Vivre debout… et déçu

Pour Gilles Vigneault, le résultat des élections québécoises de lundi est extrêmement difficile à accepter : « C’est toute la jeunesse qui a donné ce coup de balai ».
Photo: Pedro Ruiz - Archives Le Devoir Pour Gilles Vigneault, le résultat des élections québécoises de lundi est extrêmement difficile à accepter : « C’est toute la jeunesse qui a donné ce coup de balai ».

Du méchant crachin qui, depuis la 640, semblait suivre l’auto, et le lecteur dans l’auto, et le nouvel album de Vigneault dans le lecteur, c’est devenu franchement la flotte à l’entrée de Saint-Placide. Drue et dure pluie. Exprès ? Disons que ça m’a traversé l’esprit. Le ciel qui se déverse au moment de s’engager sur cette principale qui n’a pas été rebaptisée rue René-Lévesque par hasard, ça tient vraiment trop de la mise en scène de lendemain d’élections dramatiquement perdues par le Parti québécois. Encore Yves Desgagnés ?

 

Je n’oublie pas que c’est pour parler de Vivre debout, le fort bel album en question, que je retrouve en ce mardi après-midi Gilles Vigneault dans son village et dans l’ancien restaurant qui lui tient lieu de bureau, d’entrepôt, de salle de travail pour ses « classes de mètre » (c’est son mot : il aime mieux mètre que maître, c’est la métrique du vers qui l’intéresse). N’empêche qu’en s’asseyant devant nos cafés, on se regarde. On se fait des drôles d’airs. Nous sommes sans mots. Ça n’arrive pas à Vigneault, un silence de cette sorte. Un silence pas poétique. Silence que je romps. J’évoque la pluie. Vilaine, violente. Il sourit. « Ça nous parle, hein, cette pluie ? Difficile de ne pas l’entendre tomber aujourd’hui… »

 

Oui. Inéluctable lendemain de veille. Difficile d’embrayer d’entrée de jeu sur les arrangements si délicatement jazzy des chansons, la réalisation tendre et souple de Daniel Lavoie. Autant crever le nuage. Quitte à écrire deux textes. Un pour réagir, un pour parler du disque. « On peut pas faire semblant », répète-t-il, comme à lui-même. Comment ça se vit, alors ? « Très mal. J’avais envie de tout annuler et de rester couché. » Ce qu’il a fait, le matin. « J’ai pas fermé l’oeil une seconde avant huit heures. Pas dormi de la nuit. Pas capable. »

 

À ce point-là ? À ce point-là. « C’est pas que le résultat me surprenne énormément. Mais ça me déçoit terriblement. » Il l’avait un peu annoncé dans son mot, partagé la semaine dernière par beaucoup d’amis et d’amis Facebook de la candidate péquiste et comédienne Sylvie Legault, défaite sans surprise lundi dans Mercier par Amir Khadir. « J’ai fait ce petit laïus à la demande de ma fille Jessica, pour contribuer à la campagne de Sylvie Legault… » Citons : « Les libéraux nous disent qu’ils vont s’occuper des “ vraies affaires ”. Cela m’amène à me demander pourquoi l’éthique, la langue, la culture et l’identité ne semblent pas de “ vraies affaires ” pour eux. Eh bien : c’est que l’identité, la culture, la langue et l’éthique se rapportent à la notion d’ÊTRE et que les “ vraies affaires ”, dont ils font leur discours et tout leur programme, ne se rapportent qu’à la notion d’AVOIR, c’est-à-dire le court terme. Et je serais très triste que les Québécoises et les Québécois tombent encore une fois dans ce vieux piège rouillé par tous les mensonges éhontés de leur passé récent. La MÉMOIRE reste un guide. Et l’OUBLI… un danger. »

 

Triste, il l’est. C’est dans ses yeux. « On regarde tout ça, et on se dit que c’est un grand coup de balai sur le mouvement souverainiste et sur le PQ, et c’est extrêmement dur pour madame Marois. Ça n’a qu’une vertu : c’est clair. Y a pas d’équivoque. C’est pas, si on avait fait ci ou si on avait fait ça, c’est toute la jeunesse qui a donné ce coup de balai. Je ne vais pas le leur reprocher, leur faire la leçon à 85 ans. Je vais simplement constater… » Encore un silence. «… Et m’interroger : est-ce que ça va renaître de ses cendres ? » Nouveau silence. « Y a de la cendre partout, maintenant. On ne sait rien de ce qui va se passer, mais à écouter les discours [lundi] soir, on pouvait regarder les dauphins se disputer les restes. Je le dis sans cynisme. » La nature même de la politique ? « Je crois, oui. C’est épouvantable, mais c’est comme ça. »

