Lancement du chantier des ateliers d’artistes du Mile-End

L’accord a permis de réserver plus de 18 000 mètres carrés à la création et à la diffusion dans différentes disciplines artistiques, pour les 30 prochaines années.
Photo: Geneviève Vallerand L’accord a permis de réserver plus de 18 000 mètres carrés à la création et à la diffusion dans différentes disciplines artistiques, pour les 30 prochaines années.

Le Pôle de création et de diffusion de Gaspé est né. Le Regroupement Pied Carré a donné lundi la première pelletée de terre virtuelle en vue d’installer à demeure artistes et artisans du 5445 et du 5455, De Gaspé, dans le quartier Mile-End. Québec en a profité pour octroyer 1,8 million de dollars afin d’assurer une vitrine de diffusion au projet.


En plus de l’aménagement des espaces créatifs prévus au 5445, De Gaspé, six organismes en arts visuels auront ainsi pignon sur rue au rez-de-chaussée des deux édifices : le Centre d’art Clark, l’Atelier circulaire, Diagonale - Centre des arts et des fibres du Québec, Dazibao - Centre d’animation et d’exposition photo, Occurrence -Espace d’art et d’essai contemporains et Optica.


« La première ministre [Pauline Marois] a [déjà] annoncé que le gouvernement soutiendrait financièrement l’entente conclue entre le regroupement Pied Carré et le propriétaire [des édifices], Allied Properties. Aujourd’hui, j’annonce que le projet est bonifié puisque nous avons conclu une entente de principe qui permettra l’aménagement d’un pôle de diffusion majeur », a déclaré le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto.


Fragilisés par la forte spéculation immobilière dans le Mile-End, les artistes et artisans membres de Pied Carré ont négocié l’an dernier une entente avec Allied Properties. En 2011, ce dernier a acheté pour 38 millions de dollars le 5455, De Gaspé vendu 8 millions trois ans plus tôt.


L’accord, facilité par une nouvelle réglementation de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, a permis de réserver plus de 18 000 mètres carrés, dans les deux édifices, à la création et à la diffusion dans différentes disciplines artistiques, pour les trente prochaines années. Quelque 350artistes et artisans en profiteront dès septembre.


Le ministère de la Culture et des Communications avait déjà engagé 2,65 millions de dollars pour l’aménagement des espaces créatifs, en vertu d’une entente avec la Ville de Montréal. Celle-ci a pour sa part octroyé 3,1 millions conjointement avec le Secrétariat de la région métropolitaine, qui a également versé deux millions de dollars de son côté. Le ministre Jean-François Lisée a d’ailleurs participé à la conférence de presse, mais Mme Marois a dû annuler sa présence pour réagir à l’arrestation du maire Michael Applebaum.


« L’annonce [de lundi] boucle la boucle en unifiant les volets création et diffusion », a indiqué au Devoir Carine Valleau, porte-parole de Pied Carré. C’est Ateliers Créatifs de Montréal qui assure la gestion du chantier d’aménagement.


Le Mile-End est le quartier à la plus forte concentration d’artistes et de travailleurs culturels au pays.

5 commentaires
  • Georges Washington - Inscrit 18 juin 2013 09 h 08

    Expulsions sauvages

    Et les entreprises qui ont été expulsées de leurs locaux pour faire place à ces ateliers d'artistes, elles ont été dédommagées comment? Peut-être que le maire Ferrandez pourrait nous en parler?

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 18 juin 2013 10 h 09

    Pôôôôvres petits...

    Premier commentaire. Les baux commerciaux lorsqu'ils sont terminés ne protègent plus les locataires. Alors de prétendre que des entreprises sont "expulsées", c'est de l'exagération. Il s'agit plutôt du "non-renouvellement" d'un bail. Deuxième commentaire. Les ateliers d'artistes touchent beaucoup plus d'entreprises que les quelques commerces qui doivent changer de lieu. C'est donc un problème de société auquel l'arrondissement a trouvé une réponse fort adéquate.

    • Georges Washington - Inscrit 18 juin 2013 15 h 39

      Les baux sont venus à échéance sans renouvellement parce que la mairie d'arrondissement avait imposé un moratoire sur leur renouvellement à Allied Properties. Les gens se sont retrouvés sans bail par la faute de la mairie d'arrondissement.

      Ensuite, ils ont eu beau jeu d'invoquer le fait que les gens n'avaient pas de bail pour les expulser sans compensation d'aucune sorte avec un mois de préavis alors qu'ils savaient depuis trois mois qu'ils allaient expulser.

    • Georges Washington - Inscrit 18 juin 2013 15 h 43

      Et pendant que vous y êtes, peut-être pourriez-vous expliquer aussi pourquoi le gouvernement du Québec et la ville de Montréal vont investir massivement dans ce projet pour mettre à niveau des locaux aux frais des contribuables, mais dont la valeur va dans la poche du propriétaire de l'édifice qui se retrouve à faire rénover quatre étages dont la valeur sera augmentée?

      Peut⁻être pourriez-vous aussi mentionner que les loyers ont été majorés de 40 à 50% sur le prix précédent pour les artistes?

      Peut-être pourriez-vous élaborer ce qu'il adviendra si Pied Carré se retrouve en défaut de paiement avec son bail de 30 ans parce qu'ils ne trouvent pas assez d'artistes assez fortunés pour occuper les 200 000 pieds carrés de location à un taux plus élevé que les autres édifices du quartier?

      Est-ce que les contribuables vont devoir encore pomper du fric dans ce projet pour enrichir le propriétaire de l'édifice ou bien le propriétaire récupérera tout simplement les locaux dont la valeur aura été augmentée à même les fonds publics ayant servis à l'amélioration locative?

    • Georges Washington - Inscrit 18 juin 2013 16 h 13

      Et une dernière chose, votre commentaire démontre tout le mépris que cette administration entretien à l'égard des entrepreneurs et commerçants du quartier qui pourtant paient leurs taxes.

      Et non, ce n'est pas un problème de société. Il y avait moyen de faire autrement, mais c'est l'incompétence de l'équipe de Ferrandez qui a donné lieu à ce projet dont le succès est loin d'être assuré. L'équipe de Projet Montréal s'est fait manipuler et virer comme une crêpe par le nouveau propriétaire de l'édifice qui en a vu bien d'autres. Rien de plus facile à manipuler qu'un paon comme le maire Ferrandez et son conseiller Richard Ryan. Ils n'ont rien vu venir.