Le MBAM fonce dans sa mission éducative

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) n’avait pas vu aussi grand, aussi vite. Le succès des Studios Art Éducation Michel de la Chenelière, inaugurés en 2012, est tel que l’établissement de la rue Sherbrooke est forcé de revoir ses plans. En matière éducative, il faudra offrir plus. Ce qui ne va pas sans conséquence aux guichets.

 

Une nouvelle politique de tarification entrera en effet en vigueur le 1er avril. Il faudra désormais payer 12 dollars pour visiter les collections permanentes, jusque-là gratuites en tout temps. Le MBAM ne sait pas cependant combien lui rapportera cette mesure. Celle-ci ne s’appliquera pas à tous. Les moins de 30 ans, par exemple, pourront accéder librement à ces salles.

 

Rejoindre tous les publics

 

Ambitieux, le musée privé qui aura en 2017 un cinquième bâtiment, le Pavillon pour la paix (dédié à l’art international et à l’éducation) ? Pas suffisamment, paraît-il. L’objectif des 200 000 visiteurs annuels dans les espaces éducatifs, attendu pour 2017, a été atteint trois ans plus tôt. La clientèle « famille », notamment, a augmenté de 300 %.

 

« On entre dans un chantier majeur, disait mercredi, devant les journalistes, Nathalie Bondil, la directrice du MBAM. Nous ne sommes pas en mesure de répondre à la demande, au grand appétit, mais aussi au désarroi du milieu scolaire [en matière d’éducation des arts]. »

 

Pour rejoindre ces publics, ces générations du futur « qui s’occuperont de notre patrimoine », dit Nathalie Bondil, le musée montréalais met les bouchées doubles, avec des « ambitions très grandes, partout au Québec ».

 

Les espaces éducatifs du 5e pavillon ont été revus avec le consentement de l’architecte en chef, Manon Asselin. Ceux-ci tripleront, grâce à l’ajout d’un étage souterrain. L’entrée pour les groupes sera plus vaste et mieux adaptée (plus de coins pipi pour les petits, notamment), le débarcadère sur la rue Bishop sera plus sécuritaire.

 

« On réagit à l’enthousiasme », note Jean-Luc Murray, le directeur du département de l’éducation et de l’action culturelle, qui apprécie le MBAM pour « le courage de faire ces choix ».

 

L’équipe de guides s’agrandira aussi, et c’est avec l’Université Concordia voisine que le MBAM travaillera pour revoir le programme. Nathalie Bondil admet par ailleurs projeter une plus vaste association avec l’établissement d’enseignement. Mercredi, cependant, elle n’a évoqué que le tunnel fantasmé pour relier, sous la rue Bishop, les deux établissements.

 

Le MBAM veut rayonner partout au Québec. Mélanie Deveault, la « conceptrice éducation » nouvellement embauchée, mettra en place, d’ici 2017, 40 programmes Web pour niveaux secondaire et collégial. Ils se baseront sur des oeuvres de la collection et évoqueront diverses problématiques sociales pour « parler de tout sauf d’histoire de l’art », résume Nathalie Bondil.