 

Il semble écouter ses propres mots résonner dans la grande pièce, tel un moniteur de scène, et relativise. « Faut pas exagérer, c’est pas la Syrie, quand même. Nous ne sommes pas condamnés ! Mais je ne suis pas le seul à être déçu. » Quand on a survécu à deux référendums, lui dis-je, on doit pourtant être bardé, préparé. Solennel, pesant chaque mot, il répond : « Moi, je suis plus démoli qu’aux deux référendums. » J’accuse le coup. Vraiment ? « Oui. C’est peut-être parce que je suis plus démolissable. J’ai 85 ans. J’ai 34 ans de plus pour l’un, 19 ans de plus pour l’autre. Je ne vois pas comment envisager un autre référendum avant… » Il calcule. «… 2025? Je ne serai peut-être plus là, à 96 ans ! » Il rit.

 

« Et puis, ajoute-t-il en soupirant, j’ai ce disque que je considère être l’un de mes meilleurs travaux, qui est lancé au milieu de ça ! C’est quand même la pire occurrence qui se puisse ! » Un album qui parle du pays, bien évidemment : dans L’inventaire, la chanson d’ouverture, ça décrit le jour où « Un enfant viendra […] Qui n’aura plus peur de votre police/Ni de vos décrets ni de vos complices […] Il abrogera vos lois les plus bêtes/Puis vous le verrez marchant à la tête/D’un peuple debout ». Un album qui contient une chanson intitulée… L’isoloir. « C’est une chanson référendaire, on peut pas faire accroire que c’est pas là : “ Et de ma croix noire/Me faire un pays… ” Je l’ai écrite pour qu’elle soit entendue. Là, elle risque pas de tourner beaucoup à la radio ! »

 

Il s’esclaffe, laisse résonner son beau rire de Vigneault, puis, en un instant, redevient sérieux. « Ce qui m’horrifie, dans tout ça, c’est de voir que la peur a encore marché, marche et marchera. Ça fonctionne, ils le savent, et ils s’en servent. » Long silence. Sourire en coin. Appel du pied. « Mais on ne s’appesantira pas sur cette chanson, et on va se dire plutôt : y en a-t-y d’autres ? » Plusieurs. Des belles, en plus. Qui ne perdent rien pour attendre. En ces pages, tout bientôt, la suite de l’entrevue, et tout Vivre debout. « Vivre debout et prêt à partir à toute heure/Boire et dormir debout comme font les chevaux/Les pas de liberté inscrits dans leurs sabots/Puisqu’il y a toujours péril en la demeure… »

98 commentaires
  • LAURENT PRADIES - Inscrit 9 avril 2014 01 h 47

    n'est pas Ukrainien qui veut !

    Et oui Gilles, la pleutrerie d'un côté, celle des repus, trop gras, vieillissants, sans imagination et sans espoir...dont le seul rêve est le dernier SUV ou une semaine en République ..de l'autre l'espoir d'un autre monde, des gens combattifs, qui se tiennent droit

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 9 avril 2014 07 h 38

      Voila une bonne lecon, on paye pas nos factures avec des prieres et encore moins avec des chansons... voila le message que la CAQ dans le dernier droit, le temps lui manquant ... n'a pu faire encore plus passer, mais ce n'est qu'un debut .... dommage mais tout en remerciant les vieilles generations avec tout le respect qui leurs sont dues, notre nouvelle ( generation) a d'autres defis a relever, c'est la loi naturelle et autant s'y adapter de manieres constructives , inclusives et surtout pas revenchardes.

      Pierre m de Ruelle

    • Raynald Collard - Abonné 9 avril 2014 10 h 10

      "on paye pas nos factures avec des prieres et encore moins avec des chansons..." Programme de petit comptable à calculette sans perspective. On fait pas un pays avec ça, c'est sûr.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 9 avril 2014 11 h 05

      "on paye pas nos factures avec des prieres et encore moins avec des chansons".

