Bertrand Cantat sur la scène du TNM

Le chanteur Bertrand Cantat à l’époque de Noir Désir. <br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Bertrand Guay Le chanteur Bertrand Cantat à l’époque de Noir Désir.

On entendait déjà sa voix dans Ciels, une création de Wajdi Mouawad présentée au Festival TransAmériques, en juin dernier; voilà qu'il sera en chair et en os au Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal. Le Devoir a appris en primeur que Bertrand Cantat fera partie de la distribution du spectacle fleuve qui clôturera la saison des 60 ans du TNM, en mai 2012. L'ex-chanteur et guitariste du groupe Noir Désir sera sur scène, entre autres musiciens, afin d'insuffler un ton rock à une trilogie de Sophocle, mise en scène par Wajdi Mouawad. Ce dernier, un ami de Cantat, a choisi de monter trois pièces avec des personnages féminins hors du commun: Antigone, Électre et Les Trachiniennes.

Le metteur en scène et auteur d'Incendies est reconnu pour ses coups d'éclat. Il a sûrement ses raisons pour collaborer avec l'interprète de la chanson Le vent nous portera sur ce projet théâtral dans lequel des héroïnes contestent le pouvoir et la force destructrice des hommes. Rappelons qu'en 2003 Cantat a été mêlé à une sombre histoire de violence conjugale et condamné à une peine de prison pour «l'homicide involontaire» de sa compagne, l'actrice Marie Trintignant. La formation Noir Désir s'est officiellement dissoute en novembre 2010.

Avant Montréal, le spectacle de Mouawad sera présenté au Festival d'Avignon, en juillet prochain. Nous reviendrons dans l'édition de demain sur les autres productions de cette saison anniversaire du TNM, lancée cet après-midi par la directrice de la compagnie, Lorraine Pintal.

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Collaborateur du Devoir

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Précision du 5 avril 2011
Des lecteurs et lectrices du Devoir nous ont reproché certains termes employés dans le cadre de la nouvelle «Bernard Cantat sur la scène du TNM», y voyant une banalisation de la violence faite aux femmes. Il est vrai que d’évoquer les «démêlés avec la justice française» vécus par le chanteur manquait singulièrement de précision. Il aurait été plus juste de dire clairement que M. Cantat a, au cours d’une violente altercation, battu à mort sa compagne Marie Trintignant, geste pour lequel la justice lituanienne (et non pas française) l’a condamné à huit ans de prison. Transféré en France, il a été libéré sous surveillance après avoir purgé la moitié de sa peine.

39 commentaires
  • Janik Bastien Charlebois - Inscrite 4 avril 2011 08 h 08

    Vive les euphémismes

    «a été *mêlé* à une sombre histoire de violence conjugale»

    Formulation passive (a été), mêlé, sombre histoire...

    Dit de même, on pourrait se demander si c'est pas une tierce personne qui a tué Marie Trintignant, Bertrand n'en étant qu'un simple protagoniste, un pauvre bougre frappé par le malheur. À ce que je sache, l'histoire, c'est lui qui l'a faite, pas le sombre destin de la vie.

    La réalité non édulcorée: «Rappelons qu'en 2003, Cantat a tué sa femme, l'actrice Marie Trintignant, puis a été condamné pour ce geste à une peine de prison pour ''homicide involontaire''».

    Une question: pourquoi prendre tant de détours? Un peu plus, et l'auteur de ces lignes aurait écrit une «chicane de ménage qui tourne au vinaigre».

  • Manon Carrière - Inscrite 4 avril 2011 08 h 35

    Les limites du tragédien

    Monsieur Mouawad en remet de son sens du tragique. J'ai vu Incendies, indigeste salmigondis à prétention tragédienne revisité à la sauce kabab, machin rococo dégoulinant d'une invraisemblable saga familiale. Notre prétendant au tragique arrive tout au plus à nous tirer quelques rires sarcastiques devant ce mélo que le détour des dieux dans notre époque rend inconvenant. Il faudrait envoyer quelques psys à tout ce beau monde. C'est plus dans l'esprit de l'époque. Et le voilà reparti dans le sordide avec Cantat, macabre tueur...il nous faudra sans doute crier au génie alors que c'est encore n'importe quoi...Désolant! Il finira par nous faire apprécier Disney World comme un monument de culture...

    L'impertinent

  • François St-Pierre - Abonné 4 avril 2011 09 h 29

    Le TNM sombre bien bas

    Une pareille ordure sur la scène du TNM, c’est une honte. N’y a-t-il vraiment aucun autre chanteur, au Québec, en France ou ailleurs, capable d’« insuffler un ton rock » à une œuvre scénique? Pourquoi pas Mom Boucher? Valery Fabrikant? Paul Bernardo? Je ne peux voir là qu’un coup publicitaire indigne de cette institution.

    Je suis abonné du TNM depuis plusieurs années. Si on persiste à vouloir nous infliger une fripouille de ce genre, qu’on n’espère pas me retrouver parmi les fidèles l’an prochain.

  • boubou - Inscrit 4 avril 2011 09 h 31

    Passif...

    Cantat a tué sa blonde, fait de la prison et la mère de ses enfants s'est suicidé l'an dernier. Est-ce assez «actif» pour vous madame Bastien Charlebois ?
    Je n'endosse pas le choix du metteur en scène: je le rapporte.
    Je sais aussi qu'il existe une chose qu'on appelle « réinsertion sociale». Et elle s'applique autant aux plombiers qu'aux artistes...

    Luc Boulanger

  • B Landry - Inscrit 4 avril 2011 09 h 38

    Doit-on reprendre le procès ?

    Il me semble que ce gars a été condamné et qu'il a purgé sa peine non ?

    Pourrait-on croire que ce gars pourrait maintenant apporter quelque chose de positif et qu'il pourrait, par son expérience, démontrer que des comportements devraient être changer dans notre société ?

    Nous ne sommes plus à l'époque des lynchages publiques, notre système de justice reconnait que la réhabilitation est possible et des chiffres le démontrent. Il faudrait être cohérent avec ces principes si on veut que les gens avec des comportements violents aillent chercher de l'aide dès le début de la spirale de violence sans risquer de se étiqueter comme violeurs ou agresseurs impénitents.