Le Musée des beaux-arts de Montréal lance un concours d’architecture pour son Pavillon 5

Le MBAM prévoit bâtir un cinquième pavillon qui permettra à ses centaines de milliers de visiteurs d’admirer gratuitement sa collection, y compris les 75 tableaux de la collection Hornstein.
Photo: Musée des beaux-arts de Montréal Le MBAM prévoit bâtir un cinquième pavillon qui permettra à ses centaines de milliers de visiteurs d’admirer gratuitement sa collection, y compris les 75 tableaux de la collection Hornstein.

Le concours d’architecture pour doter le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) d’un cinquième pavillon est lancé. Le ministre de la Culture, Maka Kotto, a confirmé lundi l’enveloppe de 18,5 millions de dollars pour la construction de l’édifice rue Bishop, déjà prévue au budget du gouvernement libéral, en mars dernier.

« Les architectes, qu’on peut qualifier de purs créateurs québécois, devront satisfaire aux impératifs muséaux de conservation et de présentation tout en élaborant une proposition originale et impeccable sur les plans technique, environnemental et budgétaire. »


Le concours s’adresse à tous les architectes du Québec ayant un bureau opérationnel à Montréal. L’appel de candidatures sera accessible dès le 6 décembre sur le site du MBAM. Trois finalistes seront retenus en février et invités à soumettre un projet détaillé. Le jury recommandera au musée la firme lauréate en avril.


Le Pavillon 5 permettra d’exposer les collections internationales de l’institution montréalaise, dont les 75 tableaux de maîtres anciens de la fameuse donation de Michal et Renata Hornstein au MBAM, dévoilée au printemps dernier. Le nouvel immeuble cumulera 2400 mètres carrés d’espace d’exposition sur quatre niveaux hors sol et près de 400 mètres carrés en sous-sol pour l’entreposage des oeuvres. Au total, quelque 600 oeuvres y seront exposées, dont la récente donation de Ben Weider sur Napoléon 1er.

 

Retracer l’histoire


« C’est une enveloppe cruciale pour l’effet domino qu’elle va opérer sur la cité muséale, a expliqué au Devoir Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du MBAM. Le Pavillon 5 va permettre de retracer l’histoire de l’art occidental, du Moyen-Âge à l’art moderne, de manière plus cohérente et renforcée avec une collection notablement enrichie grâce à la collection Hornstein ». Les espaces ainsi libérés vont permettre d’exposer les cultures du monde (art précolombien, africain, chinois, océanien) qui ont enrichi le musée au fil des ans.


Le MBAM a déjà envisagé de se déployer plus au sud de la rue Sherbrooke. Il a acquis l’édifice de la rue Bishop il y a plusieurs années. Mais la donation Horstein a joué un rôle de catalyseur. Avec l’enveloppe de Québec, elle permettra de poursuivre la petite révolution des collections du musée lancée avec le pavillon Bourgie, inauguré l’an dernier, qui a permis de faire grimper la part des collections exposées de 5,5 % à 9,5 %.


L’architecte et responsable du programme de construction Claude Provencher promet « un plateau de présentation des oeuvres [qui] sera encore plus imposant » que celui offert par le pavillon Bourgie. Un corridor fera le lien physique entre le pavillon Desmarais et le futur Pavillon 5.


« Ça crée une continuité importante », a-t-il indiqué, après l’édifice inaugural conçu par les frères Edward et W. S. Maxwell en 1912, son aile ajoutée à l’arrière en 1976 par Fred Lebensold, le pavillon Desmarais dessiné par Moshe Safdie, en 1991, et le tout récent pavillon Bourgie accroché à l’église Erskine American, signé Provencher Roy + Associés. « Les pavillons vont raconter une histoire avec le temps. »


Le musée retient le même modèle de financement que pour le pavillon Bourgie : outre l’enveloppe de Québec pour la construction, il créera un fonds de dotation avec l’aide du secteur privé pour assumer les coûts d’opération.


L’édifice devrait ouvrir ses portes en 2017, à temps pour le 375e anniversaire de Montréal.