30 ans à faire des scènes

Robert Lepage
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Robert Lepage

Avec sa participation toujours en hausse, la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS) défie la morosité économique ambiante. Sa trentième édition propose une centaine de spectacles à des programmateurs et à des professionnels du monde entier jusqu’au 22 novembre.

« À cause de la conjoncture économique et politique, on s’attend toujours à une baisse de la participation et, pourtant, on réussit à maintenir une augmentation annuelle moyenne de 15 % », indique Alain Paré, président et fondateur de la Biennale. Selon lui, le phénomène est dû à la notoriété des artistes québécois reconnus pour leur créativité et leur originalité. Et après tout, CINARS est devenu le plus gros marché international des arts de la scène en Amérique du Nord — les autres rendez-vous étant plutôt régionaux ou nationaux, comme le fameux APAP à New York. L’édition 2012 a généré environ 15 millions de dollars de retombées économiques pour les compagnies d’ici, selon M. Paré.

Plus de 1300 participants venus de dizaines de pays pourront se rencontrer et assister à la nouvelle création de Marie Chouinard, qui est porte-parole de l’événement qu’elle fréquente depuis fort longtemps, voir la troupe de cirque Flip Fabrique ou l’iShow des Petites cellules chaudes. Entre plusieurs autres propositions. Les diffuseurs d’ici pourront aussi voir les Danois de Granhoj Dans qui ont fait un tabac l’an dernier avec une pièce inspirée de la musique de Leonard Cohen. Car les oeuvres étrangères comptent pour la moitié du programme officiel depuis deux éditions, avec une large place faite, cette année, aux pays d’Europe du Nord « qui ont beaucoup d’affinités avec le Québec », précise Alain Paré.

Si les effets de la crise surtout occidentale perdurent (budgets culturels amputés égalent diminution des cachets européens pour les artistes d’ici), les pays émergents en plein boom sont avides de contenus artistiques de qualité. La Corée du Sud, qui envoyait une quarantaine de délégués en 2012, a accueilli deux troupes québécoises à son propre marché cet automne et, réciprocité oblige, propose cette année deux productions aux professionnels de CINARS. Les temps de disette sont aussi propices à nouer des partenariats inédits. Pour les favoriser, CINARS lançait d’ailleurs lundi une nouvelle plateforme en ligne pour que les programmateurs surtout étrangers puissent échanger sur leurs trouvailles artistiques et trouver des codiffuseurs ou coproducteurs qui partageraient les frais.

Malgré ces développements positifs, le milieu reste hanté par le déséquilibre entre l’offre foisonnante de spectacles et la demande qui tend à s’essouffler. D’où la tenue d’ateliers sur la surenchère culturelle (19 octobre), sur les avantages et rouages des coproductions et des résidences (18 octobre) ou encore sur le financement participatif (18 octobre). À ce chapitre, un défi reste entier : s’approcher davantage du milieu des affaires, estime M. Paré.

Ce mardi, CINARS rendra hommage à Robert Lepage, dont La trilogie des dragons a été présentée dès la seconde édition de CINARS en 1986. L’organisme tenait à saluer cet artiste aux multiples talents qui incarne si bien le rayonnement de la culture québécoise à l’étranger.

La biennale en chiffres

23 spectacles au programme officiel issus de 12 pays

350 diffuseurs

1300 participants de 40 pays

L’Off-CINARS, c’est :

47 compagnies

79 spectacles venus de six pays