Le musée du Château Dufresne rebaptisé

Le musée du château Dufresne s’apellera désormais le Musée Dufresne-Nincheri
Photo: Wikimedia Le musée du château Dufresne s’apellera désormais le Musée Dufresne-Nincheri

Le musée du Château Dufresne change de nom. Il faudra désormais le désigner par Musée Dufresne-Nincheri, une appellation qui modifie la vocation de l’établissement enraciné dans un luxueux domaine d’Hochelaga-Maisonneuve, bâti il y a cent ans. Le décor intérieur de ces deux maisons de style beaux-arts presque centennaires — elles ont été terminées en 1918 —, a été réalisée par Guido Nincheri, un artiste d’origine florentine, connu surtout pour ses vitraux d’églises. La direction du musée annoncera ce changement mardi, lors d’une conférence de presse lançant la Semaine italienne de Montréal.

 

Depuis sa fondation en 1999, le musée du Château Dufresne se consacre à préserver la mémoire de Marius et Oscar Dufresne, deux notables qui ont contribué à l’essor de la ville de Maisonneuve. En décembre 2013, l’établissement voisin du stade olympique a fait l’acquisition du studio de Guido Nincheri, un projet qui traînaît depuis quelques années. Depuis cet été, il est possible de visiter l’ancien atelier, situé deux kilomètres plus au sud, sur le boulevard Pie-IX.

 

«Nous voulons que le nouveau nom soit plus représentatif de notre mission. Nous voulons davantage parler de l’héritage de l’est de Montréal, [pas seulement] de la famille Dufresne», explique Paul Labonne, directeur du musée de l’avenue Jeanne-d’Arc. Cette décision de modifier de vocation s’tappuie, dit-il, sur une étude de faisabilité livrée en 2008 et pour laquelle le musée du Château Dufresne a reçu 46 000$ d’aide gouvernementale.

 

Paul Labonne ne veut pas pour le moment expliquer le montage financier qui a permis de faire l’acquisition du studio Nincheri, jusque-là propriété des descendants de l’artiste-verrier décédé en 1973. «En octobre, on dévoilera nos partenaires», dit le directeur, qui, sur d’autres détails, est assez volubile. «Nous avons acheté l’immeuble et la famille [Nincheri] nous a donné 650 oeuvres, des maquettes, quelques vitraux qui s’y trouvaient, précise-t-il. Le four et le matériel sont encore dans le studio qui a servi jusqu’en 1996.»

 

Le nouveau patronyme ne fait pas disparaître le «Château Dufresne». Le domaine, classé bâtiment patrimonial depuis 1976 et propriété de la Ville de Montréal, sera encore désigné ainsi. Ce n’est que le musée qui l’occupe qui est rebaptisé. «La couleur du Château Dufresne restera très historique, signale le directeur, alors que le studio sera axé sur les arts, sur les verriers québécois et étrangers.»

 

Au-delà de rednre accessible au public le bâtiment du boulevard Pie-IX, qui autrefois logeait à l’étage l’entreprise des frères Dufresne, le Musée Dufresne-Nincheri mettra en place une série de circuits d’églises, pour permettre de visiter l’oeuvre religieuse de l’artiste italo-québécois. Paul Labonne inclut dans ce projet des tours guidés de la cathédrale de Trois-Rivières, qu’il qualifie, par la présence de 125 vitraux, de «catalogue Nincheri».

3 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 5 août 2014 12 h 52

    Mauvaise idée

    Si les Dufrens n'avaient pas construit leur "chateau" Nincheri n'y serait pas. D'autant que ces fresques ne sont pas d'un haut niveau. L'architecte a préséance sur le fresquiste. Est-ce que vous imaginez Versailles être rebabtisé "Versailles-Lebrun" ?

    Il y a ici un manque de rigueur.

    • André Leblanc - Inscrit 5 août 2014 19 h 03

      Merci
      Tout a fait d'accord.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 5 août 2014 19 h 38

    Il y en a qui sont mêlés pas à peu près...

    Depuis près d'un siècle, ce bâtiment est connu sous le nom de "Château Dufresne", du nom de ceux qui l'on conçu et fait bâtir. C'est la logique même. On veut maintenant y abouter le nom d'un tapissier pour flatter la communauté dont il est issu. Pourquoi pas le plombier, le maçon et l'électricien, un coup parti?

    Il y en a pour qui la flagornerie va main dans la main avec la grosse bêtise. Misère...