Une publicité de Pamela Anderson sème la controverse à Montréal

Une publicité audacieuse de Pamela Anderson n’a pas obtenu le permis municipal nécessaire afin de présenter un événement promotionnel prônant le végétarisme.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une publicité audacieuse de Pamela Anderson n’a pas obtenu le permis municipal nécessaire afin de présenter un événement promotionnel prônant le végétarisme.

La blonde s'en amuse, mais ne s'en offusque pas. L'actrice d'origine canadienne et fantasme vieillissant pour adolescents prépubères, Pamela Anderson, a qualifié hier de «débile» la décision de la Ville de Montréal qui a refusé cette semaine de délivrer un permis pour la tenue d'un événement dans la rue où sa dernière campagne pour le végétarisme devait être présentée. Sur une affiche, l'ancienne bimbo s'y dévoile en tenue légère, découpée en morceaux comme un animal de boucherie.

La composition graphique a été jugée sexiste par les autorités municipales. Elle a toutefois été exposée hier matin dans un restaurant branché de la rue Saint-Laurent où Mme Anderson, de passage à Montréal à l'invitation du volet anglo du festival Juste pour rire, a fait une brève apparition devant une meute de journalistes.

Celle qui pendant des années a campé le rôle de C. J. Parker dans Alerte à Malibu a dénoncé avec le sourire le puritanisme de la Ville. «Je croyais que Montréal était une ville progressiste, a-t-elle indiqué au cours d'une conférence de presse. Cela n'a pas de bon sens.» Elle voit toutefois un aspect positif dans la controverse, qui a fait qu'aujourd'hui «tout le monde parle [de cette campagne]. On ne pouvait pas espérer mieux». La direction de la culture et du patrimoine de la Ville, qui n'a pas voulu délivrer de permis pour l'événement, s'est refusée hier à tout commentaire sur le sujet.

L'actrice, qui depuis quelques années a mis son corps au service du groupe de végétariens radicaux People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), était hier à Montréal pour la présentation d'un spectacle intitulé The Pam's Variety Show. L'événement était tenu dans le cadre de Just for Laughs. Mme Anderson y a joué la reine de la soirée aux côtés d'humoristes de calibre dans la sphère anglophone de l'humour: Damian Whitewood, Beardyman, Michael Costa et Kristeen Von Hagen étaient du nombre.

Paradoxalement mal à l'aise face au mur de caméras et d'appareils photo qui l'attendaient hier matin, Pamela Anderson s'est réjouie à l'idée d'être à Montréal pour ce rassemblement de drôles, tout en rappelant avoir eu beaucoup de plaisir en 1997 lorsqu'elle a été l'invité d'honneur de la célèbre émission Saturday Night Live. L'ancienne playmate a d'ailleurs démontré ses talents d'humoriste en reconnaissant «être connue non pas pour [ses] performances debout [standup]», mais plutôt pour celles où elle est allongée (lie down). La blague faisait référence à la célèbre vidéo porno amateur dans laquelle Pamela et son ex-mari, Tommy Lee, ont joué à la fin du siècle dernier. Le document a fait — et fait toujours — le tour du globe, permettant ainsi à l'actrice de rester sous les feux de la rampe, et ce, malgré un vide qui s'est installé dans sa carrière artistique.
6 commentaires
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 16 juillet 2010 07 h 25

    Retour à l'ère Drapeau

    Vous vous souvenez des ballets africains que le maire Drapeau avait fait annuler? Pas de seins nus à Montréal en 1968.
    En 2010: pas de pitounes blondes en bikinis devant l'hotel-de-ville.
    Comme dans les pays islamistes, Montréal a un problème avec le corps de la femme.

  • Montrealistement - Abonné 16 juillet 2010 08 h 16

    il y a quelqu'un qui peut dire non?

    Surprenant tout de même de constater qu'il y a à la ville de Montréal un "censeur". Je dois admettre qu'il ne voit pas les mêmes choses que moi. La nudité, loin de me choquer, est parfois inutile, ou simplement présentée pour être aguichante. Calvin Klein et ses homme huilés, American apparel avec ses pré-adolescentes, et autres marques qui s'en donne à coeur-joie. Ici la blonde au gros lolos est loin d'être sensuelle, elle a un message à faire passer. Sans plus. Alors, c'est le lobby du boeuf de l'ouest ou bien un maire d'arrondissement en mal de reconnaissance qui nous vaut cette montée de lait qui aura forcément l'effet contraire à celui escompté.

  • Duchêne Denys Mehdi - Inscrit 16 juillet 2010 08 h 43

    Les comparaisons insignifiantes de R. Tremblay

    Comparer les politiques de Montréal concernant une affiche «provocante» pour plusieurs et l'Arabie Saoudite, le Koweit ou l,Iran démontre rien de moins qu'une certaine forme de délire.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 16 juillet 2010 10 h 49

    @mon ami Denys

    Dans les pays et communautés islamistes, on cache le corps de la femme parce que ça existe le mâle, le mâle qui ne se peut plus à la seule vue d'un mollet de femelle.

    C'est sur cette mentalité préhistorique que surfent nos ultra-féministes qui réussissent à imposer leur code à tout le Québec

    PS: Avez-vous vu la dernière explosion en Iran? 60 morts je crois. Personne pour s'en scandaliser. Mais lorsqu'Israel tue dix fois moins de personnes, on monte dans les rideaux.

  • michel lebel - Inscrit 16 juillet 2010 11 h 07

    Une décision historique!

    J'imagine que c'est le fort discret maire de Montréal qui a pris cette décision historique de censurer Pam. Elle a dû être diffficie à prendre celle-là! A-t-il procédé au préalable à une large consultation? Que pense la chef de l'opposition de cette censure? Charte de droits obilige, elle doit bien être contre, notre mère Teresa national! Mais féminisme de bon aloi aussi oblige! Bon voyage de retour, Pamela!