Facebook à la rescousse des archives volées au Québec

L'initiative citoyenne a pris forme spontanément sur le Web, il y a deux jours, par des individus intéressés à l'histoire et au patrimoine québécois. Scandalisés par l'attitude de BAnQ, qui a clairement affiché son intention de ne pas verser un sou pour rapatrier ou obtenir copie des documents volés aux archives nationales, les collègues du Net ont commencé à faire monter les enchères en ligne sur le site Facebook intitulé Rapatriement des documents volés aux archives nationales du Québec.

«Certains d'entre nous ont reçu les textes du Devoir, et c'est comme ça qu'on a commencé à proposer de l'argent. Cela a fait boule de neige, à coup de 50 $, 100 $; on espère atteindre les 5882 $. Nous sommes des citoyens attachés à l'histoire et au patrimoine», a fait valoir hier Danièle Fortin, une des signataires de cette page Facebook.

Dans une série d'articles publiés les 23 et 24 novembre, Le Devoir révélait que des centaines de documents anciens volés aux archives nationales étaient aujourd'hui détenus dans des universités américaines, notamment à Harvard et dans une bibliothèque de Chicago. Un précieux journal de voyage, soutiré aux archives nationales, a aussi été revendu 276 000 $US en 2004 chez Christie's à New York, sans que BAnQ fasse quoi que ce soit.

En dépit d'une offre faite par Harvard, BAnQ a depuis fait savoir qu'elle n'avait pas les 5882 $ réclamés pour obtenir copie de ces documents historiques. Pour ce qui est du fameux journal de voyage volé, BAnQ clame qu'il ne présente aucun intérêt historique pour le Québec.

Interpellée en Chambre sur cette affaire, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a réclamé de BAnQ un «état de situation complet» sur ce dossier. «C'est quand même notre histoire qui est rendue dans les archives d'universités américaines. Et il nous semble inconcevable que BAnQ ne fasse rien pour remédier à cela», a ajouté hier Mme Fortin.

Les citoyens ont aussi créé le site retrouvonsnotrehistoire.org pour sensibiliser la population à l'importance de rapatrier ces documents.

«Ces documents [...] se doivent d'être rapatriés au Québec. Comme BAnQ n'a, semble-t-il, pas le "budget" pour cet investissement, il est de notre devoir, en tant que citoyens et citoyennes du Québec, de pallier à cette scandaleuse négligence [...]», peut-on lire sur le Web.

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