Un espace de promotion en français pour les artistes anglophones du Québec

La victoire d’Arcade Fire aux Grammys en 2011 a changé les perceptions, croit Guy Rodgers, directeur d’ELAN.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir La victoire d’Arcade Fire aux Grammys en 2011 a changé les perceptions, croit Guy Rodgers, directeur d’ELAN.

Passer par les univers numériques pour faire le pont entre deux solitudes. Le réseau des arts en langue anglaise (ELAN) inaugure ce vendredi Made au Québec, un nouvel espace en ligne qui vise à faire la promotion, localement et mondialement, des artistes anglophones du Québec, et ce, dans la langue de Molière. L’outil de communication a été inspiré par les succès récents et significatifs de groupes comme Arcade Fire à travers le monde et ne cherche rien d’autre que d’exposer un autre pan de la scène artistique québécoise en pleine ascension ici comme ailleurs, assure l’organisme à l’origine de ce projet.


« On pourrait voir là un projet politique, mais il n’en est rien, assure dans un français impeccable Guy Rodgers, directeur d’ELAN [l’homme a débarqué au Québec il y a plusieurs années en provenance de l’Australie]. La question des deux communautés est souvent abordée sous l’angle politique et ça commence à être fatigant. Made au Québec veut proposer un autre point de vue, montrer la dimension artistique des anglophones de Montréal, sortir des clichés habituels et surtout revendiquer rien de plus que ce qui existe. »


Avec cet espace en ligne, ELAN souhaite intéresser les francophones du Québec à la production artistique des anglophones, principalement ceux qui créent dans le quartier Mile-End de Montréal, dit M. Rodgers, mais également affirmer un peu plus fort la place de ces artistes sur la scène culturelle montréalaise. « La victoire d’Arcade Fire aux Grammys en 2011 a changé les perceptions, précise-t-il. Aujourd’hui encore, un grand nombre d’artistes anglophones d’ici sont plus connus en dehors du Québec et du Canada. Ces artistes voyagent partout dans le monde, font la promotion du Québec et de Montréal, et c’est bien d’en entendre parler au Québec, non ? »


Première vitrine du genre, Made au Québec va poser son regard sur tous ces artistes, qui « veulent sentir qu’ils font partie du Québec » même s’ils oeuvrent dans une autre langue que le français, dans une multitude de champs artistiques : de l’acteur Yannic Truesdale aux groupes comme Grimes, Godspeed You ! Black Emperor, en passant par le rockeur Sam Robert ou l’écrivain Yann Martel. L’espace va livrer des informations sur leurs activités tout comme sur leur rayonnement à l’échelle planétaire. Il se veut un complément à RAEV (Recognizing Artists : Enfin Visible !), un site bilingue orchestré par ELAN, qui témoigne depuis quelques mois de la complexité linguistique de la scène culturelle québécoise.


« Pour l’instant, l’annonce de l’ouverture de ce site a suscité plus d’intérêt qu’on l’avait espéré », avoue Guy Rodgers. Et du coup, ajoute-t-il, « on se dit que ça va peut-être ouvrir le dialogue ».

6 commentaires
  • Eric Shannon - Inscrit 22 mars 2013 04 h 42

    Ça commence ?

    "La question des deux communautés est souvent abordée sous l’angle politique et ça commence à être fatigant."

    Ça commence tu dis ? Ça fait longtemps...

    • Nicolas Vincent - Inscrit 22 mars 2013 08 h 34

      C'est en effet tout un euphémisme...

  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 22 mars 2013 09 h 30

    Beau projet !

    Ce qui m'intéresse le plus, c'est la littérature. Je vais donc m'informer en priorité sur ce domaine. Je connais déjà quelques auteurEs québécoisEs comme Louise Penny et je les adore (malgré mon orientation politique). Bravo pour cette initiative conviviale et harmonieuse !

  • Sylvain Deschênes - Abonné 22 mars 2013 15 h 17

    Pas politique?

    Ce n'est pas politique d'essayer d'intéresser les francophones du Québec à la production artistique des anglophones, principalement ceux qui créent dans le quartier Mile-End ?

    Ce qui serait nécessaire, ce serait que cette communauté étrangère s'intéresse, rien qu'un peu, à la culture québécoise qui l'entoure. La présence des anglais sur le Plateau est plutôt de nature coloniale.

    • Eric Shannon - Inscrit 24 mars 2013 08 h 37

      Un autre joli délire de persécution, un tantinet... euh... xénophobe peut-être ?

      "cette communauté étrangère"

      Vous parlez de qui là ? Des québécois de souches anglo-saxonnes ?

  • Frédéric Chiasson - Inscrit 22 mars 2013 15 h 27

    La question qui tue

    Est-ce que ces artistes anglophones s'intéressent au monde musical francophone?