La vie du rose au gris

Dans Rose amer, publié aux Éditions Héliotrope, Martine Delvaux présente un univers enfantin graduellement voilé par des préoccupations d'adultes. Une éclosion de jeune fille sur le monde. Un rose qui tourne doucement au gris.

Professeure d'université, Martine Delvaux s'intéresse depuis longtemps aux perceptions féminines des choses. Elle a publié notamment Échographies, aux Éditions du Vent d'ouest, puis, plus récemment, le roman C'est quand le bonheur?, chez Héliotrope.

«Je suis arrivée dans un monde où on ne parlait plus des hommes. Ce n'était pas un sujet de conversation parce qu'ils n'existaient pas vraiment, seulement les grands-pères, les patrons, les voisins, les médecins», écrit-elle d'entrée de jeu dans Rose amer.

Histoires de filles

Des histoires de filles, de femmes, donc. Car la femme en devenir que Martine Delvaux prend par la main, dans ce roman de la vie quotidienne, porte à l'intérieur d'elle d'autres filles, d'autres femmes.

«En Russie, on dit que cha-que petite fille habite une femme, comme des poupées qui auraient été emboîtées à l'envers, c'est la plus grande qui est au centre. Toutes ces filles débusquées, elles étaient à l'intérieur de moi et je les avais sorties au grand jour, comme des lapins qui sortent des chapeaux de magicien», écrit Martine Delvaux. La réalité triviale et fabuleuse de la féminité, de la vie.

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Rose amer

Martine Delvaux

Héliotrope

Montréal, 2009, 148 pages