I Am Slave en clôture du FIFBM

Dimanche soir, le Festival international du film black de Montréal clôture sa septième édition au cinéma Impérial avec un film poignant fort bien réalisé par le Britannique Gabriel Range (derrière Death of a President), présent pour l'occasion. Le film, intitulé I Am Slave, aborde l'ignoble condition d'une jeune Africaine confinée à l'esclavage, et Gabriel Range l'aborde en cinéaste.

I Am Slave est adapté de l'aventure de Mende Nazer. Elle fut enlevée à 12 ans dans son village du Soudan par une milice progouvernementale, vendue à une femme de Khartoum qui la battait, transférée à Londres, esclave parfois recluse dans sa chambre, en butte aux avances masculines, sans passeport ni droit de téléphoner à son père qui n'a jamais cessé de la chercher. Elle parviendra à s'échapper avec l'aide d'un passant.

On salue la force du film, porté par les interprétations de Wummi Mosaku, dans le rôle principal, d'Isaach de Bankolé, de Lubna Azabal et d'Hiam Abbass.

Déjà, les belles images tragiques du village soudanais attaqué nous entraînent du côté du cinéma de qualité, mais la tension soutenue tout au long d'un film qui se fait thriller — va-t-elle s'échapper? — ajoute au drame une nervosité qui se transmet au spectateur. Et la dignité de l'héroïne nous va droit au coeur, tout comme le dénouement pudique qui appelle à tous les lendemains possibles.