Le Festival Voix d'Amériques devient PHENOMENA

Après 10 ans d'existence, le Festival Voix d'Amériques se transforme et devient PHENOMENA. La manifestation, axée sur la création interdisciplinaire et les parcours artistiques atypiques, change aussi de saison. Plutôt qu'en février-mars, la onzième édition se déploiera du 19 au 26 octobre.

«Le Festival Voix d'Amériques sort du placard!, lançait hier, à un petit groupe de journalistes, D. Kimm, directrice artistique des Filles électriques qui pilotait le FVA depuis presque ses débuts. On favorisait déjà l'approche interdisciplinaire, mais on veut l'assumer encore plus.»

PHENOMENA, qui signifie «ce qui apparaît», se veut plus que jamais ancré dans la diversité des pratiques underground. L'événement cultivera l'esprit artisanal, le cabaret (mais pas burlesque!) et les cabinets de curiosité, l'illusion et le cinéma, le théâtre d'ombres et d'objets, tout en recourant aux technologies modernes.

D. Kimm cite, à titre de modèles inspirants, l'esthétique des frères Quay, de Georges Méliès, du cinéaste canadien hors normes Guy Maddin et le travail des artistes Marcelle Hudon, Alexis O'Hara et des tandems 2Boys.tv et Mobil Home, avec qui elle collabore depuis longtemps.

Ce qui a fait la marque du FVA ne disparaîtra pas pour autant. La prise de parole sans compromis demeure au programme avec les désormais célèbres Combat contre la langue de bois et Cabaret Dada, les 5 à 7 band + poésie et les micros ouverts de fin de soirée. La manifestation garde ses quartiers généraux à la Sala Rosa, à la Casa del Popolo et au Divan orange. Et entend toujours privilégier les rencontres intimes, touchantes et fantaisistes avec son public.

Selon D. Kimm, les termes «voix» et «Amériques» choisis par le fondateur André Lemelin ne conviennent plus à ce qu'est devenu le festival, plus tourné vers l'Europe et qui embrasse le poétique, au-delà de la seule voix des poètes ou des auteurs.

Encore présents, le slam, le spoken word, le conte, la parole autochtone — expressions qui ont maintenant leur tribune dans d'autres festivals — ne constitueront donc plus l'axe principal de l'événement.

La directrice compte aussi multiplier les collaborations artistiques et explorer les réseaux de diffusion étrangers pour ses productions maison. Un premier partenariat est en marche avec le FNC-Lab du Festival du nouveau cinéma. Pour mener tout cela, elle a embauché Stéphane Despatie, ex-directeur de la revue de poésie Exit à titre de directeur administratif.