Dix ans d’art à la Fonderie Darling

Sa transformation a été l’un des premiers exemples réussis de recyclage du patrimoine industriel. Adresse désormais incontournable, la Fonderie Darling célèbre ses dix ans en tant que centre d’art contemporain. Ateliers portes ouvertes, inauguration des expositions estivales et soirée dansante à la belle étoile sont au programme.

Une fête avec un souci en tête : l’espace de la Fonderie Darling ne suffit plus. Caroline Andrieux, âme et directrice du centre d’art bâti dans cette ancienne aciérie, ne s’en cache pas. Inauguré en 2005, le volet des résidences internationales connaît un tel succès que les espaces actuels, rue Ottawa, ne peuvent plus y répondre. Déjà sept programmes existent, mais deux projets avec l’Allemagne et le Mexique demeurent en suspens.


« Ces résidences, il faudra leur trouver une place, sans déloger les Montréalais [qui louent des ateliers à bas prix]. On cherche un nouveau lieu, on pense à un bâtiment à Pointe-Saint-Charles. Je ne peux pas en parler, mais disons qu’il y a une occasion. Il faut que ce soit une super occasion pour que le démarrage ne soit pas trop difficile », dit-elle, en admettant que le contexte est peu favorable.


Chapeautée du titre « 10 ans, Ma Darling ! », la fête anniversaire sera animée dès 20 h 30 par DJ Champion, jadis technicien d’exposition chez Quartier éphémère, l’entité derrière la renaissance de la Fonderie Darling. Belle occasion de visiter les 13 ateliers. « Ils seront tous ouverts », promet l’enjouée directrice.


La Fonderie Darling est devenue une pépinière de créateurs, y compris étrangers. Demain, la Sud-Africaine Dineo Seshee Bopape, à Montréal depuis janvier grâce à la résidence internationale du Conseil des arts du Canada, est au programme d’une série de performances. Côté expos, on procédera au vernissage d’oeuvres des Québécois Guillaume Labrie et Jon Knowles.


La soirée dansante sera précédée de la campagne annuelle de financement. Les détenteurs des billets Coup de coeur et Coup de foudre acquerront une oeuvre à tirage limité, signée Mathieu Beauséjour ou Chih-Chien Wang. Des oeuvres d’autres artistes seront aussi en vente, dont les collages et cartes postales du Grand Antonio. La Fonderie Darling possède les ayants droit du fonds de l’homme fort depuis sa mort en 2003.


Caroline Andrieux espère amasser 50 000 $, soit 10 000 $ de plus que l’an dernier. De quoi permettre, espère-t-elle, de démarrer le nouveau lieu, d’asseoir le mandat de diffusion de la Fonderie et de lancer un véritable plan de développement des publics.


Le nombre de visiteurs n’a pas cessé d’augmenter. La fréquentation des expositions a connu une hausse de 70 % en dix ans.


Souligner les dix ans de la Fonderie Darling permettra à Caroline Andrieux de faire le bilan sur « les années pas mal insouciantes » de Quartier éphémère, fondé il y a 20 ans. Si elle reconnaît qu’il a fallu « vraiment s’accrocher » pour tenir les « projets fous » qu’ont été Panique au faubourg (1997), Silophone (2000-2002) ou la Fonderie Darling, elle estime que la chance y a joué aussi.


« On est arrivés au bon endroit au bon moment. Aujourd’hui, c’est plus compliqué ; des espaces, il y en a moins. La ville se resserre beaucoup. Il y a entrave dans les espaces pour la communauté », dit-elle. Ainsi, l’habitude estivale de faire de la rue Ottawa une artère piétonne est à oublier. La circulation automobile y est trop importante, aurait répondu l’administration municipale à Caroline Andrieux.


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Collaborateur