Moins de festivals cet été pour cause de coupes budgétaires

Le prestigieux Festival de théâtre d’Avignon sera écourté de deux jours cette année.
Photo: Boris Horvat Agence France-Presse Le prestigieux Festival de théâtre d’Avignon sera écourté de deux jours cette année.

Paris — Frappés par les baisses des subventions, les festivals culturels, qui essaiment en France aux beaux jours, seront moins nombreux et plus modestes cette année, à l’instar du prestigieux Festival de théâtre d’Avignon écourté de deux jours.

La saison des festivals, qui commence vendredi avec des concerts pop-rock au Printemps de Bourges, sera amputée d’environ 90 événements, selon un décompte établi par une experte de ce domaine, Émeline Jersol.

« Chaque année, des festivals naissent et meurent. Il n’empêche qu’on est soucieux », a déclaré à l’AFP Bénédicte Dumeige, directrice de France Festivals qui regroupe 80 festivals, surtout de musique classique et jazz.

« On constate des baisses de subventions de 5, 10, 15, 20 %, qui se traduisent par une réduction de la durée des festivals, du nombre de spectacles, ou même des formes : là où on invitait un orchestre symphonique pour dix représentations, on n’en fera plus que sept », a-t-elle ajouté.

Pour réduire les déficits, l’État a prévu de diminuer de 11 milliards d’euros sur trois ans ses dotations aux collectivités locales. Nombre de mairies ont donc coupé dans leurs budgets culturels et réduit leurs subventions aux festivals.

Ainsi, le Festival d’Avignon a enregistré une baisse de 5 % de la subvention de la Ville. En conséquence, il a réduit de deux jours sa durée et fermé un lieu, la carrière de Boulbon.

À Montauban, la mairie espère économiser 200 000 euros (un quart de son budget festivals) en fusionnant trois festivals (Alors chante, Jazz à Montauban et Danse en places).

Même un festival « historique » comme le festival de musique sacrée de La Chaise-Dieu a dû réduire de deux journées sa programmation, devant la baisse des subventions et du mécénat.

Devant les craintes, le gouvernement a proposé aux villes qui maintiennent leur effort pour la culture un « pacte » sur trois ans qui stabilise les financements de l’État. À ce jour, seuls quatre pactes ont été signés.

Les festivals de rock, pop ou électro, dont l’économie repose davantage sur la billetterie et moins sur les subventions, se portent mieux dans l’ensemble.

Mais certains souffrent de l’arrivée aux commandes de nouveaux élus après les élections municipales de mars 2014. L’Hadra trance festival, plus grand festival de musique électronique trance en France, a été prié de plier bagage par le nouveau maire de Lans-en-Vercors, au motif qu’il était contraire à « l’esprit familial » de la station des Alpes.