Le réalisateur Claude Sylvestre est décédé

L’homme de télévision et de cinéma Claude Sylvestre n’est plus. L’ancien proche collaborateur de René Lévesque à Point de mire, émission phare de Radio-Canada à la fin des années 1950, est décédé vendredi à Montréal. Il avait 87 ans.

Réalisateur à Radio-Canada pendant de nombreuses années, Claude Sylvestre fut par la suite directeur de la radio française de la station CBFT de la société d’État, vice-président de Radio-Québec (devenue Télé-Québec) puis commissaire au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Dans les années 1950, il a fait partie de l'équipe de négociation du syndicat des réalisateurs de Radio-Canada au moment de la fameuse grève des réalisateurs, en 1959, faisant de ces artisans les premiers cadres à obtenir le droit d’association au sein du diffuseur public au terme du conflit.

De 1956 à 1959, il réalise Point de mire, animée par René Lévesque, qui se lance en politique l’année suivante. « Je réalisais des documentaires quand la direction du réseau m’a offert de travailler à la télévision avec lui. J’ai accepté sans le connaître personnellement. J’ai appris mon métier de journaliste à ses côtés. Je me suis mis à son service et je trouvais que c’était un privilège, confiait Claude Sylvestre au Devoir, à l’occasion du 25e anniversaire de la mort du journaliste devenu politicien. Nous n’étions que trois à travailler pour Point de mire : Lévesque, une scripte assistante et moi. M. Lévesque était extrêmement méticuleux et rigoureux. On travaillait quasiment jour et nuit. »

« Il m’appelait “Claude”, je l’appelais “René”, mais nous nous sommes toujours vouvoyés, poursuivait-il. Nous ne nous sommes pratiquement jamais revus après son entrée en politique active. Je pense qu’il était heureux comme journaliste, alors que l’action politique lui a laissé une part de malaise. Les règles de parti, du Parti québécois en particulier, lui ont particulièrement pesé. »

Par la suite, il a été réalisateur et producteur pour les émissions d’affaires publiques Format 30 et Format 60.

En 1961, le gouvernement du Québec crée le Comité d’étude provisoire de la censure au cinéma afin de revoir les normes de diffusion du film et y nomme entre autres Claude Sylvestre. Avec Fernand Cadieux, André Lussier, Louis-Marie Régis et Georges Dufresne, il recommande de remplacer le Bureau de censure des vues animées par une « régie du cinéma », dont le mandat ne sera plus de mettre des films à l’index ou de les amputer de scènes jugées problématiques, mais plutôt de les classer selon certains critères. Des traces évidentes du travail de ce comité demeurent dans la présente Loi sur le cinéma.

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NDLR: Une correction a été apportée après la mise en ligne.