      Et on n'écrit pas nos histoires avec des factures.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 avril 2014 13 h 21

      Les chats de ruelle ne font que miauler, mais les poètes inspirent et nourrissent les âmes comme les esprits : tous les projets, individuels ou collectifs, prennent naissance dans le rêve et l'imagination. C'est autre chose que des colonnes de chiffres...

    • Gaetane Derome - Abonnée 9 avril 2014 19 h 14

      Pendant ce temps,les Catalans veulent un referendum pour etre independants de l'Espagne et ceci grace a la crise sevissant dans ce pays,alors on ne sait jamais peut-etre se presentera t-il une situation tellement intenable pour les Quebecois dans les prochaines annees qu'ils seront alors heureux d'aller vers un referendum.
      Un pays pour ceux qui parlent la langue de Gilles Vigneault!

  • Yves Côté - Abonné 9 avril 2014 04 h 14

    Monsieur Vigneault...

    Monsieur Vigneault, pardon de m'en inquiéter, mais tout saint qu'il soit, Placide serait-il en train de déteindre un peu trop sur votre caractère ?
    Pourtant, l'homme qui a la main tendre et généreuse que j'ai serrée autrefois à Toulouse ne m'a pas préparé à cela...
    Les jeunes, pour comprendre leur message, il faut les regarder "avec les yeux du coeur". C'est comme nous avec nos parents, naguère.
    Si nous étions tous un peu moins tordus en disant blanc et en faisant gris (je parle ici en général et certainement pas de vous, aucune allusion de ce genre de ma part à votre endroit), peut-être les jeunes respecteraient-ils un peu plus le jeu démocratique et républicain pour lequel quelques-uns des nôtres ont tant donné ?
    Si tout le monde s'y met, il n'est certainement pas trop tard. Monsieur Couillard et ses libéraux (on dirait le nom "cheap" d'un groupe musical des années 60...) ne tarderont pas à jouer leur symphonie avec des instruments qui ne pourront être que désaccordés... Et les Québécois ne sont jamais meilleurs que lorsqu'ils on l'obligation d'être bons.
    Ce qui enfin, nous amènera directement à l'unisson pour le final.
    Alors, aujourd'hui encore plus qu'hier parce que nous avons comme jamais besoin de nous rallier là-dessus, Vive le Québec libre, Monsieur !

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 9 avril 2014 07 h 45

      Il fallait écrire tout cela le mois dernier, l'automne dernier. Combien de gens je vois ressortir des bosquets pour appeler au réveil.

    • Yves Côté - Abonné 9 avril 2014 08 h 13

      Madame Lalande, des gens qui ne se connaissent pas autrement que par leurs participations ponctuelles à ces pages de discussion, nombre dont je fais humblement partie, le font depuis au moins deux ans.
      Le problème ne me semble donc pas lié aux émetteurs de messages, mais plus prosaïquement aux lecteurs vers qui les dits-messages ont été dirigés...
      Vive le Québec libre, Madame !

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 08 h 41

      "Si nous étions tous un peu moins tordus en disant blanc et en faisant gris (je parle ici en général et certainement pas de vous, aucune allusion de ce genre de ma part à votre endroit), peut-être les jeunes respecteraient-ils un peu plus le jeu démocratique" etc.. etc.

      En appuyant la charte de la division du P. q., en nous demandant de voter pour ce parti aveuglément, Vigneault, à qui vous faites allusion, fait justement ce que vous NOUS reprochez à nous, à tort, soit de dire blanc et de faire... noir?

      N'est-ce pas lui qui écrivait et chantait "Ma maison c'est votre maison [...] et les humains sont de ma race"? Or voilà qu'il faut comprendre aujourd'hui que les humains ça exclut des musulmanes voilées puisque ce n'est que d'elles dont on a parlé et long et en large, jusqu'à provoquer de l'intimidation, et les propos Denise Filliatreault les traitant de folles, dans cette triste saga qui n'a eu de cesse de diviser les Québécois de toutes origines, et de tous âges, jusqu'à dire sans le dire aux gens en qui contestait la partie divisive, "restez chez vous" car il n'y aura aucune concession là-dessus, comme si ces femmes étaient des intégristes.

