Présidence - Place à l'innovation, à la relève et à la diversité

Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal

Le Conseil des arts de Montréal estime que les questions d'innovation, de relève et de diversité culturelle ainsi que les liens arts-affaires constituent des défis d'avenir, comme l'indique sa présidente, Louise Roy, qui ajoute que l'organisme prend et entend prendre des mesures dans chacun de ces domaines.

«L'innovation, elle est là. Le défi, c'est de la soutenir», affirme Louise Roy, présidente du Conseil des arts de Montréal (CAM). «On a des organismes qui sont déjà très innovants», souligne-t-elle ainsi, ajoutant que les finalistes du 25e Grand Prix du CAM en témoignent.

Mme Roy rappelle que le Conseil des arts de Montréal soutient des pratiques émergentes et a mis sur pied des programmes de résidence dans des écoles et des bibliothèques ainsi qu'un centre d'arts visuels, avec la collaboration de divers partenaires.

Dans le cadre du programme Libres comme l'art, 25 écoles primaires et 11 écoles secondaires accueillent 10 projets artistiques en 2009-2010. Il s'agit d'une initiative du Conseil des arts de Montréal, de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ) et du Programme de soutien à l'école montréalaise du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec (MELS).

Et, l'automne prochain, la Ville de Pointe-Claire et l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce recevront des écrivains en résidence dans leurs bibliothèques, grâce à un programme créé par le CAM, en collaboration avec l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). Des auteurs ont par le passé effectué des résidences dans des bibliothèques publiques des arrondissements de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, du Plateau-Mont-Royal et d'Ahuntsic-Cartierville.

La Fonderie Darling, Centre d'arts visuels, accueille quant à elle des artistes ainsi que des commissaires indépendants ou des critiques d'art, dans le cadre de la Résidence des Amériques du CAM.

Relève

Le Conseil des arts de Montréal veut aussi aider les artistes de la relève. «Notre rôle à nous, c'est surtout d'essayer de leur ouvrir des portes, de les mettre en réseau, de favoriser les liens entre les générations», affirme Mme Roy.

Le CAM a lancé le Prix de la relève - Caisse de la culture, décerné pour la première fois mardi. Ce prix vise à reconnaître le travail de jeunes artistes ou d'organismes qui aident la relève. La Caisse de la culture verse une bourse de 5000 $ au lauréat de ce prix.

Le Conseil a aussi créé le programme Premières Expériences de travail dans des fonctions liées au domaine artistique, en collaboration avec Service Canada, le Fonds de solidarité FTQ et le Forum jeunesse de l'île de Montréal. Douze jeunes diplômés effectuent ainsi actuellement un stage rémunéré au sein de différents organismes artistiques montréalais.

Le CAM et le Forum jeunesse de l'île de Montréal organisent par ailleurs des journées interdisciplinaires de la relève artistique montréalaise, qui comprennent des ateliers-conférences et des rencontres de réseautage. La plus récente a eu lieu en février dernier et quelque 230 jeunes artistes et travailleurs culturels y ont pris part.

Diversité

Mme Roy évoque aussi le défi de la diversité. Le Conseil des arts de Montréal appuie ainsi les artistes issus de l'immigration ou membres d'une communauté ethnoculturelle, d'une minorité visible ou d'une Première Nation. «Notre rôle, c'est d'abord de les connaître, parce que ce n'est pas toujours évident de connaître les artistes qui sont issus de la diversité, de les faire connaître, d'en favoriser la diffusion; c'est pour ça qu'on les intègre dans nos programmes de tournées de plus en plus», dit Mme Roy. Depuis 2006, le CAM a sa Politique de promotion et de développement de la diversité culturelle dans les arts.

Le Conseil des arts de Montréal a créé le Prix de la diversité, de concert avec CBC Radio 2, MAI (Montréal, arts interculturels), la Place des Arts et Vision Diversité. Ces partenaires offrent au lauréat un soutien et «un accompagnement à la création, à la production, à la diffusion et à la circulation». Ce nouveau prix a été décerné mardi.

La présidente du CAM mentionne par ailleurs que rejoindre des publics de gens issus de la diversité ethnoculturelle constitue aussi un défi. «Je pense qu'il faut qu'on travaille beaucoup avec le milieu, dit-elle. Le programme de tournées nous aide, parce qu'on va dans toutes les municipalités, les arrondissements, pour essayer d'attirer les publics qui sont un peu plus diversifiés. Mais je pense que ça reste un défi, ça, pour tout le monde.»

Liens arts-affaires

Les liens arts-affaires font aussi partie des priorités du Conseil des arts de Montréal. Ce dernier a mis sur pied une table d'action arts-affaires qui rassemble les groupes qui s'intéressent à cette question. Le CAM et la Jeune Chambre de commerce de Montréal ont aussi créé le programme Arrimages. Dans le cadre de ce programme, de jeunes professionnels et entrepreneurs assistent à des spectacles ou visitent des expositions et rencontrent les créateurs ainsi que des philanthropes. «On voudrait essayer de stimuler aussi le mécénat et la philanthropie à travers ça», explique Mme Roy.

Une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain rendue publique l'an dernier a révélé que les petits ou moyens organismes culturels recevaient un moins grand pourcentage de fonds privés que les plus grands, c'est-à-dire ceux ayant un budget plus élevé. Mme Roy mentionne que certains organismes artistiques innovants, de taille moyenne, sont ainsi peu soutenus par le secteur privé. «Il va falloir qu'on trouve des moyens de mettre en relation le milieu des affaires avec ces organismes-là», dit la présidente du CAM.

Gouvernance

«On a fait des changements majeurs en ce qui concerne la gouvernance du Conseil», indique par ailleurs Mme Roy. Auparavant, la fonction d'évaluation relevait uniquement des membres du CAM, au nombre de 25. Mis sur pied l'an dernier, des comités de pairs, présidés par un membre du Conseil, évaluent maintenant les demandes de subvention et celles liées au programme de tournées et ils formulent des recommandations. «Ç'a permis d'ouvrir, je dirais, le Conseil à beaucoup d'autres idées, influences, compétences», affirme Mme Roy, qui précise qu'une quarantaine de personnes de plus travaillent maintenant, bénévolement, avec l'organisme. Le CAM entend consolider son nouveau mode de fonctionnement cette année.

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Collaboratrice du Devoir