Protecteur de la culture underground montréalaise

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
Chaque année depuis 2002, Archive Montréal organise la foire Expozine, un salon montréalais de fanzines, de bandes dessinées, de livres-objets et sérigraphies qui attire 20 000 visiteurs.
Photo: ARCMTL Chaque année depuis 2002, Archive Montréal organise la foire Expozine, un salon montréalais de fanzines, de bandes dessinées, de livres-objets et sérigraphies qui attire 20 000 visiteurs.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Avec sa grande foire Expozine, ses machines distributrices d’art et son centre d’archives, Archive Montréal assure une visibilité aux petits éditeurs ainsi qu’aux auteurs et artistes émergents.

Depuis 1998, Archive Montréal (ARCMTL) aide à promouvoir et à protéger la vie culturelle indépendante montréalaise. « L’initiative est née d’un besoin de mieux mettre en valeur le milieu artistique alternatif, qui fourmille d’artistes, d’auteurs et d’éditeurs qui produisent des oeuvres obscures ou éphémères, méconnues du grand public », rappelle Louis Rastelli, administrateur de l’organisme à but non lucratif. Le temps a donné raison aux fondateurs, car le succès des projets d’ARCMTL ne se dément pas.

Son événement-phare reste la foire Expozine, un salon montréalais de fanzines, de bandes dessinées, de livres-objets, de sérigraphies et on en passe, qui se tient chaque année depuis 2002. Pendant deux jours, pas loin de 300 exposants provenant du Canada, des États-Unis et de l’Europe se pressent dans le sous-sol de l’église Saint-Dominique afin de présenter leur travail à quelque 20 000 visiteurs. « Nous refusons des dizaines d’exposants chaque année en raison du manque de place », remarque M. Rastelli.

Tout au long de l’année, les auteurs et artistes underground peuvent néanmoins rejoindre le public grâce à Distroboto, un réseau de distributrices de cigarettes reconverties en distributrices d’art, placées stratégiquement dans des maisons de la culture et des salles de spectacle comme la Casa Del Popolo et la Salla Rossa. Petits livres, bandes dessinées, musique, films et objets d’art y sont vendus au coût de 2 $. Tous les profits sont remis aux 1200 artistes qui y contribuent. Le projet, né en 2001, a fait des petits : on retrouve maintenant des machines Distroboto à Québec et en France. Environ 10 000 objets trouvent preneurs chaque année. « C’est une belle idée qui permet à des artistes de faire un peu d’argent en créant de petites oeuvres qui coûtent peu cher à produire », observe Louis Rastelli.

Aucune de ces oeuvres ne tombe dans l’oubli, puisqu’ARCMTL, fidèle à son nom, tient un centre d’archives qui contient des dizaines de milliers de publications, ainsi que des milliers d’affiches et d’objets d’art imprimés et une importante collection de musique. « Nous faisons aussi des acquisitions, parfois de la part de personnes privées qui découvrent des trésors en faisant le ménage dans leurs affaires », ajoute Louis Rastelli.

La collection d’ARCMTL sera mise à profit en 2017, lorsque Montréal fêtera son 375e anniversaire. « Nous n’avons pas que des oeuvres underground, signale l’administrateur. Nous avons aussi accumulé toutes sortes d’objets liés à Expo 67, de même que de vieux films de famille. »

2018 marquera, quant à elle, la 20e année d’existence d’ARCMTL. L’organisme espère profiter de cette occasion pour mieux faire connaître ses activités et ses projets. Entretemps, une deuxième foire devrait voir le jour, au plus tard en 2016. Celle-là sera consacrée à l’art imprimé. « C’est l’une des formes d’art les plus prisées par les clients de nos machines Distroboto, et il y a pas mal de talent dans ce milieu à Montréal », note Louis Rastelli. Son succès est pratiquement déjà assuré.