      M. Vignault a peut-être arrêté de suivre la politique internationale d'où une vision tronqué du monde, ou qu'il voulait abosolument être cité ou que sais-je. Avant le printemps arabe, la Turquie et la Tunisie était des états laîcs, à leur manière, comme partout ailleurs, d'ailleurs. À Istanbul, il y a quelques années, une mosquée a été dessinée par une architecte, et construite: ce n'est pas à Rome ni à Montréal que cela risque d'arriver dans l'un des lieux de culte catholiques...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 9 avril 2014 08 h 41

      Mais il faut le faire en dehors de nos petits girons d'indépendantistes. J'ai marché de porte en porte pendant 33 jours. Et vous?

    • Yves Côté - Abonné 9 avril 2014 12 h 19

      Madame Lalande, je ne mm'attendais certainement pas à votre question.
      Mais je vais y répondre sans trop détailler les choses, puisque vous y tenez sans doute.
      Des campagnes électorales en porte-à-porte, soit pour "tracter" dans les boîtes aux lettres (sous Monsieur Lévesque, alors que je n'avais que 15 ou 16 ans et ensuite sous Madame Payette), soit pour présenter le nouveau candidat de ce comté (comme pour André Boisclair, pour André Cardinal au RCM et pour un autre, immigrant Arabe d'une intelligence redoutable mais dont honteusement le nom ne me revient pas de suite; qu'il m'en excuse s'il me lit) où j'ai habité pendant 30 ans (Dorion), j'ai dû en faire entre 5 et 8. Et je ne parle pas du pointage les soirs de semaine après le travail et du transport de personnes agées ou handicapées le jour du vote. Pas plus que du travail de sonnettes en sonnettes pour établir les listes électorales...
      Comme pour le reste, je n'ai jamais su compter ni jours, ni semaines...
      Au dernier référendum, j'ai pris congé un mois et demi non-payé à mon travail pour m'investir à convaincre en faisant du porte-à-porte dans la Petite Italie, la Petite Patrie et dans Rosemont. Ces deux derniers quartiers où les gens m'étaient connus environ une porte sur deux...
      Trois endroits parce que dans un seul comté, avec l'énergie que j'avais, je trouvais que ce n'était pas assez. Pas fou le garçon, ben fou...
      Alors non, cette fois-ci je n'ai pas fais campagne pour une raison qui simplement, liée à ce qui précède, vous surprendrait.
      Je n'ai pas fais campagne, mais si vous avec l'habutide de lire les commentaires des lecteurs du Devoir, j'y ai quand même assez activement participé. Et pas qu'en écrivant aux indépendantistes comme nous.
      Bien que succintement, j'espère avoir répondu à votre question sans trop de détour.
      Vive le Québec libre, Madame !

    • Louka Paradis - Inscrit 9 avril 2014 13 h 30

      Merci, M. Cormier, de cette superbe chronique. J'ai hâte d'écouter et de me nourrir de ce «Vivre debout» !

      Par contre, les diatribes de Mme Massicotte commencent vraiment à tomber sur les rognons... On parle ici du grand poète Gille Vigneault et du projet d'un peuple. En ce qui concerne le projet de loi 60, je recommande une lecture attentive et en profondeur pour en mesurer la portée réelle.

  • Marcel Arteau - Abonné 9 avril 2014 04 h 41

    Des vieux aux jeunes

    Quand j'ai commencé à voter pour René Lévesque, j'etais dans la jeune vingtaine. On disait que l'indépendance n'arrivait pas à cause des personnes âgées, trop vulnérables aux discours de peur. Aujourd'hui, maintenant que les indépendantistes sont devenus âgés, ce serait la faute aux jeunes! Trop court comme réflexion. Comme si Québec solidaire et Option nationale n'existaient pas. Il est vrai que pour les péquistes, le pays appartient au PQ et au PQ seul. Quand on se considère propriétaire du pays, on ne vaut guère mieux que les autres vieux partis.

    • Nicole Bernier - Inscrite 9 avril 2014 07 h 12

      Extrêmement intéressant votre réflexion.... Les Péquistes sont des jeunes dogmatiques qui sont devenus de vieux dogmatiques. ils n'ont pas compris, à quel point, ils ont refusé de travailler autour de la construction de consensus face à la diversité...

      Et, je pense qu'il y aura un réel changement, lorsque jeunes et vieux accepteront d'étudier, de travailler en respectant le fait que la société est composé d'une variété de groupes poursuivant des rêves différents et qu'il est fondamental que les travaux universitaires soient orientés de manière à privilégier la comparaison...

