Un village du XIXe siècle à vendre

De nombreux films et téléséries ont été tournés dans ce village qui fut longtemps ouvert au public.
Photo: Alex Parent De nombreux films et téléséries ont été tournés dans ce village qui fut longtemps ouvert au public.

Situé près de Rawdon, le village Canadiana, un ensemble de 45 bâtiments situés dans un décor champêtre de 55,6 hectares, est officiellement mis en vente par l’entremise d’un agent d’immeubles de la firme Sotheby’s.

Daniel Ferron, un des deux propriétaires de ce lieu recherché pour les tournages qui nécessitent des reconstitutions d’époque, l’a confirmé en entrevue au Devoir. Ses bâtiments, qui appartiennent à un univers campagnard du XIXe siècle, sont en vente pour la somme de 2,8 millions. Une forge, une église, un presbytère, un moulin à eau, un four à pain, une prison, un hôtel à l’allure de saloon et un magasin général sont au nombre des immeubles inclus dans la vente.

C’est dans ce village qu’ont été tournés notamment la série Les belles histoires et des films comme Chasse-Galerie : la légende ou I’m Not There, les vies de Bob Dylan.

«Beaucoup de coproductions franco-québécoises ont aussi été réalisées ici », explique Daniel Ferron, un comptable agréé de profession qui dit avoir appris par nécessité à réparer des toits et à entretenir un aussi imposant patrimoine immobilier. « Je viens de le faire visiter à une équipe suédo-québécoise. En général, les productions visitent deux ans à l’avance. »

Ce n’est pas la première fois que le lieu est en vente. « Il y a déjà eu des mises en vente informelles par le passé, mais c’est la première fois que nous confions la vente pour solliciter de l’intérêt à l’étranger, en Europe et en Asie notamment. »

M. Ferron affirme vouloir prendre sa retraite depuis plusieurs années. « Je n’ai pas l’intention de réparer encore des toits à 80 ans ! »

Le village est, à l’origine, le fruit de la passion d’un collectionneur, Earl T. Moore. « Ils étaient deux au début, avec un cousin qui portait le même nom. Ils ont acheté des maisons des environs qui allaient être démolies, pour les déménager ici. Il y a aussi des bâtiments qui ont été créés, des décors pour des films qui sont restés. L’église est une copie de je ne sais plus quoi. Il faudrait que je cherche. » La famille Moore a aussi reçu en cadeau des bâtiments qu’elle a fait déménager dans la ferme familiale. L’intérêt des Moore pour l’histoire du patrimoine bâti a permis d’une certaine façon de conserver des bâtiments voués autrement à la destruction.

M. Ferron habitait non loin du site au moment où il a commencé à s’y intéresser, il y a une douzaine d’années. « On était trois propriétaires. Là, on est deux. C’est le temps de laisser ma place à d’autres. »

Le village Canadiana fut longtemps ouvert au public. Depuis plusieurs années, il n’est plus ouvert que pour des tournages et des mariages, sur réservation préalable.