Un Carnaval de Québec gonflé à l'hélium

Pendant sa première fin de semaine d’activités, le Carnaval organisera notamment pour la première fois un défilé de jour dans les rues de Québec.
Photo: Carnaval de Québec Pendant sa première fin de semaine d’activités, le Carnaval organisera notamment pour la première fois un défilé de jour dans les rues de Québec.

Québec — En 56 ans, le Carnaval de Québec n'a jamais eu autant d'argent que cette année. Grâce à l'aide financière d'un programme controversé d'Industrie Canada, son budget dépasse les 10 millions de dollars en 2010.

«Ça nous permet d'offrir aux gens de Québec une édition extraordinaire», a expliqué le président de l'événement, André Roy. «On a le plus gros budget de l'histoire du Carnaval», s'est-il enorgueilli hier à l'occasion du dévoilement d'une programmation regorgeant de nouveautés.

Le Carnaval a eu plus de chance que des événements comme Divers/Cité, Nuits d'Afrique ou encore le Mondial des cultures de Drummondville, auxquels Industrie Canada a refusé de l'aide financière dans le cadre du nouveau Programme des manifestations touristiques de renom.

Ce programme, assorti d'une enveloppe de 100 millions de dollars sur deux ans, a fait l'objet de critiques répétées de l'opposition et de certains festivals, qui soupçonnent le gouvernement Harper d'en user à des fins partisanes et idéologiques. Rappelons que la ministre du Tourisme, Diane Ablonczy, s'est fait retirer ce dossier, il y a quelques mois, après que des voix au sein du Parti conservateur lui eurent reproché l'octroi d'une subvention de 400 000 $ au festival de la fierté gaie de Toronto.

Prié d'expliquer pourquoi il avait été plus chanceux que d'autres, le président du Carnaval de Québec a voulu évacuer hier toute explication partisane. «Je pense que ça n'a rien à voir avec la politique», a-t-il commenté. Le Carnaval, selon lui, a obtenu du financement parce qu'il correspondait aux critères, que c'est un événement «majeur» et que ses retombées économiques sont très importantes.

Défilé et danse

Grâce aux 1,4 million de dollars supplémentaires octroyés par le fédéral, l'organisation multiplie les attractions cette année. Ainsi, aux traditionnels défilés de nuit s'ajoute un défilé de jour mettant en vedette les versions géantes et gonflables de personnages de dessins animés connus. Des chars allégoriques des autres défilés ont aussi été revampés, une immense glissade vient s'ajouter aux attractions installées sur les Plaines et on a bonifié le volet «nightlife» de l'ensemble.

L'argent du fédéral a en outre permis à l'organisation d'investir dans une nouvelle application pour l'iPhone, par laquelle on peut faire retentir la trompette des Carnavaleux. «Depuis le lancement de la trompette, il y a quelques semaines, on a été vus dans 57 pays. C'est extraordinaire! Il y a eu 16 000 téléchargements à ce jour», a fait valoir hier le directeur général, Jean Pelletier.

L'événement, qui aura lieu du 29 janvier au 14 février, a cette année pour thème la danse. Les journalistes ont d'ailleurs eu droit, lors de la conférence de presse d'hier, à la présentation d'une longue enfilade de chorégraphies sur fond de musiques latines et américaines avec des costumes et perruques fluorescentes, des danseuses déguisées en boules disco et même un film montrant Bonhomme Carnaval en pleine séance de stretching dans un studio de ballet.

Incertitude concernant les courses de canots

Les dirigeants du Carnaval ont par ailleurs refusé hier de s'immiscer dans le différend opposant l'Association des coureurs en canot de glace du Québec et le Port de Québec depuis la mi-décembre. «La course de canots fait partie des traditions du Carnaval, donc évidemment, on suit le dossier de près, mais on est convaincus que les gens vont réussir à s'entendre», a soutenu M. Roy.

Le Port a décidé d'interdire aux coureurs de pratiquer sur le fleuve la nuit parce que cela pose, selon lui, des problèmes de sécurité. Les canotiers, qui s'insurgent contre cette nouvelle règle, menacent, dans certains cas, d'abandonner la course voire le sport, tandis que le Port les menace de les bannir du fleuve en tout temps à moins d'un accord d'ici mardi prochain.

Jusqu'à présent, le Carnaval a refusé de s'en mêler. La course de canots doit avoir lieu le 7 février prochain à la hauteur du bassin Louise, alors que les qualifications sont prévues le 5 février, dans la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch.