Les Filles du Roy: la fin d’un long périple

Après des arrêts à Tadoussac, à Québec et à Trois-Rivières, les Filles du Roy abordent finalement Montréal, où on leur réserve tout un accueil ce week-end dans le Vieux-Port.
Photo: Maison Saint-Gabriel Guzzo Après des arrêts à Tadoussac, à Québec et à Trois-Rivières, les Filles du Roy abordent finalement Montréal, où on leur réserve tout un accueil ce week-end dans le Vieux-Port.

Depuis le début de l’été, les Filles du Roy sont revenues dans l’actualité de l’Amérique française, 350 ans après que les premières volontaires et mères de la nation furent arrivées dans la vallée du Saint-Laurent.

 

Après des arrêts à Tadoussac, à Québec et à Trois-Rivières, 36 jeunes femmes personnifiant les première filles du Roy à arriver en Nouvelle-France abordent finalement Montréal, où on leur réserve tout un accueil ce week-end dans le Vieux-Port. Suivra un bal des prétendants à la Maison Saint-Gabriel, auquel le public peut assister. Voyage dans le temps assuré, ou presque.

Après des arrêts à Tadoussac, à Québec et à Trois-Rivières, elles abordent finalement Montréal, où on leur réserve tout un accueil ce week-end dans le Vieux-Port. Suivra un bal des prétendants à la Maison Saint-Gabriel, auquel le public peut assister. Voyage dans le temps assuré, ou presque.

 

Ce samedi, vers 14h, le quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal prendra des airs des débuts de la colonie française, alors que la ville se faisait encore appeler Ville-Marie, car L’Aigle d’or, le voilier dans lequel les descendantes des Filles du Roy ont refait le voyage de leurs ancêtres, sera accueilli par un cortège comme on n’en voit plus beaucoup…

 

Une partie du régiment Carignan-Salières renaîtra le temps de former une haie d’honneur qui mènera les grandes voyageuses à l’une des 36 calèches où les attendent des prétendants désignés pour l’occasion, dont certains seront personnifiés par des artisans et des conteurs qui collaborent à l’occasion avec la Maison Saint-Gabriel.

 

Lorsqu’on demande à la directrice de ce musée et site historique, l’historienne Madeleine Juneau, si une telle procession était courante en 1663, elle explique qu’à l’époque, Ville-Marie n’était encore qu’une bourgade coloniale naissante et que peu de ces femmes y ont été envoyées. Donc, quand elles arrivaient, « toute la ville se retrouvait au port pour les accueillir ».

 

L’anachronique équipée tirée par des chevaux canadiens, plus communément appelés des percherons, empruntera la rue Saint-Pierre, puis la rue Wellington, « escortée par la cavalerie »,précise Mme Juneau, en direction de la Maison Saint-Gabriel. La fête sera précédée d’un spectacle extérieur réunissant des danseurs abénaquis et le groupe Danse Cadence.

 

Menuets, repas et costumes d’époque

 

La fête à laquelle les curieux sont invités à participer, obligatoirement costumés, n’a pas de racines historiques à proprement parler, mais Madeleine Juneau précise qu’au temps où les Filles du Roy ont pris mari et pays en Nouvelle-France, « les gens dansaient beaucoup » dès qu’ils en avaient l’occasion, lors de modestes fêtes et parfois de bals…

 

Par ailleurs, le théâtre de ce bal, jadis lieu d’accueil de ces valeureuses femmes sous la responsabilité de Marguerite Bourgeois, faisait en quelque sorte office « d’agence matrimoniale », selon l’historienne.

 

Ainsi, ceux qui auront pu dénicher des billets pour cet événement (il restait encore quelques dizaines de places jeudi) pourront donc s’exercer au menuet au son des musiques du temps interprétées par l’ensemble Claude-Gervaise, accompagnés dans leur apprentissage par le Groupe Danse Cadence.

 

Un repas inspiré de la « gastronomie » de la Nouvelle-France, préparé dans les cuisines du Reine-Élizabeth, sera servi aux convives, qui pourront également déguster une bière spécialement concoctée pour ces festivités par les Brasseurs de Montréal. La blonde cervoise sera par la suite disponible au réfectoire du musée, ainsi qu’au pub de la brasserie, rue Ottawa.

 

Engouement

 

Si les places disponibles pour le bal se font rares, c’est qu’il y a un réel engouement pour tout ce qui touche à l’histoire des Filles du Roy depuis le début des célébrations entourant le 350e anniversaire de leur arrivée en Amérique.

 

La directrice de la Maison Saint-Gabriel reçoit de nombreux appels d’un peu partout au Québec et d’ailleurs, provenant de descendants enthousiastes qui affichent un intérêt marqué pour l’histoire de leurs ancêtres.

