À la fois créateurs et consommateurs culturels

Une jeune femme lit une bande dessinée sur un iPad: la mobilité est centrale chez les jeunes.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Une jeune femme lit une bande dessinée sur un iPad: la mobilité est centrale chez les jeunes.

Dévoilée jeudi, l’étude « La participation culturelle des jeunes de Montréal - Des jeunes culturellement actifs » résume 37 entrevues individuelles de 30 minutes à 2 heures chacune, et quatre rencontres de groupes réalisées avec 58 jeunes âgés de 12 à 34ans.

« Il y a d’emblée un biais, signale le sociologue Christian Poirier, qui a mené la recherche, puisque les jeunes choisis sont actifs culturellement, mais à des degrés variables, de très peu à extrêmement actifs. »


Il s’agit de la première démarche de recherche qualitative du genre au Québec concernant la pratique culturelle des jeunes, toujours mesurée jusqu’ici par des études statistiques. Le but n’est pas d’atteindre l’exhaustivité - quelle part des jeunes est active culturellement ou non ? -, mais plutôt d’aller en profondeur, par des entretiens dirigés.


L’équipe de chercheurs de l’Institut national de recherche scientifique a opté pour une définition élargie de la jeunesse : des 12-17ans, public de demain rarement inclus dans des études du genre, aux adulescents de 25-34ans.


La musique et le cinéma dominent dans tous les portraits dégagés ; la lecture aussi : des magazines, des blogues et des classiques.


Exit la pureté, bonjour les « proconsommateurs » : chez la plupart des jeunes rencontrés, création et consommation sont intimement liées : pas de profil pur créateur ou pur consommateur.


Ce qui se confirme : l’intérêt pour la télé est en déclin, surtout chez les jeunes de 12-17ans.


Ce qui n’a finalement pas changé : les parents et la famille sont très significatifs dans la transmission des arts et de la culture aux jeunes.


Ce qui se dégage : leurs pratiques, d’une grande diversité (du rap au photomontage), combinent les approches traditionnelles et numériques.


Ce qui fait image : la chambre connectée. Les jeunes s’engagent culturellement souvent seuls dans leur chambre, mais aussi en groupe (notamment au cinéma) dans l’esprit de communauté. « La culture comme vecteur de lien social est fondamentale, notamment chez les 12-17ans », dit M.Poirier.


De Lady Gaga au théâtre de Wajdi Mouawad : l’étude remet en question le stéréotype voulant que les jeunes soient partagés entre une majorité pop commerciale et une minorité culturellement allumée et active ; le profil qui domine est mixte.


La mobilité est centrale chez les jeunes : il suffit d’un sac à dos, d’un iPod, d’un cellulaire.


Ce qui a étonné les chercheurs : la richesse des définitions de la culture. Des exemples de témoignages ? « C’est le poumon de la société. »« C’est ce qui rend la société humaine. »

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