Plus d’abonnés, mais moins de prêts dans les bibliothèques publiques du Québec

Entre 2010 et 2011, le nombre d’usagers inscrits a progressé de 3,2 %, ce qui représente environ 84 000 personnes.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Entre 2010 et 2011, le nombre d’usagers inscrits a progressé de 3,2 %, ce qui représente environ 84 000 personnes.

Selon les plus récents chiffres dévoilés mercredi par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), le nombre de personnes possédant une carte des bibliothèques publiques a augmenté entre 2010 et 2011. Mais paradoxalement, pour la même période, le nombre de prêts a connu une baisse de plus de 5 %.

 

Entre 2010 et 2011, le nombre d’usagers inscrits a progressé de 3,2 %, ce qui représente environ 84 000 personnes de plus ayant en poche une carte de la « biblio ». Au même moment, la proportion de la population desservie par les établissements publics a haussé d’un dixième de point de pourcentage, passant de 95,3 % à 95,4 %. En comparaison, ce taux était de 91,1 % en 1995. Ces chiffres compilés par l’OCCQ pour l’Institut de la statistique incluent toutes les bibliothèques publiques, du plus petit établissement éloigné des grands centres jusqu’à la Grande Bibliothèque à Montréal.

 

Mais les chiffres de l’OCCQ révèlent également une baisse de 5,4 % du nombre de prêts entre 2010 et 2011, une première diminution du genre depuis les chiffres de 2007. Par le fait même, la quantité de prêts par habitant est passée de 6,4 à 6,2. Paradoxe ou mutation ? « On peut imaginer que certains cas de figure empruntent moins, a expliqué au Devoir Benoît Allaire, conseiller en recherche en culture et communication à l’OCCQ. Mais ça peut vouloir dire qu’il y a plus de gens qui s’inscrivent, mais peut-être pour des services autres que les prêts de livres. Pour avoir accès à des services comme Internet, ou avoir accès au catalogue numérique de la bibliothèque, ou d’autres types de services. »

 

Donnée étonnante, le nombre de prêts dans les bibliothèques publiques a reculé davantage dans les rayons pour enfants, soit d’un peu plus de 7 %. « La baisse de 2010 à 2011 est certainement plus prononcée que ce qu’on a pu voir avant, dit M. Allaire. Cela étant dit, qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il y a moins de documents pour enfants ? Ou que les enfants y vont moins ? C’est difficile à dire pour l’instant. »

 

Selon M. Allaire, les façons de récolter les statistiques sont à être adaptées pour mieux refléter la réalité numérique. « Dans notre questionnaire aux bibliothèques, ça fait peu de temps qu’on traite directement des spécificités reliées au numérique, comme l’emprunt de livres électroniques. Les données de 2012 seront encore plus solides. Ça nous permettra de donner un portrait plus complet de l’activité des bibliothèques, qui sont en transition. »


 
2 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 5 décembre 2013 11 h 48

    Recul ?

    J'ai retenu le dernier paragraphe...alors pourquoi ce titre à votre article M. Papineau?
    Le moment où est tenu cette récolte de statistiques est peut-être non représentative du lectorat.
    Prenez les "Boomers" ,qui de plus en plus partent pour le sud (Floride) pour 3 à 6 mois
    ils ne sont plus des "usagers" pour un certain temps...Sont-ils dans les statistiques ?

  • André Michaud - Inscrit 5 décembre 2013 13 h 31

    Informatique

    Les jeunes lisent beaucoup moins, mais ils vont dans les bibliothèque quand même pour avoir un accès à la partie informatique, de là la baisse d'emprunts!