      Mais si des leaders libéraux et péquistes ou caquistes ou solidaires acceptent de s'investir dans la construction de consensus au lieu de développer des stratégies de combat pour imposer son point de vue, cela pourra influencer un changement dans le milieu de l'éducation... Car, actuellement, on forme une jeunesse à la confrontation des idéologies...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 9 avril 2014 07 h 49

      Je crois rêvé. Au lendemain d'une éclatante victoire de la droite québécoise, vous tapez encore sur le PQ qui était celui qui pouvait freiner cela.

      La défaite de QS là-dedans n'en est que plus risible. Une Manon Massé au prix de l'élu qui pouvait faire quelque chose en électrification des transports, et à peine 1% au total. Pour 92 élus bien solides, eux.

      Décidément, votre aine du PQ n'a pas de limites, même celle du désarroi national.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 07 h 58

      Québec solidaire et option nationale.

      Québec solidaire, depuis l'arrivée de Mme David à je ne sais trop quel titre... co chef?, ressemble maintenant à un parti indépendantiste, même si sa base est divisée là dessus, mais bon, ce parti s'en accomode, et le P. q lui, l'est un peu moins depuis l'arrivée de Marois, j'y reviendrai. Quand à Option nationale... C'est sûr qu'O, n. est indépendantiste au delà de tou doute, mais le problème est que son chef et fondateur a foutu le camp on ne saura jamais vraiment pourquoi, problème de famille, ouais... mais lequel? Et l'un des problème présentement à ce qu'il m'en semble, c'est qu'il n'est maintenant formé que de jeunes ou presque, et en ce qui concerne le chef, à mon avis ce n'est pas le bon. Je crois que les jeunes on voté pour un bon millitant convaincu mais qui n'a pas la fibre, la stature d'un chef...

      Pour revenir à Marois, quand j'ai entendu dire il y a quelque temps, en parlant du Canada "notre pays" j'ai failli tomber en bas de ma chaise, même si cela ne faisait que renforcer ce que je pensais depuis un bon bout de temps. Marois a du être indépendantiste, mais aujourd'hui c'est le dernier de ses soucis ce qui nous en cause plus d'un...

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 9 avril 2014 08 h 33

      Mme Massicotte, je connais Mme Marois, jamais elle n'aurait dit cela sur le Canada. Je veux une preuve.

      Tannée, tannée, tannée des procès d'intention. Mme Marois est une des chefs qui a le plus parlé du pays du Québec. Ça lui a valu d'ailleurs une solide gifle nationale.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 avril 2014 11 h 26

      @c.a.massicotte @n.bernier @m.de ruelle et cie
      Vous allez rencontrer un jour votre chemin de Damas, et la lumière
      vous viendra, aussi crue et nette que le regard pure et franc de m. Vigneault...ce n'est pas en "tapant" sur les autres,comme le dit mme m.m.lalande, que l'on construit un pays à l'image de sa société: immigrants du 17e à celui du 21e, qui accepteront les à priori proposés dans la charte de la langue française (présentement émasculée et cause des malentendus présents) mais qui revivra grâce à vous et à tous ceux qui demanderont à nos élus de la fortifier comme elle était au début...en y insérant les valeurs québécoises, elles aussi tout aussi importantes. Plusieurs, présentement,souffrent
      du syndrome de la grenouille...rester ou déguerpir...selon que l'eau est
      froide-tiède ou chaude!

    • Nicole Bernier - Inscrite 9 avril 2014 14 h 45

      Mme Sévigny,
      n'est-ce pas les Péquistes qui ont tapé sur la tête des autres qui ont rencontré leur chemin de Damas?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 16 h 11

      Réponse à mme Paradis.

      Vous aurez beau faire du cerveau et de la plume, ou même me dénigrer, suggérant que je n'ai pas une bonne connaissance de la charte et que je dois la lire attentivement, autrement dit que je ne pense pas comme vous qui êtes la norme je suppose. Mais disons que par contre j'ai une très bonne connaissance de l'Histoire du Québec, entre autres.

      Dans la charte, seule la question des signes DITS ostentatoire fait problème, côté rédaction, et hors rédaction il y a le fait qu'on veut conserver le crucifix de l'assemblée nationale, un cadeau de Duplessis qui ne peut que rappeler les alliances infectes de l'église avec les gouvernements de l'époque qui ont mené à ce qu'on appelle Les orphelins de Duplessis, d'une part: dois-je ici vous faire un dessin? D'autre part il y a cette autre alliance connue sous le titre de "Charbonneau et le chef", titre d'une pièce de théâtre qui a fait fureur à une autre époque, sur une alliance qui a fait que l'archevesque Charbonneau est tombé en disgrâce et a tout perdu ayamt été dénoncé à Rome par ce même gouvernement, sorte de dictature "élue". pour son appui aux grévistes lors d'une longue grève qui s'est réglée dans la violence. On parle de ce crucifix comme un élément de notre patrimoine, ouais, le patrimoine de la honte, oui.

