Deux questions pour Fred Savard et Louis T

Pourquoi l’humour politique n’est-il pas plus répandu au Québec?

Fred Savard
Il y a peut-être des vagues. Peut-être que la société est moins politisée qu’on le pense, ou que les médias sociaux « distortionnent » l’intérêt des gens pour la politique. Si les humoristes n’en font pas autant, c’est peut-être parce qu’ils ont peur de s’aliéner des acheteurs potentiels de billets ou que ça n’intéresse pas la plupart des humoristes de parler de politique. L’humour politique, c’est peut-être quelque chose de « périssable ».

Louis T
Probablement que par rapport à la population, il y a autant d’humoristes qui parlent de politique. Comme on a une plus petite population, il y a moins d’humoristes qui parlent de ça. [...] C’est plus difficile de gagner sa vie avec un humour de niche. [...] Mais l’humour politique est quand même très présent et assez fort au Québec. Je crois qu’il y en a beaucoup qui s’en viennent, dans la jeune génération, plus engagée, plus consciente du rôle qu’un humoriste peut avoir.  Ils ont envie de partager leur opinion, ils ont envie de parler.

Quels sont vos modèles en humour politique?

Fred Savard


Mon modèle, c’est Pierre Desproges, un humoriste français décédé en 1988. Il faisait un peu d’humour politique, mais c’était pas juste ça. C’était aussi le ton, le côté ni de gauche ni de droite. Au Québec, évidemment, Yvon Deschamps. J’ai grandi avec lui, je réécoute encore avec plaisir ses monologues. Les Cyniques, même chose, bien que ça ait vieilli, évidemment.

Louis T
Évidemment, John Oliver, plus récent, qui est probablement le nom qui revient le plus souvent dans les dernières années, parce qu’il a fait prendre un autre niveau à l’humour politique en arrivant avec plus de données, plus d’information. Sinon, un vieux de la vieille, Lewis Black, qui est pour moi sur scène le meilleur exemple d’humour politique. Un gars qui a un personnage très puissant sur scène, de colérique, mais qui arrive à être tellement juste sur ses propos que ça en est surprenant. Qu’on soit d’accord ou non, il met le doigt sur le bobo. Bill Maher, qui est très politiquement non correct, qui se permet de donner son opinion, d’y aller à fond. Quelqu’un que je trouve vraiment inspirant par son désir de brasser la cage.

[Les entrevues ont été éditées pour en faciliter la lecture.]

Consultez la suite du dossier