-il. Le rire est très naturel chez les Africains. Ils ont une capacité à s’élever, à voir la vie avec un angle différent. L’humour est un outil politique très efficace. »

« Il y a autant de styles que d’humoristes. Notre passé politique nous a appris à communiquer. Nous sommes aujourd’hui très ouverts d’esprit », complète pour sa part Eugene Khoza, artiste de Pretoria.

Les questions raciales, l’apartheid, il n’y a pas de sujet tabou, assure-t-il. « Tout ça, c’est du bon matériel pour nous. L’Afrique du Sud n’est plus une dictature, mais un des pays les plus démocratiques au monde. »

L’entreprise montréalaise ne cherche pas à imposer son programme. Elle mise plutôt sur une « approche organique », selon M. Morin, afin de permettre que l’industrie continentale se développe par elle-même.

D’autres défis

C’est ce que fait déjà Juste pour rire avec l’Afrique francophone, pour qui a été créé en 2016 un festival en Tunisie. L’organisme fondé par Gilbert Rozon projette aussi d’opérer des antennes au Maroc, au Mexique, en Inde, en Chine et en Côte d’Ivoire.

Gilles Morin confie miser sur des villes « challenge », comme Durban, une cité certes importante, mais perçue davantage comme une « destination soleil ». La mexicaine Guadalajara ou la tunisienne Ben Arous lui semblent ainsi de plus beaux défis que les capitales nationales.

L’expérience à Ben Arous est fort satisfaisante. Les salles sont remplies, selon Gilles Morin. Signe de la popularité de la marque Juste pour rire ? Victor, la mascotte, est une vedette. « Les gens l’aiment comme s’il s’agissait de Michael Jackson », dit le vice-président de l’organisme.

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