Hard: aucune plainte de citoyen

Radio-Canada n'avait reçu aucune plainte de citoyen au sujet de la diffusion de la série française Hard sur le site Tou.tv avant que le ministre du Patrimoine canadien exige d'en bloquer l'accès, la semaine dernière. Aucune plainte, nada, zéro, selon les informations obtenues par Le Devoir.

Par ailleurs, pour des raisons techniques, la société d'État aura mis plusieurs jours à appliquer intégralement l'ordre du gouvernement fédéral. La comédie se déroulant dans le milieu de la production pornographique était encore disponible en libre accès hier matin dans certaines parties du pays. Le blocage total devrait maintenant être implanté.

La première saison de la production française (il y en a eu deux) est apparue sur Tou.tv en janvier. En France, la première diffusion date de 2008, sur le réseau Canal +, une chaîne généraliste privée à péage. Radio-Canada refuse de dévoiler le montant payé pour la diffusion ici, uniquement en ligne.

La série écrite et réalisée par Cathy Verney raconte l'histoire d'une veuve soudainement propulsée à la tête d'une boîte de production de films pornographiques, elle qui croyait son défunt mari directeur d'une compagnie de fret. La production comporte des scènes assez explicites, justifiées par son sujet.

La controverse canadienne a éclaté mercredi quand les médias du réseau Sun, propriété de Quebecor, ont dénoncé la présentation gratuite et sans limites de la série sur le site radio-canadien en français de vidéo sur demande. Un avertissement signalait toutefois que le visionnement était réservé aux plus de 16 ans.

Jusque-là, Radio-Canada n'avait reçu aucune plainte pour cette présentation, confirme Marie Tétreault, chef des communications d'Internet et des services numériques de la Société.

Le lendemain, le ministre James Moore s'emparait du dossier et réclamait le retrait de la série. Radio-Canada a finalement opté pour un visionnement restreint, entre minuit et 4h du matin, qui a donc connu quelques difficultés d'implantation au cours des derniers jours, pour des raisons indépendantes de la volonté de Radio-Canada. Selon les explications obtenues, des serveurs numériques canadiens n'appliquaient pas les consignes de blocage.

En tout cas, l'intérêt du public ne mollit pas pour Hard. Les visionnements ont augmenté pendant cette période de publicité pour la production au sujet osé. Les branchements ont doublé le dernier jour de libre accès, soit entre la diffusion des premiers reportages ayant créé la controverse et les premières restrictions de visionnement.
3 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 7 février 2012 11 h 12

    Agenda Sun News...

    J'espère que la direction de la SRC va voir plus loin que son nez dans la propagande de Sun News. Gardez vos pas en arrière pour les véritables scandales. Et évitez-les.

    Pour les brouitilles, envoyez-les gentiment promener.

  • Alice Savage - Inscrit 7 février 2012 12 h 36

    Pour une fois que le texte sauve les images

    À déconseiller, certes, si on ne comprend pas le français...
    Dans le cas contraire, cette satire très spirituelle n'a rien de plus pour choquer que les débauches de grossièretés, de tacatacatac, de tapes sur la tête et d'anglicisation présentées aux heures de grande écoute.
    Je n'ai vu que les premiers épisodes, mais la suite me semble un drôlement bon plan pour des nuits d'insomnie. En espérant néanmoins que cette censure finisse par s'assouplir : si des jeunes sont censés regarder Tout.tv jusqu'à minuit, imaginez ce qu'ils vont plutôt voir comme réelle porno et ce qu'ils gagneraient à entendre le commentaire sarcastique porté par cette série.

  • Pierre Lacombe - Inscrit 8 février 2012 09 h 49

    Dangereux précédent !

    Depuis quand le ministre du Patrimoine dicte-t’il sa conduite à la SRC. Bientôt le gouvernement Conservateur de M. Harper verra-t’il a rayer des bulletins de nouvelles les critiques qui ne feront pas son affaire. C’est d’autant plus grave que le Ministre réagit à une critique de réseau Sun de Québécor, en guerre ouverte avec la SRC depuis quelques années. Rappelons que le ministère du Patrimoine s’était prêté dernièrement à une fausse séance d’assermentation de nouveaux citoyens canadiens dans les studios de Sun, représentation à laquelle des fonctionnaires du Ministère furent gracieusement prêtés pour figurer comme figurants. Dangereux précédents, en effets!