Affichage: la STM affirme qu'il n’y a pas eu de censure

La photographie d’Angelo Barsetti retravaillée par la graphiste Louise Marois, prévue pour la publicité du Théâtre Sibyllines
Photo: Théâtre Sibyllines La photographie d’Angelo Barsetti retravaillée par la graphiste Louise Marois, prévue pour la publicité du Théâtre Sibyllines

Il n’y a pas eu de censure de l’affiche de L’Opéra de quat’sous des Productions Sibyllines, se défend la Société de transports de Montréal (STM). «Si cette affiche m’avait été soumise, je l’aurais acceptée, a indiqué au Devoir la porte-parole de la STM, Odile Paradis. Je ne vois pas sur quelle base on l’aurait refusée. Il n’y a pas eu de censure parce que la photo ne s’est jamais rendue jusqu’à nous. Il n’y avait pas de contrat signé.»

Le Devoir révélait ce matin que l’affiche conçue pour annoncer L’Opéra de quat’sous de Brigitte Haentjens, en janvier à l’Usine C, avait été refusée au moment d’une demande de soumission à Métromédia Plus (MmP), qui gère la publicité dans le métro et les autobus. La photographie en noir et blanc signée Angelo Barsetti, remaniée par la graphiste Louise Marois, montre deux femmes un peu alanguies sur un fauteuil, en sous-vêtements inspirés des années 1930.

Échaudée par l’expérience de Blasté, pièce de 2008 dont l’affiche a été censurée après le contrat signé et les tirages imprimés, la compagnie de théâtre a soumis cette fois le visuel de l’affiche en amont du processus. La chargée de ventes de Métromédia Plus lui a alors suggéré de proposer d’autres photographies, en indiquant que la tenue légère des femmes pouvait poser problème.

Or ce refus n’en est pas un, selon Mme Paradis, puisqu’il découlait d’une «discussion informelle», et qu’«il n’y avait pas de contrat signé». «La personne chez MmP se posait des questions» quant à l’impact possible de la photographie et le client «semblait magasiner» son affichage publicitaire, explique-t-elle.

Reste que cette invitation à changer de visuel a suffi à faire reculer Sibyllines. «Avant le refus, nous avions prévu cette campagne [dans le métro] au budget», précisait hier au Devoir Jean-Sébastien Rousseau, des communications de Sibyllines.

Mme Paradis insiste sur les liens forts et nombreux entre le milieu culturel et la STM. Elle affirme qu’elle reçoit peu de plaintes du public sur la nature des publicités. Selon elle, la dernière polémique remonte à... Blasté.

Ni la STM ni MmP n’ont de politique ou de code de déontologie spécifique en matière d’affichage publicitaire. Ils s’en remettent aux Normes canadiennes de la publicité. Et «au gros bon sens», ajoute Odile Paradis. «On ne veut pas affliger et insécuriser notre clientèle, dit-elle. L’entente, c’est que dès qu’il y a une connotation sexuelle ou pornographique, de la discrimination, du racisme [dans la publicité], on veut approuver». Mais dans 98 % des cas, la STM n’a pas besoin de se prononcer et laisse MmP faire son travail.

A lire: L'article du Devoir de ce matin

4 commentaires
  • Pierre Rivet - Abonné 12 octobre 2011 16 h 59

    Alors...la suite?

    Alors quelle est la suite? Ils vont la prendre ou non cette affiche pour la placer sur les murs du Métro et autres? J'allais partir en cabale contre MmP et la STM (et avoir idiot sans doute), mais là je me demande qu'elle est l'information exacte?

  • Jean Roy - Inscrit 12 octobre 2011 17 h 34

    Pièce de théâtre en manque de publicité?

    Je crois qu'on aurait dû vérifier avec la STM avant de publier l'article de ce matin...je vois plein de cies théâtrales qui affichent dans le métro.
    A-t'on essayé de créer un scandale qui n'a jamais eu lieu???
    Étrange...parlez-en bien, parlez-en en mal mais parlez-en!

  • Fabien Nadeau - Abonné 13 octobre 2011 07 h 43

    Pré-censure

    Il est probable que la STM a raison et que la publicité ne lui a pas été soumise officiellement parce que quelqu'un avec une mentalité de grand-mère facile à choquer a donné son avis. Notre société est toute pleine de ces gens bien-pensants, dans tous les domaines, qui passent leur temps à détailler la vie de autres prêts à brandir le "pas correct"...

  • Isabelle Giguère - Abonnée 13 octobre 2011 15 h 53

    Pré-censure

    La compagnie de théâtre ayant déjà été échaudée (refus d'afficher malgré un contrat avec tous les coûts que cela comporte) a craint de faire à nouveau refuser l'affichage de la publicité imprimée. Quand les représentants de Métromédia Plus tiennent un discours de curé d'une autre époque, doublé d'un précédent, c’est une forme de censure. D'un autre côté, on affiche des publicités de sex-shop ou marques de bières!