Fini le «cube blanc» à Québec

L’art dans l’espace public a la vie dure. Contemporaine de l’Agora de Charles Daudelin, menacée de destruction, la sculpture Dialogue avec l’histoire (1987), de l’artiste français Jean-Pierre Raynaud, a été démolie mercredi par la Ville de Québec. Le mauvais état de cette oeuvre connue comme « le cube blanc » a forcé l’administration municipale à la démanteler à coups de pelle mécanique.

Des infiltrations d’eau avaient poussé la Ville à faire son évaluation en 2014. Le rapport du Centre de conservation du Québec, qui a révélé la présence d’algues, a été dévastateur pour ce monument vertical en marbre installé place de Paris. L’oeuvre était en péril et constituait un danger public.

Un cadeau

Cadeau offert à Québec par la Ville de Paris, Dialogue avec l’histoire est de triste mémoire, tellement elle a suscité bien des controverses à l’époque de son dévoilement. L’opinion publique avait difficilement accepté cette esthétique purement géométrique dans un site chargé d’histoire.

Il est probable que l’oeuvre de Raynaud, artiste de réputation mondiale, soit reconstruite, mais pour l’instant, rien n’est assuré. Les coûts de l’exercice, évalués à 200 000 $, font hésiter les autorités.

La vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec, Julie Lemieux, veut discuter avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, et avec l’artiste, avant de prendre une décision. « Ce serait la moindre des choses, disait-elle mercredi au Devoir. C’est Paris qui nous a fait ce cadeau. Est-ce qu’on souhaite la même place de Paris ou veut-on lui donner un autre visage. Il faut en discuter. »

Le Soleil de Québec faisait part mercredi des exigences de Jean-Pierre Raynaud. Celui-ci menace la Ville de poursuites judiciaires si elle décide de ne pas reconstruire la sculpture. Julie Lemieux ne croit pas qu’on se rendra jusque-là.

La responsable à la Ville de l’aménagement du territoire, de la culture et du patrimoine, entre autres dossiers, souhaite seulement que l’endroit retrouve une nouvelle identité en 2017. Il faut noter que les environs de la place de Paris sont déjà visés par un vaste projet de réaménagement qui transformera un stationnement en bordure du fleuve en place publique.