Création de l’Institut des archives de la publicité

La création de l’Institut s’est jouée avec la complicité des agences lg2 et Cossette, ainsi que BAnQ et de Claude Cossette, un des fondateurs de l’agence éponyme.
Photo: Nathan Jones Getty Images La création de l’Institut s’est jouée avec la complicité des agences lg2 et Cossette, ainsi que BAnQ et de Claude Cossette, un des fondateurs de l’agence éponyme.

Les campagnes publicitaires restent souvent dans la tête, contrairement à la mémoire de cette industrie qui, elle, s’évapore souvent faute d’une structure cohérente d’archivage de ce patrimoine artistique, jugé mineur car trop commercial. Mais, c’est le début d’un temps nouveau… comme le dit la chanson, avec le lancement annoncé mardi à Québec de l’Institut des archives de la publicité. L’Université Laval pilote ce projet qui vise à valoriser les fonds d’archives publiques et privés du monde de la publicité, pour la recherche universitaire, le grand public et le milieu de la publicité qui a décidé de prendre part à cette aventure.

« Les publicitaires sont des ingénieurs de la culture, résume à l’autre bout du fil Christian Desîlets, professeur de publicité sociale qui, avec sa collègue spécialiste en méthodes archivistique, l’historienne Martine Cardin, a orchestré la naissance de cet institut. Leur travail a un impact majeur sur la formation des tendances, sur les comportements, les habitudes et le travail, sur l’esprit d’une époque, et il est nécessaire de bien le conserver au nom de la mémoire collective. »

Médiateur du patrimoine publicitaire

En substance, l’Institut des archives de la publicité veut se poser en médiateur du patrimoine publicitaire actuellement archivé en différents lieux, dont à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ou encore au Centre d’archives publicitaires (CAP), sensibiliser les agences de publicité à l’importance de l’archivage de leurs nombreuses créations, mais également favoriser la diffusion de ce corpus par l’entremise d’un site Internet qui devrait voir le jour dans les prochains mois.

Photo: Archives Le Devoir Claude Meunier, dans une publicité vantant la boisson gazeuse Pepsi en 1987.

« C’est une façon de documenter des pratiques, un savoir-faire, dit Martine Cardin, de doter l’industrie de la publicité d’une mémoire qui trace les contours de son identité. Dans ce projet, tout est allé pour le moment plus vite que nous le pensions, et c’est bien la preuve que le monde de la publicité induit un sentiment d’appartenance et d’identification très fort chez les citoyens qui justifie l’importance qu’on lui témoigne aujourd’hui. »

La création de l’Institut s’est jouée avec la complicité des agences lg2 et Cossette, ainsi que BAnQ et de Claude Cossette, un des fondateurs de l’agence éponyme. L’organisme peut compter sur l’archivage de l’ensemble des campagnes de publicité, politiques et sociétales, orchestré par le gouvernement du Québec, dont l’archivage est obligatoire de par la loi, mais veut encourager les publicitaires à déposer dans ces fonds d’archives l’ensemble des documents témoignant de campagnes privées qui ont probablement bien plus marqué l’imaginaire collectif. L’annonce de cette naissance a été faite mardi à Québec dans le cadre du 45e congrès annuel de l’Association des archivistes du Québec.