L'Angleterre met la hache dans les bibliothèques

Le plan d'austérité mis en place par les conservateurs en Angleterre touche aussi les bibliothèques publiques. Près de 400 bibliothèques sont menacées par les politiques d'austérité des conservateurs du gouvernement de David Cameron, lequel fait l'objet ces jours-ci, comme on le sait, de très vives critiques dans les rues de Londres et d'autres villes de Sa Majesté.

Comment permettre aux bibliothèques de survivre? Une association de gouvernements locaux et le Conseil des musées, bibliothèques et archives suggèrent, dans un rapport qui vient de paraître, de confier la gestion des bibliothèques à des communautés religieuses, à des groupes de charité et à des entreprises privées. Ces mesures sont décrites comme des politiques d'avenir destinées à «briser les barrières de la tradition» et à «conduire les bibliothèques dans le XXIe siècle».

Est-ce bien là des mesures porteuses d'avenir? Le rapport lui-même n'en est pas très sûr. Il faudrait, notent ses rédacteurs, «suivre l'implantation de ces projets pour confirmer que ces propositions fonctionnent et qu'elles augmentent vraiment l'efficacité et le rendement, ce qui pourrait prendre quelques années avant qu'un jugement définitif puisse être rendu».

Au nombre des premiers efforts déployés pour survivre aux coupures, des bibliothèques ont été regroupées et on a tenté de recruter des bénévoles pour assurer certains services. On pense désormais à regrouper dans un même édifice plusieurs services publics différents, y compris les bibliothèques.

Des députés de l'opposition estiment que les mesures visant à sauver les bibliothèques victimes de coupures ne suffiront pas à assurer la survie de plusieurs d'entre elles. Plusieurs bibliothèques ont vu leur budget de fonctionnement coupé de 50 % alors qu'elles fonctionnaient déjà avec un minimum de ressources.

Selon les statistiques du Département pour la culture, les médias et les sports, 12,8 % des adultes fréquentent les bibliothèques publiques en Angleterre. Cette proportion grimpe en flèche chez les plus jeunes. Chez les 11 à 15 ans en effet, 70 % fréquentent les bibliothèques publiques.
9 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 10 août 2011 09 h 27

    De moins en moins de lecteurs

    Je suis un utilisateur de bibliothèque publique depuis plus de 50 ans. J'adore la lecture. Cependant il semble que de moins en moins de gens aiment lire des volumes.

    J'ai observé que les utilisateurs sont surtout soit des enfants avec des bandes dessinées ou des baby boomers de plus de 40 ans... Je ne suis donc pas surpris de voir que seulement 12.8% des adultes anglais utilisent les bibliothèques..mettant en danger leur survie . Pour bien des jeunes internet a remplacé les livres et les bibliothèques...

    Espérons que les jeunes attendront mon décès avant de fermer les bibliothèques ici...servant au enfants et aux vieux uniquement..

  • northernbud - Inscrit 10 août 2011 09 h 53

    Brillant

    On voit où ça mène les coupes à l'aveugle dans la culture et le filet social. Continuez votre bon travail Mr Cameron. Et surtout, n'oubliez pas le budget militaire et policier ; celui là faut surtout pas le couper.

    Imbécile !

  • Jean de Cuir - Abonné 10 août 2011 09 h 55

    Biblio !

    Il y a austérité et ...Quand on vise l'héritage de la pensée et de l'imaginaire, on vise l'âme d' une nation. C'est toute la politique du livre et de l'éducation qu'il faut repenser. Si une nation par son gouvernement limite la croissance des biblio il faut modifier la politique de la circulation des livres; par exemple, pas de taxe sur l'achat, et déduction d' impôt pour tout achatde livre, matériel scolaire compris!

  • richardle - Abonné 10 août 2011 10 h 56

    méthode plus sournoise

    Tout le monde sait, depuis Ray Bradbury, que c'est à 451 degrés fahreineit que le papier s'enflamme et donc part en fûmée. Couper les budgets des bibliothèque est une méthode plus sournoise pour arriver au même résultat.
    Le livre est dangereux: peut-être est-ce là même, dans un de ces livres, que les émeutiers de Londres et Manchester ont appris, statistiques à l'appui, qu'ils sont pauvres et exclus.
    Richard Lépine

  • NGS - Inscrit 10 août 2011 12 h 17

    Plus d'utilisateurs parce que moins de bibliothèques?

    Le Québec est tout sauf un modèle sur le plan de bibliothèques. Dans les écoles et ailleurs on fait piètre figure. Il y a "sur-utilisation" parce qu'il manque cruellement de bibliothèques ici...et pour ce qu'il est des budgets d'acquisitions...n'en parlons pas!