Société des musées québécois - Cap sur la découverte des musées maritimes

Assïa Kettani Collaboration spéciale
Le site historique maritime de la Pointe-au-Père ouvre les portes — et la salle des torpilles — de l’ex-sous-marin de guerre Onondaga.<br />
Photo: Source Site historique maritime de la Pointe-au-Père Le site historique maritime de la Pointe-au-Père ouvre les portes — et la salle des torpilles — de l’ex-sous-marin de guerre Onondaga.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Faut-il attendre qu'il pleuve pour aller au musée? Cet été, la Société des musées québécois (SMQ) est bien décidée à contredire ce mythe. En mettant le fleuve Saint-Laurent à l'honneur, la SMQ invite à découvrir les 1001 façons de plonger dans l'un des joyaux du patrimoine québécois.

Visites de bateaux-musées ou de sous-marins, excursions en mer, spectacles multimédias, dégustations, laboratoires pédagogiques ou échappées scientifiques, bottes aux pieds, pour partir à la récolte d'invertébrés marins...: l'éventail d'expériences que proposent dix établissements-phares sélectionnés par la SMQ revisite le tourisme culturel à la lumière de la découverte. «Pour une expérience estivale, c'est une offre touristique intéressante. C'est une façon active et joyeuse de faire la découverte du Québec et de voir le Québec différemment», avance Michel Perron, directeur général de la SMQ.

Une formule ludique et diversifiée, qui plonge pourtant au coeur de l'histoire, des traditions et du patrimoine québécois. «Le fleuve Saint-Laurent est intimement lié à l'histoire du Québec. Découvrir ses musées maritimes, c'est un moyen de parler de la culture québécoise de façon locale, des modes de vie et des traditions», explique Linda Lapointe, directrice des communications de la SMQ.

Dix lieux

Parmi les 26 musées liés au fleuve que compte la SMQ, dix établissements ont été sélectionnés: des musées à l'infrastructure suffisante pour accueillir des groupes de touristes, avec l'objectif d'attirer une clientèle touristique locale mais aussi étrangère.

Ces dix établissements, par leur variété, offrent un panorama diversifié, tous domaines confondus, de la vie autour du fleuve: histoire, géographie, géologie, histoire naturelle, pêche ou navigation... «Le thème maritime touche très large», explique Linda Lapointe. Au menu: le fleuve Saint-Laurent sous toutes ses coutures, de l'histoire de la navigation aux mammifères marins, en passant par les fossiles de poissons, les découvertes culinaires ou l'exploration des fonds marins méconnus.

Pour l'exploration de bateaux grandeur nature, le Musée maritime du Québec, situé dans le village de L'Islet-sur-Mer, présente deux bateaux-musées à visiter, plus de 12 000 objets et documents, et il invite à découvrir la figure légendaire du capitaine J.-E. Bernier. Vous avez toujours rêvé d'apprendre à faire le noeud de chaise et le noeud de cabestan, ou vous vous demandez tout simplement ce que cela veut dire? Le Musée maritime du Québec propose aussi des initiations au matelotage.

Le site historique maritime de la Pointe-au-Père, quant à lui, ouvre les portes — et la salle des torpilles — de l'ex-sous-marin de guerre Onondaga et invite à grimper tout en haut du phare de Pointe-au-Père, l'un des plus élevés au Canada.

Fjord et fleuve

Du côté des fonds marins, de la faune et de la flore locales, Exploramer (Saint-Anne-des-Monts), le Musée du fjord (ville de Saguenay) et le Jardin des glaciers (Baie-Comeau) privilégient l'expérience extérieure, avec virées en zodiac, sentiers d'interprétation ou explorations du littoral ou des berges accompagnées d'un guide. «Il s'agit d'une offre d'activités, de visites dans lesquelles il faut être actif. L'expérience nature-culture prend tout son sens», affirme Linda Lapointe. Le Centre d'interprétation des mammifères marins, à Tadoussac, et le Centre de découverte du milieu marin (Les Escoumins) mettent le multimédia à l'honneur: expositions interactives ou encore projections permettant de suivre un plongeur équipé d'une caméra, qui filme les fonds marins, et de communiquer en direct avec lui. «On a parfois une image du fleuve Saint-Laurent le dépeignant comme gris. On s'aperçoit que, dans l'estuaire, il y a des étoiles de mer, des anémones, des coraux de toutes les couleurs.»

Et, dans ces musées, il est permis de toucher: on remonte des paniers de crabes, on touche le squelette d'un cachalot et on prend dans ses mains des animaux des fonds marins. Le principe: une expérience participative. «C'est bien le principe de la muséologie scientifique qui est à l'honneur, avec une démarche de démonstration et de vulgarisation. Le propre de la science est d'expérimenter. C'est une belle façon de combiner l'histoire, la science et la nature», estime Michel Perron.

Le Musée de la Gaspésie, quant à lui, s'avère incontournable pour connaître une région ancrée dans une histoire liée à la navigation, tout comme le site historique du Banc-de-pêche-de-Paspébiac, dont les murs des bâtiments sont chargés de la mémoire des traditions de la pêche.

Le Musée d'histoire naturelle du Parc national de Miguasha invite enfin à découvrir l'un des sites naturels du patrimoine de l'Unesco, qui compte des fossiles de poissons découverts par milliers dans la falaise du parc, pour plonger dans un passé lointain il y a 380 millions d'années. Les plus scientifiques pourront participer à un laboratoire pédagogique sur la paléontologie, alors que les plus sportifs pourront explorer la falaise fossilifère par un sentier pédestre.

Découvertes

Ces musées sont aussi un bon moyen d'attirer le regard sur des régions situées au bord de l'eau. On profite de la visite au musée pour aller déguster les produits régionaux — fruits de mer à l'honneur — ou prendre le pouls d'une vie locale au rythme du fleuve. «La découverte des produits du terroir et des traditions locales fait partie de l'offre culturelle. L'agroalimentaire, par exemple, suscite un intérêt croissant.» C'est également l'occasion de mettre l'accent, comme le fait le logo «Fourchette Bleue», d'Exploramer, sur des espèces de poissons comestibles et méconnus qui offrent une solution de rechange aux espèces en difficulté.

Et, bien sûr, l'attrait exercé par ces établissements-phares est aussi un moyen de pointer le regard vers les 16 autres musées régionaux «amoureux du fleuve» que compte le Québec.

Cette campagne s'inscrit dans le projet plus vaste de faire découvrir chaque année un aspect du patrimoine québécois de manière thématique. Si l'exploration du Saint-Laurent ouvre le bal de cette invitation au voyage, les futurs projets comprennent le patrimoine religieux, ou encore un programme touristique sur le thème de la Nouvelle-France. Au total, ce sont 300 établissements muséaux que regroupe la SMQ, qui a pour objectif de valoriser le réseau culturel et d'offrir une vue d'ensemble de ce réseau.

Et, pour bien commencer l'aventure, la SMQ propose deux concours. À gagner: une nuit à bord du sous-marin Onondaga ou le choix de son expérience-musée: deux nuitées et deux laissez-passer pour le musée choisi.

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Collaboratrice du Devoir

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Information: www.maritime.musees.qc.ca