Premiers pas pour protéger les ateliers d'artistes du Mile-End

Les travailleurs culturels du Mile-End, ce quartier de Montréal le plus densément peuplé d'artistes au pays, respirent mieux. L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal a adopté hier des règlements visant à modifier le plan d'urbanisme dans le secteur névralgique de Saint-Viateur Est afin de protéger les ateliers d'artistes. Ce règlement impose carrément un moratoire sur le développement résidentiel.

«Ces mesures visent essentiellement à préserver et à soutenir le développement des ateliers d'artistes, à mettre en place les conditions favorables pour une économie créative de pointe et à haute valeur ajoutée et à préserver la mixité des usages dans le secteur», a renchéri Richard Ryan, conseiller d'arrondissement du Mile-End. Car les artistes deviennent en fait les victimes de l'attrait qu'ils ont généré dans le quartier, a aussi reconnu le maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez.

Le secteur du quartier Mile-End visé par les règlements s'étend des avenues Casgrain à De Gaspé, entre les rues Bernard Est et Maguire. Il s'agit essentiellement de sept gros édifices — d'anciennes manufactures occupées à 20 % par des artistes, des artisans et des travailleurs culturels —, que l'arrondissement veut réserver à une diversité d'emplois, tel qu'ils le sont actuellement.

En plus d'y interdire toute construction et conversion à des fins résidentielles, les nouveaux règlements limitent certains usages et superficies à ceux fixés par les entreprises occupantes actuelles. Tout nouveau locataire ne pourra donc occuper plus de 500 mètres carrés et devra respecter l'usage (culturel ou autre) du précédent occupant. Ce moratoire durera un an, le temps de mener une consultation publique et de faire rapport en vue de la modification au plan d'urbanisme. Bref, l'arrondissement s'engage à préserver l'écosystème actuel à la mesure de ses capacités.

«C'est une solution partielle, mais un message clair et à la communauté et à tous les intervenants et partenaires dans le secteur», commentait hier l'artiste Pierre Przysiezniak, qui préside aussi Pied carré, un regroupement de créateurs qui oeuvre à préserver et à bonifier les espaces de création dans le Mile-End. En octobre dernier, l'organisme lançait un appel à l'aide à cet effet à la Ville de Montréal et au gouvernement du Québec.

À l'instar d'autres artistes et groupes culturels, M. Przysiezniak a déjà déménagé quatre fois dans ce fameux secteur Saint-Viateur Est. L'édifice du 5455, avenue De Gaspé, qui a longtemps appartenu au même propriétaire, s'est vendu huit millions de dollars en 2008, puis 37,8 millions en juin dernier. Les baux, renouvelés autrefois tous les cinq ans, le sont parfois tous les mois.

Il souhaite maintenant que les autres instances (la ville-centre, ses services de culture, d'urbanisme et de développement économique et le gouvernement du Québec) emboîtent le pas à l'arrondissement.
4 commentaires
  • meme40 - Inscrite 6 mars 2012 07 h 40

    HI

    Il y a de l'élection dans l'air ??? Pourquoi un ghetto?? Tous les artistes, du mil-end et d'ailleurs ne méritent-ils pas un lieu de travail décent ? ... Mais.. il y a un mais.... pourquoi pas un moratoire pour les mal logés qui sont menacés de perdre leurs toits aux mains de spéculateurs ... les condos qui poussent partout et qui amènent des autos joujous détestés des élus mais il faut dire qui dit condo, dit gros char.. .. La hausse vertigineuse du prix des loyers. Qui donc y verra ? Que dire des boites à fleurs anarchiques, semées ça et là , à la gloire des élus, et la haine des automobilistes..Des sens uniques aberrants, qui ne font qu'engorger le quartier.. c'est le même Ferrandez...!Le plus gros défaut de l'électoralisme, est l'incohérence !

  • André Boulanger - Inscrit 6 mars 2012 09 h 26

    Bravo !

    Tout simplement bravo. Un autre pas dans la bonne direction qui retarde la main mise des spéculateurs sur le marché de l'art immobilier ;0)

  • Pamela - Inscrit 6 mars 2012 10 h 37

    comme dit meme 40

    moi je me fais en plus mettre à la porte de mon quartier, car il n'y a plus de place pour des gens comme moi, incapable de payer un loyer augmentant. La circulation automobile empoisonne maintenant le quartier, et ça n'est pas la faute des artistes: eux, ils n'ont pas de grosses SUV ! mon quartier qui était aussi gentiment multilingue l'est de moins en moins... La hausse des loyer TUE la diversité.

  • vincent dostaler - Inscrit 7 mars 2012 01 h 44

    La vie avant le profit!

    Bravo Mile-End!