      Et pour finir, dans plusieurs hôpitaux des crucifix s'étalent encore sur les murs des chambres ou des coridors; pour vous il serat équitable que dans les circonstances on demande à des femmes musulmanes d'enlever leur foulard sous peine d'être congédiées à court ou long terme? Équitable et justifiié? Votre niveau d'humanisme me semblerait alors au plus bas.

      Et pourquoi personne ne parle des rabins et autre porteurs de Kipa, et j'en passe? Seules les musulmanes passent à la moulinette, en plus de se faire traitées de folles, sans l'intervention de Marois ou Bertrand. Réfléchissez y...

    • Nicole Bernier - Inscrite 10 avril 2014 05 h 36

      Cette attaque en règle contre la religion alors que les Québécois francophones sont majoritairement croyants, n'est-ce pas un facteur déterminant qui rend les Péquistes incapables de représenter le Québec?

      Tous ceux qui travaillent dans le milieu hospitalier savent que la religion joue un rôle fondamental au moment de la maladie ou de la mort, alors je suis pour que tous les symboles religieux soient autorisés, car ils aident les malades à lutter ou àa mourrir en paix...

  • Gilbert Paquette - Abonné 9 avril 2014 08 h 12

    âgisme quand tu nous tiens

    bonne et saine réflexion que voilà! comme quoi, avec tout le respect que je dois à monsieur Vigneault, on peut être vieux ET âgiste!
    Le problème est ailleurs en effet: il nous faut sortir ce beau projet des partis où il ne peut qu'être étouffé. Reprenons-le d'urgence! quelque soit notre âge:)

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 09 h 52

      À Mme Lalande

      Je ne sais à quel titre vous connaissez Mme Marois, mais tout ce que je peux dire c'est que je l'ai entendu à la télé, dans une émission d'affaire publique ou lors des actualités, à LCN ou RDI. Et les modérateurs ne laissent rien passer de mensongé.

      Que vous me croyez ou non qu'importe, indépendantiste depuis 1966 (RIN) j'ai été membre du P. q. du Bloc et... d'Option nationale 2 fois. Je ne sais pas jusqu'à quel point vous suivez la politique québécoise, mais voici quand et comment et comment j'ai perdu la foi en elle, et j'ai même failli perdre en même temps l'espoir de voir se réaliser un jour notre rêve d'un pays bien à nous.

      En 2011 je crois, la chef du P. q. a demandé à ses députés de voter tous en faveur de l'entente Péladeau (tiens don' !)/Labaume, alors que le PLQ de Charest était MAJORITAIRE et n'avait donc pas besoin de cet appui; mais aujourd'hui on comprend... Elle a alors perdu 6 députés et non les moindres (Lapointe, Curzi et Beaudoin entre autres) et plusieurs organisateurs, et à mon avis jusqu'ici le P. q ne s'en est pas vraiment remis. Comprenez que depuis j'ai beaucoup de misère et j'en suis fort aise, à faire confiance à cette femme qui a alors agit comme une dictatrice élue, et a continué de le faire avec la charte de la division. D'ailleurs l'unanimité du P. q. qui s'est alors exprimé dans un silence total autour de cette charte n'a rien fait pour me convaincre que j'ai tort.

      Libre à vous de lui faire confiance. Je souhaitais une défaite du P. q. ou encore un gouvernement péquiste minoritaire, vu que cette partie de la charte, tellement divisive, existait non pas pour une vraie laïcité, ce mot ayant été rayé du nom de la chose, mais bien pour avoir un mandat majoritaire; et la gestion de l'arrivée de Péladeau n'a guère été mieux gérée.

      La vie m'a appris qu'on ne fait pas confiance aveuglément, et ça quelle que soit la personne.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 10 h 23

      Combien vous avez raison! Et ce que vous dites je l'ai réalisé il n'y a pas si longtemps, avant le début du lancement de cette campagne électorale.

