À Waterloo, les armes parlent à nouveau

Des participants costumés soulignaient par une reconstitution le 200e anniversaire de la célèbre bataille napoléonienne, dans la plaine de Waterloo.
Photo: Emmanuel Gunand Agence France-Presse Des participants costumés soulignaient par une reconstitution le 200e anniversaire de la célèbre bataille napoléonienne, dans la plaine de Waterloo.

Waterloo — Fini le temps des polémiques sur l’absence des dirigeants français et des célébrations oecuméniques du bicentenaire : les armes ont parlé vendredi soir, et parleront de nouveau samedi le 20 juin, sur la plaine de Waterloo, pour les plus grandes reconstitutions jamais organisées de la bataille qui a scellé le sort de Napoléon.

Installés depuis plusieurs jours dans des bivouacs plantés aux abords du champ de bataille où s’est déroulée, le 18 juin 1815, l’une des plus importantes confrontations armées de l’histoire, près de 6000 « reconstitueurs » venus de 52 pays sont sur le pied de guerre.

Côté français, l’empereur Napoléon, joué par l’avocat parisien Frank Samson, a retrouvé son quartier général de la ferme du Caillou, entouré de son état-major et de sa Vieille Garde.

L’infanterie et l’artillerie de la Grande Armée, composées de passionnés d’histoire, ont pris leurs quartiers en contrebas. Les hommes ont confiance en la bonne étoile de celui qui les a guidés pendant 20 années de victoires, d’Iéna à Austerlitz.

Les troupes anglo-néerlandaises du duc de Wellington ont à nouveau dressé leurs petites tentes blanches, parfaitement alignées, dans les jardins de la ferme-château d’Hougoumont, comme il y a 200 ans.

Seule entorse à l’histoire : alors que Bonaparte avait lancé les hostilités en fin de matinée, les deux reconstitutions, vendredi et samedi, devaient débuter sur le coup de 20 h, heure locale, afin de pouvoir accueillir quelque 60 000 spectateurs par soir.

Les 120 000 billets ont été vendus depuis longtemps, mais le spectacle est retransmis en direct sur le site Waterloo 2015.

Attaque et riposte

Après une première représentation vendredi soir intitulée « L’attaque française », le dénouement, « La riposte alliée », aura lieu samedi soir. La bataille se concentrera alors sur la ferme d’Hougoumont, fortifiée par les Britanniques. Les combats s’engagent sous les ébranlements de l’artillerie et tournent au carnage. Morts et blessés se comptent par milliers. Sous le feu anglais, échouant dans une ultime attaque, la Garde « meurt mais ne se rend pas ». Napoléon s’enfuit à Paris, tandis que les vainqueurs, l’Anglais Wellington et le Prussien Blücher, se rejoignent pour fêter la victoire à la ferme de la Belle Alliance.

Ces spectacles font suite à une commémoration solennelle présidée jeudi, 200 ans jour pour jour après la bataille, par le roi des Belges, Philippe, et placée sous le signe de la réconciliation et de la concorde.

Le roi des Pays-Bas, Willem-Alexander, dont l’ancêtre le prince d’Orange a été blessé à Waterloo, Arthur Wellesley, fils du 9e duc de Wellington, le prince Nikolaus Blücher von Wahlstatt, dont l’aïeul commandait les troupes prussiennes, et le prince Jean-Christophe Napoléon Bonaparte, actuel prétendant au titre impérial, ont affirmé ensemble que « les bienfaits de la paix sont plus créatifs que la guerre ».

Le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, étaient représentés par leurs ambassadeurs respectifs.