Retour-surprise des crédits d’impôt

Le ministère de la Culture et des Communications est épargné par l’austérité généralisée. Son enveloppe gonfle de 2,8 %.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le ministère de la Culture et des Communications est épargné par l’austérité généralisée. Son enveloppe gonfle de 2,8 %.

Le plus grand syndicat des artistes (UDA) et le regroupement des producteurs de cinéma et de télé (APMQ) réagissent favorablement à la bonification des crédits d’impôt décrétée dans le budget. Ils saluent d’autant plus la décision du gouvernement que les rumeurs prébudgétaires prévoyaient de fortes compressions dans ces mesures fiscales faites pour soutenir le tournage de films et d’émissions de télévision.

Les nouveaux crédits d’impôt corrigent en partie des compressions annoncées dans le budget de juin 2014. Les crédits avaient été alors réduits d’environ 85 millions. Selon les premières estimations, les majorations représentent un montant équivalent.

« Le gouvernement comprend l’importance stratégique de notre secteur et l’importance des crédits d’impôt pour le financement des productions, dit Marie Collin, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des producteurs médiatiques (AQPM). Nous saluons aussi la sagesse de ne pas abolir cette mesure. »

L’Union des artistes a sensiblement la même réaction en notant que les soutiens fiscaux profitent aussi aux entreprises culturelles actives dans le doublage de film, la production d’enregistrements sonores ainsi que la production de spectacles. L’Union représente 13 000 membres.

Ministère épargné

Le ministère de la Culture et des Communications est épargné par l’austérité généralisée. Son enveloppe gonfle de 2,8 %.

Le budget prévoit 24 millions sur deux ans pour « apporter un soutien accru aux sociétés d’État du secteur culturel, dont le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec ». Le réseau des centres de formation va pouvoir équilibrer son budget en résorbant les déficits accumulés alors qu’il semblait menacé de démantèlement en région il y a quelques mois.

« C’est choquant de voir le gouvernement présenter comme de bons coups le rétablissement des crédits d’impôt pour la culture et la sauvegarde des conservatoires, commente Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois. Il s’agit simplement de la réparation de deux de leurs gaffes majeures. »

Le gouvernement annonce aussi « un plan pour le milieu du livre permettant de consolider la chaîne » de ce secteur. Des crédits additionnels de 12 millions sont débloqués sur deux ans. Par contre, Télé-Québec perd 3,8 millions.