      Sur les ondes de LCN ou TVA, c'est pareil, Jeannette Bertrand répondait à l'intervieweur qui lui demandait si elle croyait, comme certains, que les jeunes étaient moins politisés, et autre chose que j'ai oublié; elle s'est alors offusquée disant vertement que non, et qu'elle ne faisait pas partie de ces vieux qui vivent dans le passé et radotte. Autrement dit les jeunes sont parfaits, mais les vieux... mis à part elle peut-être? Ou, dit autrement, ceux qui pensent comme nous sont bien bons les autres bien méchants.

      Par la suite, donc, je n'ai guère été surprise qu'elle ne s'offusque pas lorsque Denise Filliatrault, une autre jeannette, a traité les femmes voilées de folles. Marois ne s'en est pas offusquée non plus. C'est bien pour dire... On parle de l'égalité homme femme, et celle femme femme, alors, qu'en est-il?

      Céline A. Massicotte indépendantiste de la première heure et électron libre

    • André Le Belge - Inscrit 9 avril 2014 11 h 20

      C'est quoi une vraie laïcité madame Massicotte?
      Ce que vous entendez pas laïcité inclusive est le nouveau substantif pour multiconfessionalisme .
      La laïcité (tout court), je suis pour et je ne concevrais jamais qu'un état ne soit pas indépendant de toutes les religions et ne s'en laisse imposer sur son mode d'action par l'une d'entre-elles.

    • Yves Côté - Abonné 9 avril 2014 12 h 45

      Monsieur Le Belge, bien que Madame Massicotte soit bien assez grande et capable de vous répondre directement, j'apporte un commentaire au vôtre.
      Monsieur, la nature elle-même a trouvé un moyen fort intelligent pour empêcher quiconque de prendre le pouvoir total sur les autres.
      Cela s'appelle la libre expression de tous, mais peut-être, oui, pouvons-nous y donner le nom de multiconfessionalisme ? Ce qui n'a rien à voir avec le multiculturalisme, convenez-en.
      La laïcité, c'est la proclamation officielle que nulle organisation religieuse n'est en droit de se trouver au contrôle de l'Etat.
      Et la meilleure manière d'empêcher qu'une organisation ou une autre puisse malgré tout arriver à s'y installer, le moyen le moins violent et clivant, c'est la pluralité et l'égalité citoyennes du droit au travail.
      Donc, que de l'Etat, tous et surtout toutes, puissent être salariés(es) sans égard à leurs différentes pratiques religieuses.
      Ensuite, si pour une raison ou pour une autre, par souci d'apparence neutre, l'employeur qui est l'Etat, considère non-souhaitable que les hommes aux cheveux teints en rouge et que les femmes portant foulard sur la tête ne soient pas choisis(es) pour les postes de fonctionnaires qui sont en contact avec le public, à lui d'essayer de l'intégrer dans les conventions collectives négociées de manière paritaire. Et chacun défendera son point de vue là-dessus librement, mais d'égal à égal, syndicats-patrons.
      Que la tenue vestimentaire de qui que ce soit, soit incluse indirectement ou pire, directement, dans un texte fondamental national, parce que c'est bien de cela qu'il s'agissait avec la charte en question, me semble complètement démesuré et excessif.
      Merci Monsieur de m'avoir lu.

    • Aline Tremblay - Inscrite 9 avril 2014 19 h 28

      Le projet de pays sera repris quelque soit notre âge

      Je retiens de cette campagne que la question de l’indépendance se trouve entre bien mauvaises mains quand elle est abandonnée à un parti politique et doublement mal pris en charge quand elle est noyée dans le pays que nous voulons construire. L’indépendance du Québec et le pays à construire appartiennent au peuple et ces défis avanceront qu’entre les mains des citoyen·es passionnés de ces questions identitaires. Pour la question de l’indépendance, le mouvement actuel de coalition non partisane pour l’indépendance du Québec est en route un juste retour du Raliement pour l’indépendance nationale (RIN) qui s’est sabordé au profit de la montée du Parti Québécois. Pierre Bourgault a toujours douté que ce fût là une bonne décision et s’il vivait maintenant sans doute aurait-il la conviction que ce n’était pas la chose à faire. Quant au type de pays à construire, je prédis la montée d’un printemps érable permanent et vigilant sur les orientations prises par ses représentants élus tout en se rappelant que gouverner est « art du possible à un moment historique donné ». Cette campagne pas très transcendante m’aura permis de faire quelques distinctions.