 

Cet engouement se fait sentir pour cette activité mais aussi dans la fréquentation du musée. Selon Mme Juneau, l’exposition temporaire qui leur est consacrée, à l’affiche depuis le début de mai, attire environ 50 % plus de visiteurs qu’à l’habitude.

 

Pour ceux qui n’auront pu se procurer de billets pour le bal, les festivités se poursuivent dimanche sur le site historique avec des démonstrations d’artisans, une causerie musicale, des contes et une pièce de théâtre.

 

Cette journée d’activités se terminera en soirée par un concert hommage aux Filles du Roy, offert par l’Orchestre symphonique pop de Montréal au parc Marguerite-Bourgeoys.

9 commentaires
  • Gilbert Pilleul - Inscrit 16 août 2013 03 h 03

    Après les commémorations en France

    Ces belles cérémonies au Québec furent précédées en France, en juin dernier par des commémorations à Paris, Rouen, Dieppe et la Rochelle en passant par Honfleur. Rappeler le lien historique unissant la France et le Québec pour ce premier départ des filles du roy était essentiel. C'est ce à quoi s'est employée la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs avec la société d'histoire des filles du roy, et le soutien de la Délégation générale du Québec à Paris, le Consulat de France à Québec et les mairies des villes concernées. Merci à toutes et à tous et joyeuses fêtes au Québec.
    Gilbert Pilleul CFQLMC

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 16 août 2013 13 h 33

      Merci monsieur Pilleul pour vos bons mots et votre travail remarquable.

    • Alain DEer - Inscrit 16 août 2013 23 h 29

      Merci M. Pilleul,

      Nous terminons se périple avec en mémoire tout ces ponts que nous avons établit entre nous.

      Suivez-nous sur la Page Facebook; les filles du Roy 1663-2013.

      Alain D'Eer

  • France Marcotte - Abonnée 16 août 2013 06 h 45

    Des orphelines fraîches et disposes...

    Après un périple houleux de quelques semaines en mer, dans quel état réel débarquait «la marchandise» à marier dans le port de Ville-Marie?

    C'est plus romantique de les imaginer pimpantes comme sur cette photo bien que le révisionnisme en cette histoire ne servira pas beaucoup la vérité.

    Mais pourquoi bouder son plaisir, au moins on s'intéresse enfin à elles.

    Moi je continuerai à imaginer mon ancêtre sortant de bateau à la faveur de la nuit et fuyant dans les bois...pourquoi pas?

    • Jacques Moreau - Inscrit 16 août 2013 13 h 42

      Comme moi, vous semblez détecter un "enbellissement" de l'histoire nationale. C'est naturel de raconter notre histoire, l'histoire de notre famille, sur le beau coté, laissant de coté les réalitées désagréables. Il nous reste, à écouter en essayant de voire derrière le "beau décor".
      L'histoire des Filles du Roy demeure quand même intéressante.

  • Réal Ouellet - Inscrit 16 août 2013 12 h 52

    Parlant d'anachronisme...

    "Un repas inspiré de la « gastronomie » de la Nouvelle-France, préparé dans LES CUISINES DU REINE ÉLISABETH..."

    "La blonde cervoise sera par la suite disponible au réfectoire du musée, ainsi qu’au pub de la brasserie, RUE OTTAWA..."

    Ça ne vous fait pas un peu bizarre pour des filles arrivées sous le régime français?

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 16 août 2013 13 h 32

    Paradoxe

    Ainsi, le banquet de ces filles de France sera préparé dans les cuisines du "Reine Élizabeth" ? Étrange association. En efet, lorsqu'on a inauguré cet hôtel, il y a eu des manifestations pour qu'on lui donne le nom de l'un de nos personnages historiques : De Maisonneuve je crois.

  • Pearl Duval - Inscrit 18 août 2013 11 h 52

    Petite précision

    Juste une précision pour corriger une petite erreur sur les chevaux Canadiens : les chevaux Canadiens ne sont pas des Percherons ! Les Percherons sont une race de chevaux de trait à part entière venant de la région du Perche en France, mais qui sont très populaire au Québec pour tirer les charrettes de touristes, utilisés dans les concours de tir et pour des démonstrations de travaux aux champs dans les foires agricoles. Le cheval Canadien, plus léger mais très puissant, s'est développé ici, en Nouvelle-France, à partir de moins d'une centaine de bêtes amenées par l'Intendant Jean-Talon entre 1665 et 1683 environ. Soyez donc aux aguets dans deux ans alors que nous fêterons le 350 anniversaire des l'arrivée de ces braves chevaux qui furent à la base de l'un des races chevalines les pus endurante qu'il soit !