27 éditeurs se rangent derrière Dimedia

Le livre d’ici est mis en péril par les actions entreprises par Renaud-Bray à l’encontre du distributeur Dimedia, tonnent 27 éditeurs québécois et de la francophonie canadienne diffusés par Dimedia, dans une lettre adressée au grand manitou du réseau de librairie, Blaise Renaud.

 

« Nous souhaitons ici affirmer notre entière solidarité avec notre distributeur qui, en refusant l’imposition de nouvelles conditions de façon unilatérale, travaille pour l’ensemble de la chaîne du livre et non pour des intérêts corporatistes », écrivent les signataires dans la missive obtenue par Le Devoir.

 

Les éditeurs supplient le président-directeur général de Renaud-Bray de « mettre fin aux rendez-vous manqués entre les lecteurs et les auteurs », une situation qui perdure depuis le 15 avril.

 

«Si Renaud-Bray tient encore à [...] revendiquer fièrement le titre de librairie, vous avez le devoir moral de veiller à la meilleure diffusion possible de notre littérature.»

 

De l’avis de ces éditeurs, le litige se résume au fait que Renaud-Bray refuse de payer ses factures, affirme Antoine Tanguay, président de la maison d’édition Alto. « Quand j’ai acheté quelque chose, je le paie. Je ne demande pas après coup à la caissière de m’offrir un pourcentage quand je décide que finalement je n’ai plus le goût de payer », a-t-il indiqué en entrevue.

 

La lettre envoyée vendredi à M. Renaud n’est pas la seule initiative à émaner du milieu de l’édition depuis que la Cour supérieure a rejeté, jeudi, l’injonction provisoire déposée par le distributeur Diffusion Dimedia contre la chaîne de librairies. Une décision qui en a déçu plusieurs, qui espéraient une résolution rapide du conflit, car Renaud-Bray représente une part importante des recettes des éditeurs québécois et de la francophonie canadienne.

 

Rappelons que le désaccord commercial qui oppose Dimedia et la bannière de libraires a débuté en février dernier, lorsque Renaud-Bray a décidé de changer les termes du remboursement des titres invendus, en place depuis plusieurs décennies. Dimedia a répliqué en avril en suspendant la distribution de ses ouvrages au réseau de librairies, en attendant que celui-ci paie ses dus.

 

Renaud-Bray se serait par la suite procuré certains titres — dont En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil) d’Édouard Louis — auprès d’autres distributeurs. Il s’agirait de la première infraction à la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (la loi 51) depuis son adoption en 1981.

 

Le 16 avril, un montant de 96 447 $ était ainsi dû à Dimedia par Renaud-Bray, somme qui se chiffre aujourd’hui à 436 349 $ si on ajoute les livres dont le paiement est arrivé à échéance depuis la mi-avril.