      Opter pour un peuple souverain c’est choisir de ne pas se reposer entre deux élections !

  • Patrick Brennan - Inscrit 9 avril 2014 08 h 22

    La fautes a personnes..................a suivre

    Quand nous avons décider de changer le systéme dans la fouler du devenir maitre chez nous.... nous avions les valeurs transmises par nos parents et grands parents (en principes 2 parents et 4 grands parents ) avec leurs traditions ,qui nous avais transmises......Aujourd'hui ou nous sommes rendu a profiter de nos avoir (a l'époque personnes n'avais rien....) pour nous il nous reste a partir l'un apres l'autre.....Pour les génératons qui nous précèdent ,c'est l'argent leur héritages avec plusieurs conjoints(es) 10 parents et 20 grands parents......quand ils découvriront eux aussi leurs valeurs....fondamantale ou l'argent ne doit pas être la valeur première...ce jour la ils voudront changer les choses.....faut faire confiance et leur laisser découvrir ce qu'ils veulent et comment ils le veulent ce Quebec.... qui nous as unis et a fait que nous voulions un pays...mais nous n'avons pas voulu payer le prix......dans la vie ont peut être propriétaire ou locataire... le prix a payer c'est la différence ....c'est ce que nous avons refuser de payer en 1982 et en 95...............a eux la suite Patrick Brennan

    • Nicole Bernier - Inscrite 9 avril 2014 08 h 48

      C'est exactement ce que je pense, la gauche des années 70 n'a pas voulu payé le prix de son idéal, elle a préféré le confort de la petite-bourgeoisie basée sur les avantages du travail professionnel (l'embourgeoisement d'Outremont, Miles-Ends et Rosemont), mais leurs enfants sont en trains d'embourgeoiser Hochelaga-Maisonneuve...

      L'utilisation de l'expression HoMa pour parler de ce quartier qui regroupe maintenant les écologistes, la gauche, les artistes et les immigrants m'attriste énormément, car je ne sais plus où sont rendus les petits travailleurs au salaire minimum... Avant, nous savions que nous étions au sud de la voie ferrée, mais là, la hausse des loyers les a chassés où?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2014 16 h 49

      Réponse à M. Côté

      Je vous remercie d'avoir... en quelque sorte et beaucoup mieux, répondu à ma place à M. Lebelge. Pour ma part, je suis une sorte d'ignare heureuse qui pédale au ras des paquerettes, et s'en porte bien.

      Je dirai tout de même que je trouve assez terrible que dans cette saga de la charte dont nous serons exemptés pour un bon bout de temps, sinon 4 ans, mais bon... c'est qu'alors qu'une des excuses pour la justifier c'est l'égalité homme femmes prétendument acquise qui est évoquée, tandis que seules des femmes musulmanes sont visées, dénigrées, et dont quelques-unes ont même été intimidées en public et traitées de folle par une jeannette bien en vue, que ni Marois ni Bertrand n'ont rappelée à l'ordre!

      Le parti libéral a été élu? J'ai envie de dire comme dans mon enfance, ben bon! Je parle pour Marois et un Parti québécois qui m'a semblé plutôt muselé dans cette affaire. Et tout cet argent foutu en l'air... pour recevoir une raclée... Misère!

    • Yves Côté - Abonné 10 avril 2014 06 h 20

      Madame Massicotte, je suis heureux que vous vous portiez bien de n'être "que" vous-même... Beaucoup d'hommes et de femmes étant loin de l'être, je ne condamne personne mais ne fais que constater, ils se tournent trompeusement vers l'idée d'être quelqu'un d'autre.
      Ce qui, à mon sens, n'est pas une très bonne solution pour eux.
      Ceci-dit, pour vous lire assez souvent, et même si je ne suis pas toujours d'accord à 100% avec vous, mais serait-ce sain d'être toujours d'accord avec quelqu'un ?
      D'ailleurs, je pense que vous vous trompez beaucoup lorsque vous dites que vous êtes "une sorte d'ignare heureuse qui pédale au ras des paquerettes".
      Si c'était vrai, le vélo sur lequel vous êtes assise et les pâquerettes que vous frôleriez auraient bien au moins trois mètres de haut !!!
      Chose qui est aussi impossible, à mon avis, que votre ignorance...
      Mes plus sincères salutations républicaines, Madame !